LA TRIBUNE - Pourquoi créer Great alors qu'il existe déjà plusieurs associations et organisations professionnelles dans le secteur du tourisme ?
PIERRE-JEAN ROMATET, président de Great et d'A La Française - Il existe déjà beaucoup de choses c'est vrai mais le constat qu'on a fait après le premier confinement, qui a énormément impacté les acteurs du tourisme, c'est que toutes les entreprises du secteur n'ont pas été entendues de la même manière. En réalité, il y a le transport, notamment aérien, et les hôteliers, via l'Umih (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie), qui sont très organisés et très efficaces. Mais le maillon qui intervient après le transport et l'hébergement, celui des multiples activités touristiques n'est pas du tout représenté ni entendu alors même qu'il constitue la meilleure partie du voyage ! Les structures existantes sont soit des coquilles vides, soit des organisations trop spécialisées sur une activité spécifique pour peser dans les discussions avec les pouvoirs publics.
Quels sont les objectifs quantitatifs et qualitatifs de Great ?
L'ambition de Great est de représenter l'ensemble des activités du tourisme pour répondre à un besoin réel de ce secteur économique qui réunit 25.000 entreprises et 70.000 emplois en France. Ce sont très majoritairement des très petites entreprises de moins de dix salariés sur un marché atomisé tant sur le plan économique que géographique. Ces entreprises ont donc besoin d'être représentées et depuis six mois on reçoit d'ailleurs un très bon accueil des pouvoirs publics au Parlement comme au gouvernement. Nous avons déjà réuni plus de 100 entreprises adhérentes dans toute la France et représentant quelques centaines d'emplois, mais nous souhaitons évidemment grandir autant que possible y compris avec l'adhésion de gros acteurs touristiques.
Nous voulons mener des groupes de travail sur l'avenir du tourisme et accompagner nos membres sur les enjeux de formation professionnelle, d'évolution de la règlementation, de droit du travail et de statut des saisonniers, etc. Nous sommes une activité avec une forte saisonnalité, une importante clientèle internationale et une fragmentation et une intermédiation très forte dans nos canaux de distribution. Il y a donc beaucoup d'enjeux liés au numérique à aborder.