ANALYSE - La part des passoires thermiques dans les résidences principales est plus importante dans les territoires ruraux. Éloignement géographique, fracture numérique... Leurs habitants ont davantage de difficultés pour accéder aux aides publiques à la rénovation énergétique. Ils sont ainsi plus nombreux à renoncer à se chauffer. C'est le constat que dresse un sondage Ifop, réalisé pour le compte de l'entreprise Hellio, publié ce mercredi.Il y a cinq ans, le mouvement des Gilets Jaunes mettait en lumière les grandes inégalités des Français face au coût de la mobilité selon leur lieu d'habitation, au détriment des habitants des territoires péri-urbains et ruraux, très dépendants de la voiture. Mais sur le plan énergétique, la mobilité n'est pas la seule préoccupation des ménages français vivant en milieu rural. La question de la facture liée au chauffage nourrit aussi des inquiétudes grandissantes. C'est ce que révèle le sondage Ifop réalisé pour le compte de l'entreprise Hellio et publié ce mercredi à l'occasion du Congrès des maires.
Selon cette enquête, réalisée en ligne du 24 au 30 octobre dernier, 91% des ruraux interrogés sont inquiets quant à l'évolution du prix du gaz et de l'électricité au cours des trois prochains mois, contre 74% pour la moyenne des Français. Soit 17 points d'écart. « C'est une nouveauté. Avant il y avait un sentiment d'incertitude, mais pas d'inquiétude aussi généralisée », estime Pierre Maillard, le PDG d'Hellio, une entreprise spécialisée dans l'efficacité énergétique. Parmi les ruraux interrogés, 84% sont ainsi favorables au retour du bouclier tarifaire sur les prix du gaz, contre 76 % chez l'ensemble des Français.
Des logements individuels plus grands, anciens et mal isolés
Ces inquiétudes plus marquées à la campagne correspondent bel et bien à une réalité. Pour se chauffer, les ménages ruraux sont, en effet, plus exposés à la flambée des prix de l'énergie compte tenu de la taille et de la mauvaise isolation thermique de leur logement. « En milieu rural, l'habitat est plus individuel et la taille du ménage est plus grande qu'en ville. Il est aussi plus ancien », relève Claire Delfosse, professeure de géographie à l'Université de Lyon 2 et directrice du laboratoire d'études rurales. De fait, plus du quart des logements en zones rurales ont été construits avant 1918.