Géothermie : l'AIE appelle les pétroliers à passer à l'action
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Seuls 30 pays dans le monde ont mis en place un cadre réglementaire spécifique pour encourager le développement de la géothermie.
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Seuls 30 pays dans le monde ont mis en place un cadre réglementaire spécifique pour encourager le développement de la géothermie.
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Deuxième « énergie propre » la moins utilisée après l'énergie hydroélectrique océanique, la géothermie pourrait couvrir jusqu'à 15% de la croissance de la demande mondiale en électricité d'ici 2050. Dans son rapport de 125 pages intitulé L'avenir de l'énergie géothermique, publié ce vendredi 13 décembre, l'Agence Internationale de l'Énergie (AIE) souligne que cette énergie représente actuellement seulement 1% de la production mondiale d'électricité.
Or, si les coûts des projets continuent de diminuer, cette énergie pourrait fournir jusqu'à 800 gigawatts de puissance électrique à l'échelle mondiale. Soit l'équivalent de la consommation actuelle des États-Unis et de l'Inde, contre seulement 15 gigawatts aujourd'hui.
Pour atteindre cet objectif ambitieux, l'AIE estime que les techniques de forage utilisées par les industries pétrolières et gazières, combinées à de nouvelles technologies, pourraient permettre de développer la géothermie, bien au-delà des zones volcaniques ou tectoniques où elle est actuellement concentrée.
Utilisée depuis plus d'un siècle pour chauffer ou rafraîchir des bâtiments, et pour produire de l'électricité dans une quarantaine de pays, la géothermie reste marginale. Pourtant, cette source d'énergie présente des atouts : elle est plus stable et flexible que l'éolien ou le solaire, et offre un meilleur rendement. Malgré cela, seuls 30 pays dans le monde ont mis en place un cadre réglementaire spécifique pour encourager son développement, contre une centaine pour le solaire et l'éolien. Une meilleure visibilité à long terme pour les investisseurs pourrait réduire les risques financiers et améliorer la compétitivité des projets. L'AIE estime que les coûts pourraient chuter de 80% d'ici 2035, atteignant environ 50 dollars par mégawattheure (MWh).
Les investissements mondiaux dans le secteur de la géothermie pourraient ainsi atteindre 1.000 milliards de dollars d'ici 2035, et 2.500 milliards d'ici 2050.
La Turquie, l'Indonésie et le Kenya figurent parmi les pays les plus dynamiques dans le développement de la géothermie, mais les États-Unis restent leaders en termes de capacités installées, grâce à des infrastructures construites entre 1980 et 1995. En France, le gouvernement a lancé en février 2023 un « plan d'action » visant à quadrupler le rythme de déploiement des projets de géothermie profonde d'ici 2035. L'objectif est de produire entre 8 et 10 térawattheures (TWh) d'énergie géothermique d'ici 2035, contre 2,3 TWh en 2021.
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La géothermie ne représente actuellement que 1% de la consommation de chaleur du pays, alors que la chaleur constitue 43% de la consommation énergétique finale en France, dont seulement un quart provient de sources renouvelables, selon le ministère de la Transition énergétique. L'Île-de-France est particulièrement active dans ce domaine : l'aquifère du Dogger est l'un des plus exploités au monde, avec 58 centrales en activité. D'autres projets sont également développés en Alsace et dans la région bordelaise.
(Avec AFP)
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