Les embauches des cadres au plus haut. Oui, mais...

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(Crédits : Gonzalo Fuentes)
Selon la note trimestrielle de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), le marché de l'emploi pour les cadres reste dynamique, mais les chefs d'entreprise commencent à montrer des signes de prudence.

Le marché de l'emploi pour les cadres reste florissant. Selon le dernier baromètre de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), 62% des entreprises interrogées déclarent avoir embauché un cadre au cours du second trimestre. Ce serait le plus haut niveau jamais atteint par cet indicateur. La confiance des chefs d'entreprise reste élevée puisque parmi celles qui ont l'intention de recruter au moins un cadre au troisième trimestre, "73 % sont certaines de transformer ces intentions en recrutements" selon Jean-Marie Marx directeur général de l'Apec. En dépit de ces bonnes perspectives, de plus en plus de dirigeants font preuve de prudence dans leurs projets d'embauches.

Des embauches au sommet

Les entreprises sont bien plus nombreuses qu'il y a un an à déclarer que leur volume de recrutement est en hausse (46% contre 40%). En parallèle, la part des entreprises qui déclarent que leurs embauches sont moins nombreuses est en baisse (-6 points à 17%). Enfin, un tiers des entreprises interrogées estiment que leur volume de recrutement est stable.

Par secteur, celui de l'informatique reste le mieux orienté. Ainsi, plus de 6 entreprises sur 10 qui ont recruté au second trimestre, indiquent que leur volume de recrutement de cadres est plus important que l'an passé au même moment. "De plus, cette part est en hausse de 8 points par rapport au deuxième trimestre 2017." La conjoncture est également favorable dans les secteurs de l'industrie, la construction, le conseil et services aux entreprises et l'ingénierie en recherche et développement.

Dans quelques secteurs, les projections sont un peu moins favorables à l'image de la banque et l'assurance (67% d'entre elles prévoient de recruter au troisième trimestre contre 75% au second trimestre) ou le médico-social (45% contre 58%).

Prudence des chefs d'entreprise

Les dirigeants interrogés en juin dernier sur leurs projections de recrutement apparaissent bien plus prudents que lors des trimestres précédents. La proportion d'entreprises à prévoir de recruter est en effet plus faible (56%, -3 points) que lors des enquêtes précédentes (59% pour les deux premiers trimestres). "Elles restent tout de même largement majoritaires à être certaines de le faire, à hauteur de 73 % de celles prévoyant de recruter." Le ralentissement de la croissance économique au premier trimestre et la baisse des prévisions annoncées par l'Insee, la Banque de France et la Commission européenne, pourrait susciter quelques craintes chez recruteurs.

> Lire aussi : Croissance : le coup de frein se confirme pour la France

Des départs à la retraite

Parmi les explications avancées par les interrogés, le remplacement des départs (départs à la retraite et turn-over) constitue le premier motif des recrutements de cadres envisagés pour les trois prochains mois. 46% des entreprises évoquent cette raison pour le troisième trimestre 2018 contre 55% un an plus tôt. La part des motifs liés au développement de l'activité est stable (24%) entre les deux questionnaires réalisés au même moment à un an d'intervalle. Les services de l'Apec expliquent que le médico-social est "le secteur dont les recrutements sont très majoritairement motivés par des remplacements (78 %), suivi par les entreprises de la banque-assurance, pour plus de la moitié d'entre elles. Dans les secteurs de l'industrie, du commerce-transport et de la construction."

Des tensions dans les recrutements

Avec la multiplication des embauches ces derniers mois, les difficultés de recrutement peuvent parfois s'amplifier. Au dernier trimestre 2017, 33 candidatures étaient envoyées en moyenne pour une offre confiée à l'Apec contre 36 auparavant et la tendance de cette moyenne est à la baisse.  "Les fonctions santé-social-culture et gestion-finance-administration sont les seules à connaître une très légère hausse de leurs candidatures, de 26 à 28 pour la première et de 41 à 42 pour la seconde."

A l'opposé, la fonction de production industrielle-travaux et chantier est celle qui enregistre la baisse la plus marquée avec 25 candidatures par offre en moyenne sur le dernier trimestre 2017 contre 37 un an auparavant. "Les secteurs de l'industrie et de la construction ont en effet renoué avec la création d'emplois en 2017, permettant la reprise des recrutements, et devraient continuer sur cette lancée en 2018.

(*) Méthode : le baromètre trimestriel de recrutement cadre permet de connaître l'évolution du climat chez les recruteurs à partir de l'interrogation d'un panel de 750 entreprises de plus de 100 salariés représentatives du secteur privé. L'interrogation téléphonique a été confiée en juin 2018 à la société GN Research.

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a écrit le 06/08/2018 à 23:41 :
Les offres d'emplois augmentent mais les salaires eux, ne font que baisser en considérant l'inflation ... J'attends un article sur les salaires des cadres corrigés de l'inflation à moins que notre dictature néo-libérale ne l'interdise ... On rigolerait bien sur les emplois "soit disant" en situation de pénurie qui en fait baisse en terme de salaires depuis 20 ans.
a écrit le 20/07/2018 à 14:53 :
articles sur une entreprise néo-zélandaise ayant expérimenté la semaine de 4 jours payés 5 et qui veut rendre ça permanent car hausse de la productivité :
https://www.nytimes.com/2018/07/19/world/asia/four-day-workweek-new-zealand.html?action=click&pgtype=Homepage&region=CColumn&module=MostEmailed&version=Full&src=me&WT.nav=MostEmailed
https://www.cbsnews.com/news/one-business-says-a-4-day-week-with-pay-for-5-works/
a écrit le 19/07/2018 à 8:57 :
"Le ralentissement de la croissance économique au premier trimestre et la baisse des prévisions annoncées par l'Insee, la Banque de France et la Commission européenne, pourrait susciter quelques craintes chez recruteurs"

IL est étrange comme la moindre hausse positive économique, trois fois rien même, est amplifié à l'infini dans les médias de masse et comme les mauvaises nouvelles sont mises de côté.

La dictature néolibérale médiatique, comment voulez vous que le citoyen s'y retrouve au milieu de toutes ces énormités prodiguées ?
Réponse de le 19/07/2018 à 18:57 :
Cela fait des années que vous nous promettez le déluge, la fin du monde, l'hécatombe, la décadence, etc..
Changez de lunettes, vous verrez, cela vous fera le plus grand bien.
Réponse de le 20/07/2018 à 9:02 :
@ multipseudos

"Cela fait des années que vous nous promettez le déluge, la fin du monde, l'hécatombe, la décadence, etc."

Mais de qui parlez vous ?

Votre trollage est signalé.

"sont de simples anti-libéraux de salon pour le moins binaires.."

C'est exactement l'inverse, vous ne savez donc que diffamer mon pauvre vieux.

Oubliez moi le curé svp, je ne viens pas vous embêter bon d'un côté vos grandes tirades néolibérales sont tellement ennuyantes... merci.
Réponse de le 20/07/2018 à 17:44 :
Tout le monde l’a remarqué, cher citoyen blasé. Cela fait un moment que les médias sont perçus pour ce qu’ils sont: non plus des objets ***informatifs*** pour le lecteur mais des tentatives (aussi minables soient elles) de propheties auto-réalisatrices servant les intérêts de ceux qui détiennent ces médias.
Réponse de le 20/07/2018 à 17:48 :
****Mais si vous percevez ces médias pour ce qu’ils sont, vous y lirez par transparences les plus grandes craintes de l’oligarchie. Ils tentent toujours de faire passer leurs faiblesses pour des forces.
Réponse de le 24/07/2018 à 11:14 :
"Tout le monde l’a remarqué, cher citoyen blasé"

Oui je pense qu'en effet dorénavant une majorité de gens s'en aperçoivent maintenant il est évident que cette télévision continue d'avoir un effet soporifique sur les esprits permettant de continuer d'y déverser sa propagande. La preuve avec fillon sûr d'être président alors que finalement dégagé par les médias. Ceux qui regardent la télé vont aller voter, c'est bien fait.

Je perçois ce phénomène télévisuel un peu comme une apocalypse nucléaire après que toutes les bombes aient été larguées il faut maintenant beaucoup de temps pour panser les plaies sans parler de ceux que l'on ne pourra jamais sauver.

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