Nucléaire : la France est loin d’être prête à construire de nouveaux réacteurs, dit la Cour des Comptes
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EDF espérait un feu vert officiel « fin 2025, début 2026 ».
Stephanie Lecocq
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EDF espérait un feu vert officiel « fin 2025, début 2026 ».
Stephanie Lecocq
Même si la filière nucléaire française a commencé à s'organiser pour construire 6 nouveaux réacteurs, comme annoncé par Emmanuel Macron en 2022, elle est loin d'être prête à dérouler un tel programme. C'est l'une des principales conclusions de la Cour des comptes dans un rapport publié ce mardi. Et pour cause : elle doit encore surmonter de nombreux défis, dont certains s'avèrent « préoccupants », comme l'incertitude sur la rentabilité des futures centrales. De quoi « faire peser un risque sur l'actionnaire d'EDF, c'est-à-dire l'Etat », pouvant conduire à un « échec » du projet.
Résultat : il faut reporter « la décision finale d'investissement » jusqu'à ce que deux conditions soient réunies, préconise la juridiction financière : d'abord, la sécurisation du financement, à travers un bouclage financier précis. Ensuite, l'avancement des études de conception détaillée « conforme à la trajectoire visée pour le jalon du premier béton nucléaire ». De quoi éloigner la perspective d'un feu vert officiel « fin 2025, début 2026 », tel qu'espéré par EDF l'été dernier ?
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Les études sur les potentiels huit réacteurs supplémentaires, « assez lourdes », demanderont encore deux ans de travail au moins, avait précisé il y a quelques mois le PDG du groupe, Luc Rémont. Et sur le plan financier, aucun devis n'a encore été arrêté, ni même de modèle pour payer un tel programme, estimé pour l'heure à 51,7 milliards d'euros hors coût de financement. Or, lorsque ce sera le cas, « une année supplémentaire (voire davantage) sera nécessaire en vue d'obtenir leur approbation par la Commission européenne », pointe la Cour.