De l'eau en abondance. A la rencontre de la Garonne et de la Dordogne, là où se forme le plus grand estuaire d'Europe, l'or bleu est partout et offre une voie navigable de choix pour le commerce. La présence des fleuves a été l'argument décisif pour les industriels qui ont choisi de s'implanter à partir des années 1970 sur cette presqu'île au nord de Bordeaux. Des usines très gourmandes en eau claire qui, pendant des dizaines d'années, ont massivement pompé les ressources potables des nappes phréatiques profondes pour nourrir leurs différents procédés de fabrication.
Depuis 2003, une vingtaine d'industriels, parmi lesquels Michelin, Yara ou les groupes agro-alimentaires Avril et Invivo, se sont partiellement sevré de l'eau potable grâce à la mise en service d'une unité commune de production d'eau industrielle. Désormais propriété de la Régie publique de l'eau Bordeaux Métropole, la station pompe l'eau brune de la Garonne pour l'éclaircir. A mi-chemin entre les zones industrielles d'Ambès et de Bassens, le processus combine floculation et décantation afin d'obtenir une matière non potable mais suffisamment limpide pour être utilisée dans les circuits industriels. L'eau est ensuite acheminée vers deux étangs de stockage pour une production d'environ 1,5 million de m3 par an.