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Énergies fossiles : les pays du G20 ont accordé 1.300 milliards de dollars de subventions en 2022, un record

latribune.fr

Publié le 22 novembre 2023 à 10:41 - Mis à jour le 22 novembre 2023 à 10:48

La sortie des énergies fossiles sera l’un des sujets centraux de la COP28, la prochaine conférence sur le climat qui se tiendra à partir du 30 novembre prochain à Dubaï.

La sortie des énergies fossiles sera l’un des sujets centraux de la COP28, la prochaine conférence sur le climat qui se tiendra à partir du 30 novembre prochain à Dubaï.

Reuters

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Les pays du G20 ont accordé en 2022 un niveau record de subventions aux combustibles fossiles, plus de deux fois plus qu'en 2021. Et les subventions devraient encore pleuvoir sur l'ensemble de cette année, même si elles sont attendues à la baisse. Dans ce contexte, les discussions à venir lors de la COP28 sur la sortie des énergies fossiles s'annoncent déjà vouées à l'échec.

Les États continuent de subventionner les énergies fossiles et dans des proportions toujours plus importantes. C'est ce qu'il ressort d'un rapport du groupe d'experts BloombergNEF (BNEF) publié ce mardi 21 novembre, concernant les 19 États du G20. Dans un contexte de flambée des prix de l'énergie, les gouvernements et les compagnies publiques de ces pays ont ainsi plus que doublé le soutien aux fossiles l'an dernier, à près de 1.300 milliards de dollars.

En 2021, ces subventions étaient en effet de 583 milliards, indique le groupe d'experts, qui se fonde sur des données entre autres de l'OCDE et de l'Agence internationale de l'énergie.

Dans le détail, quelque 830 milliards sont allés dans le soutien aux prix, pour les consommateurs. Le reste est allé aux producteurs de gaz, de pétrole et de charbon, « même si nombre d'entre eux engrangeaient des bénéfices record » (à +84% in 2022), souligne BNEF. Si la part des soutiens au charbon a reculé (2% du total), cela reste néanmoins 21 milliards de dollars qui sont encore allés vers ce combustible, le plus nocif pour le climat.

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Les subventions en 2022 « auraient pu financer 1,9 térawatt de centrales solaires, soit dix fois la capacité installée par le G20 l'an dernier », a indiqué à l'AFP Victoria Cuming, coautrice du rapport.

Une (illusoire) sortie des énergies fossiles en discussion

Pour cette experte, « il est difficile de voir comment tout cela peut s'aligner avec les nombreux engagements pris par les gouvernements aux récents G7, G20 et aux COP ».

La sortie des énergies fossiles sera justement l'un des sujets centraux de la COP28, la prochaine conférence sur le climat qui se tiendra à partir du 30 novembre prochain à Dubaï. Mais pas le seul : financement de la transition énergétique, partage des responsabilités entre les pays développés, pollueurs, solidarité avec les pays plus vulnérables sont autant de thèmes au programme, qui font l'objet de forts désaccords entre les pays. Ce rendez-vous doit en tout cas être celui qui mènera à des engagements forts en matière de climat. Ce qui est crucial pour réduire les émissions mondiales et parvenir à limiter le réchauffement de la planète sur la trajectoire de l'Accord de Paris - à savoir limiter le réchauffement bien au-dessous de 2°C et si possible à 1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle.

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Reste que les COP, et celle-ci ne devrait pas y déroger, comptent de nombreux lobbyistes des énergies fossiles parmi leurs visiteurs. L'ONU Climat a en effet accordé au moins 7.200 accréditations à des personnes ouvertement affiliées au monde des énergies fossiles ces vingt dernières années, dont 945 étaient directement destinées à des employés d'entreprises pétrogazières, comme révélé ce mardi par la coalition d'ONG « Kick big polluters out ».

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Pluie de subventions encore en 2023

Petite « bonne nouvelle » néanmoins pour 2023 : les subventions aux énergies fossiles accordées par les membres du G20 devraient légèrement reculer par rapport à 2022, selon le rapport de BloombergNEF. Le groupe d'experts s'attend notamment à une baisse en ce qui concerne les « subventions destinées à la consommation d'énergie fossile par habitant ». Pas de quoi se réjouir pour autant puisque l'enveloppe totale devrait rester au-dessus du niveau des années précédentes.

« Un certain nombre de gouvernements ont maintenu en 2023 leur soutien à la crise énergétique, ce qui signifie que les niveaux de soutien aux énergies fossiles resteront probablement plus élevés que la tendance moyenne d'avant 2022 »,a précisé Victoria Cuming.

Des projets toujours plus nombreux

Les producteurs de pétrole et de gaz ne comptent en tout cas pas, de leur côté, se détourner des énergies fossiles. TotalEnergies a notamment annoncé fin septembre « augmenter sa production d'hydrocarbures de 2% à 3% par an sur les cinq prochaines années ». Et ce n'est pas le seul acteur affichant de telles ambitions : quelque 96% des 700 compagnies productrices poursuivent en effet l'exploration et le développement de nouvelles réserves d'hydrocarbures, selon un rapport de l'ONG allemande Urgewald publié mi-novembre.

D'après ce document intitulé « Global Oil and Gas Exit List », les dépenses d'investissement du secteur pour l'exploration de nouvelles réserves de pétrole et de gaz ont « augmenté de plus de 30% » depuis 2021. Les compagnies étudiées ont dépensé au total « 170,4 milliards de dollars » dans ces projets ces trois dernières années. Les principales entreprises épinglées dans le rapport sont les sociétés chinoises China National Petroleum Corporation (CNPC), CNOOC et Sinopec, la compagnie nationale saoudienne Saudi Aramco, la mexicaine Pemex, l'américaine Pioneer Natural Resources ou encore l'anglo-néerlandaise Shell.

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Or, compte tenu du développement des énergies et des technologies propres, « il n'est pas nécessaire d'investir dans de nouveaux gisements de charbon, de pétrole et de gaz naturel », avait souligné l'Agence internationale de l'énergie (AIE) en septembre, dans la dernière version de sa feuille de route du secteur de l'énergie pour arriver à la neutralité carbone en 2050. Des propos dont ne semblent pas tenir compte les entreprises pétro-gazières.

(Avec AFP)

latribune.fr

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