Les professionnels du photovoltaïque craignent que le mécanisme de dégressivité renforcée sur les tarifs, proposé par l’État, créé un phénomène d'emballement mortifère pour la filière. Ils plaident pour la mise en place rapide d'appels d'offres simplifiés et d'un système de caution.Depuis une semaine, les professionnels de la filière photovoltaïque tirent la sonnette d'alarme. Selon eux, la révision tarifaire visant les installations solaires, déployées essentiellement sur les bâtiments agricoles et sur les ombrières de parking, sur laquelle planche actuellement l'exécutif pourrait mener à un véritable coup d'arrêt au déploiement de l'énergie solaire dans l'Hexagone.
Ce qui est désigné comme un « moratoire » pourrait entraîner dans son sillage la mise en danger de plusieurs milliers d'emplois, allant des développeurs d'installations solaires aux couvreurs, en passant par les maçons, les charpentiers et les électriciens.
Malgré cette levée de boucliers, le gouvernement a transmis mercredi soir aux membres du Conseil supérieur de l'énergie (CSE) un projet d'arrêté tarifaire ne prenant en compte aucune des propositions d'amendement formulées par la filière après différents échanges à Matignon et avec l'entourage de Marc Ferracci, le ministre délégué à l'Industrie et à l'Énergie. « Nous avons obtenu l'assurance du ministre que nos propositions seraient transmises à la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC) afin que les équipes y travaillent », indique toutefois Jules Nyssen, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER). « A ce stade, nous n'avons aucune garantie », tempère Daniel Bour, président d'Enerplan, un autre syndicat représentant les professionnels de l'énergie solaire.
Des volumes hors de contrôle
Ces installations, comprises entre 100 et 500 kilowatts crête de puissance, bénéficient depuis 2021 d'un soutien particulier. Un mécanisme garantit, en effet, aux développeurs un prix de rachat du mégawattheure fixe sur une durée de vingt ans. Seulement voilà, ces dernières se sont développées bien plus vite que dans les prévisions initiales de l'exécutif. L'année dernière, ces installations auraient compté pour 75 % des nouvelles capacités installées (environ 4,6 gigawatts).