Ce ne sera pas une « promenade dans le parc », a averti Luc Rémont, le PDG d'EDF, lors d'une conférence de presse ce vendredi matin à l'occasion de la publication de ses résultats semestriels. Alors que l'électricien a enregistré des bénéfices en hausse de 20% à 7 milliards d'euros sur les six premiers mois de l'année, l'entreprise se prépare d'ores et déjà à une baisse significative de sa rentabilité pour le reste de l'année en raison de la chute des prix de l'électricité sur les marchés.
Aujourd'hui, le prix spot en France s'établit autour de 65 euros du mégawattheure, un niveau bien en-deçà de ceux atteints en 2023 et plus encore en 2022. Sur l'ensemble de l'année 2024, l'effet de ces prix bas devrait mordre sur l'Ebitda (indicateur de rentabilité de référence) à hauteur de 8 à 11 milliards d'euros, selon les projections de l'entreprise. L'effet positif d'une production nucléaire attendue à la hausse, conduisant à une baisse des achats d'électricité dans un contexte de prix moins élevés, ne devrait compenser ce recul qu'à hauteur de 2 à 5 milliards d'euros.
« La détente des prix de marché induit des perspectives de revenus pour EDF plus faibles que si les prix étaient restés hauts », a indiqué le dirigeant du groupe détenu à 100% par l'Etat. « Dans cet environnement (...), il nous faut être encore plus efficaces à la fois sur nos opérations et sur nos investissements », a-t-il expliqué. Dans cette optique, l'entreprise compte sur un plan de bataille baptisé « Ambitions 2035 », qui s'articule autour de quatre piliers : l'accompagnement des clients dans la réduction de leur empreinte carbone, la production de plus d'électricité décarbonée, le développement des réseaux et des solutions de flexibilité.