Prix régulés de l'électricité : pourquoi il est trop tôt pour dire que les factures des particuliers vont baisser
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CHRISTIAN HARTMANN
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La réforme du marché européen de l'électricité va-t-elle alléger les factures des ménages ? C'est en tout cas ce que sous-entend l'Elysée, qui se félicite d'un « nouvel outil pour protéger les consommateurs », après avoir décroché mardi un accord des Etats membres sur la régulation des prix du nucléaire (qui compte pour 70% du mix électrique du pays). Examiné par les eurodéputés depuis jeudi, le texte permettrait en effet à l'Hexagone de bénéficier dans les prochaines années de tarifs attractifs, en échappant aux cours exorbitants du marché, eux-mêmes dopés par les prix du gaz.
Et pour cause, celui-ci autoriserait la signature de contrats à prix garantis par l'Etat français (appelés CfD) avec l'exploitant du parc atomique, EDF, afin d'encadrer les tarifs de l'électricité issue des centrales existantes. Les pouvoirs publics pourraient ainsi soutenir financièrement l'énergéticien quand les prix de marché sont trop bas...mais aussi ponctionner une partie de ses marges quand les prix s'avèrent largement supérieurs aux coûts de production, comme c'est le cas aujourd'hui, de manière à les redistribuer aux clients finaux.
Seulement voilà : selon plusieurs observateurs, la mise en œuvre concrète reste pour le moins floue, et n'éloignerait pas le spectre d'une hausse des mensualités pour les particuliers.
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Car en réalité, il existe déjà aujourd'hui un mécanisme de régulation du nucléaire qui, s'il est loin d'être parfait, est censé préserver en partie les consommateurs de la flambée des prix du marché : l'ARENH (Accès régulé à l'électricité nucléaire historique). Concrètement, ce dispositif permet aux opérateurs autres qu'EDF de lui acheter un certain volume à un prix cassé, à 42 euros du mégawattheure (MWh). En 2022, 68% de la production totale d'EDF a ainsi été vendue à ce prix...ce qui n'a pas suffi à protéger les ménages de la flambée des cours sur le marché liée, entre autres, à la guerre en Ukraine, obligeant l'Etat à dégainer son fameux bouclier tarifaire.