Dans son projet de PPE, l'exécutif vient d'abaisser la cible de solaire photovoltaïque installé en 2035, qui passe de 75-100 gigawatts (GW) à 65-90 GW.
ANALYSE. Dans son projet de stratégie énergétique pour la France, mis en consultation finale vendredi, le gouvernement réduit les ambitions de la filière solaire pour 2035. Celles-ci pourraient encore être réévaluées si la consommation électrique du pays ne remonte pas. Comme l’avait demandé l’opérateur du parc nucléaire EDF en janvier.
C'est une petite musique qui monte, au point de trouver sa place dans le projet de programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), cette feuille de route de l'Hexagone pour les dix prochaines années, actuellement en consultation finale : « Investir massivement dans le solaire pourrait finir par coûter trop cher. »
Circonscrit aux cercles anti-renouvelables il y a encore quelques années, ce discours devient, en effet, de plus en plus prégnant. Et pour cause : les Français consomment moins d'électricité que prévu, laissant planer un risque de surinvestissement dans les moyens de production par rapport aux besoins réels... et notamment dans les parcs photovoltaïques.
10 gigawatts de moins en 2035
Il s'agit en tout cas de l'alerte principale du haut-commissaire à l'énergie atomique, Vincent Berger, dans son avis sur la PPE remis à l'exécutif en février. Mais aussi d'EDF, qui avait rendu sa copie sur le sujet début janvier. « La fourchette évoquée pour le solaire photovoltaïque, (...) a fortiori sa borne haute de 100 gigawatts (GW) en 2035, nous apparaît significativement trop élevée à cet horizon », écrivait alors l'énergéticien national.
Le gouvernement a suivi, au moins en partie, ces recommandations : dans une nouvelle mouture — celle soumise à la dernière phase de consultation —, il vient d'abaisser les ambitions de la filière solaire, la cible pour 2035 passant de 75-100 GW à 65-90 GW.
Surtout, « ces objectifs pourraient être ajustés en tenant compte notamment des prévisions d'évolution de la consommation d'électricité, de développement des autres moyens de production et de développement des flexibilités [sans pour autant être inférieurs à 4 GW par an] », peut-on lire dans l'épais document.
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