Climat : pourquoi les canicules, les inondations et les sécheresses menacent durablement la croissance européenne
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L'été 2025 restera comme un moment de bascule, illustrant la nouvelle réalité économique face au dérèglement climatique. Si une première estimation a chiffré les pertes à 43 milliards d'euros pour l'économie européenne, une étude approfondie de la Banque centrale européenne (BCE) révèle des coûts bien plus profonds et durables. Au-delà des dégâts matériels, les vagues de chaleur, les sécheresses et les inondations sapent les fondations mêmes de la croissance à moyen terme : la productivité et la démographie.
L'étude, menée par Sehrish Usman, Miles Parker et Guzmán González-Torres Fernández, s'appuie sur une analyse des effets macroéconomiques sur 1 160 régions européennes. Elle montre que, contrairement à une idée reçue, l'impact de ces événements extrêmes ne se limite pas à un choc initial suivi d'une reconstruction rapide. Au contraire, les effets négatifs peuvent s'intensifier sur plusieurs années.
Les auteurs soulignent que les vagues de chaleur estivales et les sécheresses réduisent la production à moyen terme. Quatre ans après une canicule, la production régionale est ainsi inférieure de 1,4 %. Après une sécheresse, ce chiffre atteint 2,4 %. Cette baisse s'explique par plusieurs facteurs, dont une diminution de l'emploi et du nombre d'heures travaillées.
Les vagues de chaleur, par exemple, conduisent à une chute initiale de la production en raison d'une baisse de la productivité et de la main-d'œuvre. Par la suite, on observe une hausse des investissements, mais qui ne se traduit pas par une augmentation de la production. Ce phénomène suggère que les entreprises et les particuliers investissent principalement dans des équipements d'adaptation (comme la climatisation ou l'isolation) plutôt que dans du capital productif, ce qui fait chuter la productivité globale.
En parallèle, l'étude met en évidence un autre coût majeur : le déclin démographique. Les résidents des régions affectées par des vagues de chaleur ou des sécheresses peuvent migrer ailleurs, réduisant ainsi la main-d'œuvre disponible. Les sécheresses, en particulier, entraînent une baisse significative de l'immigration nette, conduisant à une population régionale inférieure de 4 % quatre ans après l'événement.
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Face aux inondations, la situation est plus contrastée et révèle une forte disparité économique entre les régions. Alors que les régions à haut revenu connaissent une phase de « reconstruction » marquée par une hausse des investissements et du PIB, ce n'est pas le cas pour les régions les moins aisées. Les inondations n'ont pas d'impact global sur la production à moyen terme dans la plupart des régions, mais une analyse plus fine montre des différences notables.
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Dans les régions à faibles revenus, on constate un déclin de l'activité manufacturière, tandis que les régions riches voient cette activité augmenter. De même, l'activité dans le secteur de la construction ne s'accélère qu'après coup dans les régions aisées, ce qui laisse penser que la capacité à « reconstruire en mieux » (build back better) dépend directement de l'accès aux capitaux et aux aides financières.
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