Alors qu'en France, la relance du nucléaire repose largement sur le très médiatique programme de construction de six nouveaux réacteurs de grande puissance, dits EPR 2, aux Etats-Unis, la stratégie est toute autre. Outre-Atlantique, la relance de l'atome civil consiste avant tout à augmenter la puissance et à maintenir en exploitation le plus longtemps possible les 94 réacteurs du parc historique, soit le plus vaste du monde. Dernière illustration en date : le réacteur de Monticello, dans le Minnesota, vient tout juste d'obtenir le feu vert du gendarme du nucléaire américain pour fonctionner jusqu'en 2050, soit pendant 80 ans au total.
Cette autorisation est loin d'être isolée. Le réacteur de Monticello, exploité par Xcel Energy, rejoint une liste composée de huit autres tranches nucléaires ayant déjà décroché ce précieux sésame : deux réacteurs de la centrale de Turkey Point en Floride, deux réacteurs de la centrale de Peach Bottom, en Pennsylvanie, deux réacteurs de la centrale de Surry en Virginie et deux réacteurs de la centrale de North Anna, en Virginie également.
Et la tendance ne semble pas près de s'inverser. La Nuclear Regulatory Commission (NRC), l'équivalent de la nouvelle Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) en France, instruit actuellement les demandes similaires de 13 autres réacteurs. Par ailleurs, les exploitants de 25 autres réacteurs entendent s'engager dans cette démarche.