La Suisse va se fournir en uranium auprès du Kazakhstan pour relancer son industrie nucléaire
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Le Kazakhstan est de loin le premier producteur mondial d'uranium, avec plus de 40·% de la production mondiale (photo d'illustration).
Reuters
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Le Kazakhstan est de loin le premier producteur mondial d'uranium, avec plus de 40·% de la production mondiale (photo d'illustration).
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La Suisse va se fournir en uranium auprès du Kazakhstan. C'est Kazatomprom, la plus grande entreprise minière d'uranium au monde, qui l'a annoncé ce lundi. Il a indiqué avoir signé avec le groupe énergétique suisse Axpo le « tout premier contrat pour fournir du concentré d'uranium naturel kazakh pour les besoins énergétiques des centrales nucléaires suisses de Beznau et de Leibstadt », situées dans le nord du pays helvétique.
Selon un représentant d'Axpo, cité par Kazatomprom, cet accord permet d'« assurer un approvisionnement énergétique stable pour la Suisse et contribue aux efforts mondiaux de décarbonisation », pour limiter les émissions de gaz à effet de serre participant au réchauffement climatique. Aucun détail sur le volume des livraisons n'a toutefois été fourni.
La Suisse exploite au total quatre réacteurs nucléaires vieillissants, produisant environ 29 % de son approvisionnement électrique. Deux se trouvent dans la centrale de Beznau, la plus vieille d'Europe, mise en service en 1969 - elle doit fermer ses portes en 2033. Quant aux deux autres, Gösgen et Leibstadt, ils sont entrés en service respectivement en 1979 et 1984.
Cette annonce intervient alors que le gouvernement fédéral suisse entend faire volte-face sur le nucléaire. Car, pour rappel, ses habitants avaient approuvé par référendum en 2017 la sortie progressive de l'atome en votant une loi interdisant la construction de nouvelles centrales. Cette loi était alors le résultat d'un long processus engagé après l'accident nucléaire de Fukushima en mars 2011 au Japon, provoqué par un gigantesque tsunami.
Mais l'exécutif a indiqué en décembre vouloir modifier cette loi afin de permettre à de nouvelles centrales de voir le jour dans le pays. « L'objectif est de garder la possibilité de recourir à l'énergie nucléaire pour assurer à long terme la sécurité de l'approvisionnement énergétique de la Suisse », a alors précisé le Conseil fédéral dans un communiqué.
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« Depuis 2017 la situation sur le marché de l'électricité a radicalement changé », avait justifié quelques mois plus tôt le ministre de l'Environnement, des transports et de l'énergie, Albert Rösti. « On ne dit pas qu'il y aura dans dix ans une nouvelle centrale [...] mais nous sommes responsables de laisser » la porte « ouverte à toutes les technologies possibles », avait-il insisté.
Car la Suisse espère atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Pour y parvenir, le gouvernement « entend favoriser l'ouverture aux différentes technologies pour planifier de manière responsable la sécurité de l'approvisionnement en électricité », a-t-il fait savoir en décembre. Or, « l'interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires n'est pas compatible avec l'objectif de l'ouverture aux différentes technologies et présente même des risques pour le démantèlement des installations existantes », estime l'exécutif.
Le ministre a également justifié la modification de la loi par la détérioration de la situation géopolitique, en particulier en Europe depuis près de trois ans, ce qui fait craindre pour l'approvisionnement du pays puisqu'une partie des besoins est importée l'hiver. Il a aussi mis en avant la croissance rapide de la population suisse - elle a augmenté de +1,7 % entre 2022 et 2023, soit la plus importance hausse depuis le début des années soixante, d'après l'Office fédéral de la statistique - et donc des besoins croissants d'électricité.
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Le Parlement doit maintenant débattre de cette proposition de modification de la loi. Avant que la parole ne soit de nouveau donnée à la population à l'occasion d'un référendum. Huit ans après le précédent, reste à voir si l'avis des Suisses a changé, ou pas.
(Avec AFP)
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