INTERVIEW. A la tête de JMD Production (JMD Prod), Jean-Marc Dumontet s'est imposé comme l'un des acteurs clés de la production de spectacles et du théâtre à Paris, où il possède six salles, dont l'emblématique Bobino et le Théâtre Antoine. Le producteur bordelais éclaire pour "La Tribune" l'impact du Covid-19 sur son activité, ses spectacles en préparation. Il explique aussi pourquoi il n'a pas voulu être candidat à la mairie de Bordeaux en 2020 comme Emmanuel Macron, dont il est très proche, le lui avait suggéré.LA TRIBUNE - Une nouvelle phase de déconfinement démarre ce mercredi 19 mai, avec couvre-feu à 21 heures et réouverture partielle des salles de théâtre, ce qui est loin d'être idéal : qu'allez-vous faire ?
JEAN-MARC DUMONTET - Depuis 14 mois nous connaissons un arrêt quasi-total de nos activités. C'était triste de voir tous nos lieux à l'arrêt. L'ouverture du 19 mai nous réjouit même si dans notre métier nous avons de très longs délais de commercialisation, qui se comptent en semaines, pour lancer la promotion et la communication. Le 19 mai je ne vais rien gagner mais j'ai décidé d'ouvrir mes six théâtres parisiens. Ce sera un acte symbolique. Même si je perds de l'argent tant pis, ce n'est pas grave. J'ouvre. Il n'y aura pas de véritable rentrée théâtrale avant septembre et d'ici là il faut faire de la publicité, communiquer... réamorcer.
Quel a été l'impact du Covid-19 sur votre activité en 2020 ?
Je possède aujourd'hui six théâtres, avec Bobino, le Théâtre Antoine, le Point Virgule, le Grand Point Virgule, le Théâtre Libre, le Sentier des Halles, ces théâtres développent un total de 3 660 places . Hors Covid, je vends chaque année 750.000 billets. Les activités de JMD Production génèrent entre 40 et 50 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel. Avec la pandémie de Covid-19 mes activités ont chuté de près de 95 %. Mais j'ai de la chance quelque chose m'a beaucoup aidé, comme beaucoup d'entreprises, le chômage partiel. Mais dès le début je n'y ai pas recouru massivement.
Mon obsession c'était de préparer le rebond, c'est pourquoi j'ai maintenu une partie de mes équipes. Nous nous sommes mobilisés, personne n'a été mis au chômage partiel au cours du premier confinement au sein de ma boite de production. Malheureusement la rentrée de septembre 2020 a avorté et nous avons dû passer par le chômage partiel. Comme je vous l'ai dit, je suis obsédé par le rebond. C'est pourquoi les 19 et 20 mai nous allons réenclencher l'activité pour envoyer des signaux. Parce que pendant le confinement nous avons créé des spectacles, nous avons répété, nous avons travaillé.
Propos recueillis par Jean-Philippe Déjean