Le coût des crues en Bretagne estimé entre 130 et 160 millions d'euros
latribune.fr
Les crues ont causé des dégâts en Bretagne durant la dernière semaine de janvier. (photo prise le 28 janvier 2025 à Guipry-Messac en Ille-et-Vilaine).
Sevrette J/ANDBZ/ABACA via Reuters Connect
Au moins la moitié du coût des tempêtes et crues qui ont touché la Bretagne fin janvier sera pris en charge par la Caisse centrale de réassurance (CCR) dans le cadre du régime « Cat Nat », a indiqué le réassureur public.
Les crues qui ont touché la Bretagne fin janvier ont coûté entre 130 et 160 millions d'euros au régime « Cat Nat » (catastrophes naturelles), a estimé la Caisse centrale de réassurance (CCR) ce jeudi 6 février. Ce coût couvre « entre 6 000 et 8 000 sinistres habitations et professionnels assurés », selon le réassureur public.
« Au moins 50 % du montant de ce coût estimé sera pris en charge directement par CCR dans le régime du Cat Nat français », précise-t-on dans un communiqué. Il « pourra être réévalué progressivement en fonction de l'actualisation des données », souligne cependant la Caisse, qui précise avoir fait cette estimation en prenant en compte « les données dont (ils) disposent à ce jour ».
« Plusieurs cours d'eau sont entrés en crue : la Vilaine a atteint des niveaux d'eau comparables, voire au-dessus de ceux de 2001, causant des dommages sur les communes situées le long de ce cours d'eau », décrit-on. Pendant cet épisode, 1 108 personnes ont été évacuées en Ille-et-Vilaine, dont 150 à Redon.
Hausse de la surprime« Cat Nat »
Pour rappel, la CCR est l'institution publique qui gère ce régime en délivrant aux assureurs une couverture de réassurance illimitée lorsque l'état de catastrophe naturelle est déclaré par l'État. Il a essuyé une perte de 112 millions d'euros en 2023, le montant des sinistres ayant été supérieur aux primes reçues pour le régime des catastrophes naturelles, alors que les dégâts liés au dérèglement climatique deviennent récurrents.
Le gouvernement a en conséquence décidé d'une hausse de la surprime « Cat Nat » à partir de 2025, de 12 % à 20 %. Celle-ci est prélevée sur les cotisations d'assurances des Français pour financer le régime des catastrophes naturelles. Fin octobre dernier, la sénatrice Christine Lavarde (groupe Les Républicains) proposait d'« automatiser » la revalorisation de cette surprime à partir de 2027, sur la base d'un coefficient revu tous les trois ans en fonction de l'évolution de la sinistralité.
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« Cela évitera ce qu'on va tous connaître sur nos factures le 1er janvier : un saut très important. Car depuis plus de dix ans, on n'a pas augmenté ce taux, alors même que les coûts de sinistralité s'envolaient », avait assuré la sénatrice des Hauts-de-Seine.
Revalorisation du fonds Barnier
Michel Barnier avait par ailleurs annoncé fin octobre la revalorisation du fonds qui porte son nom de 75 millions d'euros, pour atteindre 300 millions d'euros en 2025. Le fonds Barnier, créé en 1995 par l'ancien Premier ministre, est dédié au financement de travaux pour réduire la vulnérabilité de bâtiments exposés aux catastrophes naturelles.
De nombreux parlementaires estimaient cependant que le montant cible devrait être de 450 millions d'euros, si l'on suit le mode de financement historique de ce fonds, basé lui aussi sur la « surprime cat nat » ... et donc sur les contrats d'assurance des particuliers.