Les agences et opérateurs de l’État sont dans le viseur des économies budgétaires. Parmi eux, l’Ademe, l’agence chargée d’accélérer la transition écologique. En Centre-Val de Loire, elle est auditée par Pauline Martin, sénatrice LR du Loiret et vice-présidente de la commission d’enquête.Dans un contexte de réduction attendue dès 2025 du déficit public (175 milliards d'euros en 2024), les agences et opérateurs de l'État, dont le nombre oscille entre 450 et 1200, sont dans le collimateur du Sénat. L'objectif poursuivi par la nouvelle commission d'enquête, créée le 6 février, est de pointer leurs redondances éventuelles face à une tendance inflationniste avérée.
Le budget total alloué aux agences et opérateurs avoisinerait désormais 80 milliards d'euros en 2024. En cause, la politique publique française, qui a fait du millefeuille administratif l'une de ses spécialités. Contrairement à la Suède, qui, lorsqu'elle a créé ses propres agences, a vidé conjointement ses ministères des personnes techniques, la France les aurait superposés, selon Pauline Martin, vice-présidente de la commission sénatoriale.
Chasse aux doublons
« La méthode et l'intention ne sont pas de tailler à la serpe de façon aveugle, mais d'évaluer les doublons de compétences entre les agences et les services de l'État, et d'y mettre fin en les réattribuant précisément, assure Pauline Martin. Il n'est donc pas question de crier haro sur l'Ademe notamment, mais d'essayer d'optimiser l'argent public». Et la parlementaire de citer un cas précis dans sa circonscription illustrant ces doublons. Sur la question de la reconversion des friches industrielles, Pauline Martin cite l'exemple des anciens cinémas Pathé à Orléans, où l'Ademe et la Direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL) « se sont refilées la patate chaude pendant des années ». La friche a finalement été rachetée en 2023 et reconvertie par la métropole orléanaise.