Aborder l'entretien d'embauche comme une réunion de travail ?

Sophie Girardeau - Monster pour La Tribune

Sophie Girardeau - Monster pour La Tribune
On est aujourd'hui dans une relation candidat/recruteur un peu différente d'il y a quelques années. Internet en mode partage/collaboratif (le fameux 2.0) y est pour quelque chose, qui a favorisé l'apparition d'échanges moins formels et facilité l'accès à l'information. Doit-on pour autant appréhender l'entretien d'embauche comme une réunion de travail ? Commençons par envisager plusieurs cas de figure. Et nuançons.
Vous débutez dans la vie active : le cabinet n'est pas le décisionnaire final, ce n'est donc pas avec lui que vous travaillerez si vous êtes embauché. On est donc loin de la réunion de travail et c'est le recruteur qui mène l'entretien, pour vous évaluer mais aussi vous conseiller car, en tant que novice, si vous êtes dans la short list que le cabinet présentera à son client, vous ne savez pas encore ce que vous réserve la suite d'un processus de recrutement.
Vous êtes expérimenté : « L'échange est plus équilibré, particulièrement pour les postes cadres ; le candidat pose plus de questions qu'un débutant, c'est une relation différente », explique Béatrice Garrigue, directrice régionale Grand Ouest au sein du Groupe Fed. Toutefois, le cabinet ne se substitue pas à votre éventuel futur N+1, il ne saurait là encore être question de réunion de travail.
Vous ne répondez pas à une annonce, c'est le cabinet qui vient vous chercher : dans ce cas le cabinet vend le poste ; bien que l'on ne puisse toujours pas parler de réunion de travail, « cela équilibre pas mal la relation », observe-t-elle.
Si vous êtes débutant, à moins de vouloir aller plus vite que la musique, nous vous conseillons de ne pas confondre entretien d'embauche et réunion de travail. En revanche, en tant que candidat « plus dimensionné » comme on dit dans la langue des recruteurs, vous pouvez envisager ce moment comme une réunion de travail, « notamment lorsqu'il s'agit d'une création de poste », poursuit Mme Garrigue. Mais procédez par étape : le premier entretien sera plutôt un échange en mode questions/réponses, celles du recruteur et les vôtres. « C'est à partir du deuxième entretien que l'on peut penser à un entretien/réunion de travail. Par exemple, si je recrute moi-même pour le cabinet, c'est l'occasion d'échanger sur le marché, ses spécificités, de réfléchir à une organisation géographique avec le candidat », complète-t-elle.
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À nuancer selon les postes : « On conseille au candidat de prendre des initiatives de l'ordre des questions, signes de sa curiosité par rapport au poste et à l'entreprise. Mais que l'entretien se transforme en réunion de travail dépendra beaucoup du poste à pourvoir et cela concerne plutôt les profils cadres », pondère notre interlocutrice. Sur des profils expérimentés, l'employeur attend des initiatives et des questions qui montrent que le candidat se projette dans le poste - par exemple, imaginer comment il s'organiserait pour atteindre ses objectifs, donner sa vision du poste... -, il espère que le candidat aille au-delà de l'acte de vente de ses compétences pour se mettre au même niveau que lui, dans le sens établir une relation équilibrée au lieu d'être dans une attitude d'élève discipliné.
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Un exercice d'écoute : « Parler de réunion de travail peut laisser supposer que l'embauche est déjà acquise, or on est encore dans un entretien de recrutement, l'idée est donc à manier avec précaution », souligne Béatrice Garrigue. La situation n'étant pas gagnée d'avance, elle demande au candidat de grandes capacités d'analyse et d'écoute.
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