Mer du Nord : feu vert compromis pour le champ pétrolier de Rosebank
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[Article publié le mardi 12 novembre 2024 à 13h14, mis à jour à 15h25] C'est une audience décisive qui débute ce mardi outre-Manche. Le recours des ONG écologistes Greenpeace et Uplift contre le projet de forage de Rosebank va être examiné par la justice à Édimbourg en Écosse. Pour rappel, ce dernier est situé à 145 kilomètres au large des îles Shetland, dans l'extrême nord de cette dernière. Ses propriétaires, les entreprises Equinor et Ithaca Energy, ont obtenu en septembre 2023 le feu vert du gouvernement de l'époque pour exploiter ses ressources pétrolières et gazières.
Les ONG soutiennent que l'autorisation a été accordée illégalement. Elles estiment en effet que l'impact des émissions provenant de la combustion du pétrole et du gaz n'a pas été considéré. Or, puisqu'il serait incompatible avec les objectifs climatiques du Royaume-Uni, le projet n'aurait pu normalement obtenir de feu vert.
Si la justice écossaise donnait raison aux militants écologistes, cela signifierait que les exploitants devraient soumettre à nouveau les évaluations environnementales pour approbation, avant que les forages ne puissent commencer. Ce qui pourrait compromettre le projet ou retarder le calendrier. Actuellement, le forage est prévu pour commencer entre 2026 et 2030.
Si les ONG s'affichent aussi optimistes, c'est parce qu'un autre projet de forage pétrolier a été jugé illégal par la Cour Suprême britannique en juin. Ce dernier, porté par la société Horse Hill Developments, avait obtenu l'autorisation en 2019, par les autorités locales du comté du Surrey, de prolonger et étendre des forages à Horse Hill, dans le sud de l'Angleterre. Mais une résidente locale, Sarah Finch, agissant pour le compte de l'association Weald Action Group, avait déposé un recours contre cette autorisation.
La Haute Cour a donné raison à cette plaignante, au motif que les émissions induites par la consommation du pétrole n'avaient pas été comptabilisées par l'étude d'impact environnementale obligatoire. Or, selon elle, elles « font partie du périmètre ».
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La décision avait été saluée par des ONG comme créant un précédent. L'association Friends of the Earth (Les amis de la Terre), avait prévenu qu'elle « pourrait avoir des conséquences profondes » pour les nouveaux projets de productions d'énergies fossiles. Selon elle, il pourrait ainsi être « plus difficile pour des porteurs de projets d'énergies fossiles d'obtenir une autorisation » à l'avenir.
Reste que les défenseurs du climat ont essuyé ce mardi un revers en justice, au Pays-Bas. La cour d'appel de la Haye a en effet rejeté, dans une autre procédure, le recours d'ONG qui estimaient que le géant pétrolier Shell ne faisait pas assez pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre.
Outre cette récente décision, les ONG partent avec un autre avantage. Le fait que le nouveau gouvernement travailliste, arrivé au pouvoir en juillet au Royaume-Uni, a annoncé en août renoncer à défendre en justice le projet de Rosebank. Sans toutefois retirer l'autorisation accordée par le précédent exécutif conservateur. Cette décision n'empêche pas non plus les porteurs de ce projet de continuer à le défendre en justice. Mais cela reste une opposition en moins. Greenpeace avait d'ailleurs salué cette annonce.
Le nouveau gouvernement s'affiche sur une ligne différente de son prédécesseur concernant l'exploration de nouveaux champs pétroliers et gaziers. L'ancien exécutif avait multiplié les autorisations de licence ces derniers mois et années. Or, le parti travailliste avait indiqué pendant la campagne qu'il n'émettrait « pas de nouvelles licences » en ce sens. Tout en prévenant, comme pour Rosebank, qu'il ne « révoquerait pas les licences existantes ».
Outre Rosebank, Greenpeace et Uplift ont aussi déposé en décembre dernier un recours contre le projet de Jackdaw, à l'est de l'Écosse, appartenant à Shell. Également pour un manque de prise en compte de l'impact des émissions. Approuvé en 2022, il est déjà en cours d'exploitation et devrait commencer à produire l'année prochaine. Un dossier que le gouvernement a aussi renoncé à défendre en justice.
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Shell défend au contraire son projet. « Depuis le début, Jackdaw a été développé en conformité avec toutes les autorisations et permis », a affirmé le géant anglo-néerlandais dans un communiqué ce mardi. Le groupe a ajouté que le projet « est déjà bien avancé », soulignant qu'un arrêt provoquerait « d'importants problèmes techniques et opérationnels ». Si la date de l'audience concernant ce recours n'est pas encore fixée, l'issue de celle de Rosebank pourrait présager de ce qui l'attend.
(Avec AFP)
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