Pourquoi EDF et le gendarme de l'énergie s’écharpent sur les vrais coûts du nucléaire
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Raphaël Lafargue / ABACA via Reuters Connect
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... ond sur le cadre de régulation des centrales voulu par l’Etat, alors qu’EDF privilégie des logiques de marché.
C'est à n'y rien comprendre. Alors que la Commission de régulation de l'énergie (CRE) a revu à la hausse les coûts du nucléaire dans un rapport remis mercredi dernier au gouvernement, les grands consommateurs industriels se montrent ravis...et EDF contrecarré dans ses plans. A première vue, c'est pourtant l'inverse qui devrait se produire : une revalorisation du prix de revient des centrales devrait, en toute logique, déplaire aux clients (à la recherche d'une électricité la moins chère possible), et ravir l'exploitant (désireux de vendre ses volumes à un prix plus « juste » au regard de l'augmentation de ses coûts).
Seulement voilà : dans un communiqué publié mardi 19 septembre, l'Union des industries utilisatrices d'énergie (Uniden), « se félicite » de l' « éclairage apporté par la CRE », alors qu'une synthèse du rapport a fuité dans Contexte. Tandis qu'EDF, lui, ne dit mot mais risque bien de perdre une importante bataille. Et pour cause, ce document promet de parasiter ses négociations, en tirant ses prix de vente vers le bas.
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En effet, tandis que l'entreprise comptait vendre, dès 2027, une partie de son électricité à un prix proche de 100 euros le mégawattheure (MWh) à d'importants clients, parmi lesquels les industriels énergo-intensifs ou les fournisseurs alternatifs, la CRE estime, pour sa part, que le coût d'un ruban d'électricité nucléaire a certes augmenté...mais ne dépassera pas les 57 euros par MWh sur la période 2026-2030. De quoi pousser les clients de l'énergéticien historique à demander un prix assez proche de ce montant, et donc bien inférieur à 100 euros/MWh.