Le champion français de la santé animale Ceva se rêve en leader mondial

Maxime Giraudeau

L'entreprise Ceva Santé animale a choisit de maintenir son siège social à Libourne en Gironde.
Ceva Santé animale

Maxime Giraudeau

L'entreprise Ceva Santé animale a choisit de maintenir son siège social à Libourne en Gironde.
Ceva Santé animale
L'annulation de la venue du Premier ministre et de la ministre de l'Agriculture n'aura pas troublé la fête de Ceva. Avec 11 000 m² de nouveaux espaces, l'entreprise française a officiellement inauguré, le 4 juillet, son nouveau siège social à Libourne. Déjà installée dans la sous-préfecture girondine, elle continuera à y accueillir 450 collaborateurs et à en employer près de 7 000 autres dans le monde.
Le bâtiment flambant neuf, circulaire et doté de showrooms présentant les produits de Ceva, montre bien les grandes ambitions du groupe. « Nous voulons faire de Ceva un leader mondial », vise Marc Prikazsky, PDG depuis 2007. Il ajoute, et c'est loin d'être anecdotique à l'ère du télétravail, que « nous devons faire en sorte que les équipes se sentent bien au travail. [...] Le télétravail a tué cette communauté qui est le cœur de notre créativité. »
Ce nouveau centre de décision a par ailleurs l'originalité de s'enraciner dans une ville moyenne plutôt que dans une place économique forte. « C'est dans les villes moyennes qu'on pourra installer des usines et pas dans les grandes villes ni dans les métropoles. Je trouve que c'est un travail d'aménagement du territoire fabuleux », clame Alain Rousset, président (PS) de la Région Nouvelle-Aquitaine, qui lui-même cherche, non sans mal, à lancer une école vétérinaire publique à Limoges.
Rien ne semble entraver la marche en avant du laboratoire pionnier sur la santé environnementale et animale, désormais installé à la cinquième place mondiale derrière Zoetis, Boehringer Ingelheim, Merck Animal Health et Elanco. Ceva a ainsi enregistré un record d'activité en 2024 avec un chiffre d'affaires porté à 1,7 milliard d'euros. 90 % est réalisé à l'international avec une présence dans 47 pays. L'entreprise développe en particulier des gammes de produits pour le bien-être des animaux domestiques, conçoit des vaccins face aux épizooties dans l'élevage (comme pour la maladie hémorragique qui touche les bovins en France et en Espagne) et des produits pharmaceutiques.
Plusieurs grands noms présents au capital assoient la croissance de Ceva : bioMérieux (spécialiste des diagnostics in vitro), la holding Bettencourt-Meyers, le géant agrolimentaire Avril ou encore l'État canadien via des fonds de pension. Mais, comme le rappelle le PDG, ce sont bien la direction et les salariés qui en sont aujourd'hui les principaux actionnaires. Une composition originale, due à l'histoire de la société, ex-filiale de Sanofi repris par quelques cadres en 1999.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

À lire également
La pression du changement climatique accroît les risques de propagation des maladies, ce qui va conférer à l'entreprise un rôle d'autant plus important dans la lutte sanitaire. « Il ne faut pas avoir peur de l'innovation, il faut se préparer à affronter des crises successives », juge Marc Prikazsky. En oubliant peut-être que les solutions fondées sur la nature pourront aussi faire une grande part du travail.
Maxime Giraudeau