Le géant Anglo American arrête son activité de charbon sidérurgique
latribune.fr
Anglo American, fondée en 1917 en Afrique du Sud par l'industriel d'origine allemande Ernest Oppenheimer, est aujourd'hui l'une des plus grandes sociétés minières du monde, cotée à la fois à Londres, où est son siège, et à Johannesbourg.
Le géant minier britannique a annoncé, ce lundi, la vente de ses mines de charbon sidérurgique en Australie à l'Américain Peabody Energy. Une transaction à 3,7 milliards de dollars qui devrait lui permettre de transitionner vers le cuivre et le fer.
L'un des leaders mondiaux des mines dit adieu au charbon sidérurgique. Le géant minier britannique Anglo American a annoncé ce lundi la vente à l'américain Peabody Energy de ses mines de charbon sidérurgique en Australie, pour un montant maximum de 3,775 milliards de dollars, ce qui lui permet de se retirer définitivement de cette activité.
« La vente de notre activité de charbon sidérurgique est une nouvelle étape importante dans la mise en œuvre de la stratégie que nous avons définie en mai pour créer une entreprise de classe mondiale dans les domaines du cuivre, du minerai de fer de qualité supérieure, et des nutriments pour les cultures », s'est félicité Duncan Wanblad, directeur général du groupe.
Anglo American, fondée en 1917 en Afrique du Sud par l'industriel d'origine allemande Ernest Oppenheimer, est aujourd'hui l'une des plus grandes sociétés minières du monde, cotée à la fois à Londres, où est son siège, et à Johannesbourg.
Spécialisation dans le cuivre et le fer
Le groupe avait annoncé en mai un projet de scission de plusieurs activités, dont le charbon pour la métallurgie, mais aussi le platine et les diamants en Afrique du Sud. Parmi celles-ci, la vente de sa participation dans l'entreprise australienne Jellinbah pour 1,1 milliard de dollars, une co-entreprise opérant dans le secteur du charbon sidérurgique. Le géant minier cherche ainsi à se concentrer sur le cuivre, le minerai de fer haut de gamme et les engrais.
Ce projet avait été présenté au moment même où son concurrent australien BHP s'était lancé dans un processus de rachat, une fusion qui aurait été la plus importante dans le secteur depuis des années, mais qui n'a pas abouti. L'opération était notamment motivée par les perspectives juteuses pour le cuivre, métal clé pour la transition énergétique, car utilisé dans de nombreuses applications industrielles, dont la composition de batteries de véhicules électriques.
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« Toutes les transactions nécessaires à la transformation de notre portefeuille sont en bonne voie - la scission d'Anglo American Platinum est prévue pour la mi-2025 et nous avons constaté un vif intérêt pour notre activité nickel, le processus de vente étant bien avancé », a précisé Duncan Wanblad.
Le charbon en perte de vitesse
S'il est toujours bien présent, notamment dans la sidérurgie, le charbon perd de la vitesse. Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), la quantité d'électricité d'origine renouvelable produite à l'échelle mondiale devrait dépasser en 2025 pour la première fois celle issue du charbon. Ce bond de la demande mondiale « révèle le rôle croissant de l'électricité dans nos économies mais aussi l'impact des canicules sévères », a pointé, en juillet, Keisuke Sadamori, directeur Marchés et sécurité énergétiques de l'AIE, soulignant que l'essor des modes de production décarbonées n'est pas encore assez rapide.
Hydroélectricité, solaire, éolien... Les renouvelables devraient fournir globalement 35% de l'électricité en 2025, contre 30% en 2023. Le photovoltaïque seul devrait couvrir pour moitié la croissance de la demande (solaire et éolien couvrant à eux deux 75%), note un rapport sur l'électricité publié lui aussi ce vendredi. La production électrique issue de centrales à charbon ne devrait cependant pas décliner dès 2024, en raison d'une très forte hausse des besoins en Chine et en Inde en particulier. Cependant, l'AIE ajoute que les capacités hydrauliques chinoises pourraient créer la surprise, et in fine, faire baisser dès cette année la part du charbon, et avec elle les émissions globales de CO2 du secteur électrique.
Les banques pointées du doigt
Si la situation va dans le bon sens, un rapport du centre de recherche Transition Pathway Initiative (TPI), publié début octobre, pointe l'inertie du milieu bancaire à quitter le charbon. Selon celui-ci, 85 % des banques interrogées sont toujours ouvertes au financement de nouvelles centrales à charbon. 22 établissements transnationaux (sur 26) se disent même « prêts à financer de nouvelles activités liées au charbon ».
Parmi les mauvais élèves en matière d'ambition climatique, le Transition Pathway Initiative pointe les banques régionales américaines, et les établissements chinois, qui n'ont, selon ses informations, « fixé aucun d'objectifs sectoriels de décarbonation ». A contrario, les établissements les plus volontaires sont européens et japonais, ces derniers ayant fixé plus d'objectifs sectoriels de décarbonation que leurs homologues américains. Parmi eux, sont cités pour l'Europe Barclays, BNP Paribas, Groupe Crédit Agricole, HSBC et ING Bank. Côté nippon, on trouve Mitsubishi UFJ, SMBC et Mizuho Bank, qui, pour rappel, détiennent environ un tiers des actifs financiers du pays du soleil levant.