L'Etat va-t-il ponctionner davantage les énergéticiens pour tenter d'absorber une partie de son déficit public, qui a dérapé à 5,5% du produit intérieur brut, contre les 4,9% initialement prévus ? C'est en tout cas une des pistes qu'entend étudier le gouvernement. Celui-ci pourrait, en effet, taxer davantage les superprofits de ces entreprises en remodelant la Contribution sur les rentes inframarginales (CRIM), instaurée au second semestre 2022 au moment où les producteurs pouvaient vendre des mégawattheures à des prix mirobolants sur le marché de l'électricité.
Interrogé sur RTL ce mardi matin, le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire ne s'est pas montré fermé à l'idée d'un élargissement et d'un durcissement de cette taxe, tout en restant résolument opposé à toute autre augmentation d'impôts, y compris sur les entreprises.
En effet, le gouvernement avait tout d'abord estimé que cette taxe sur les superprofits pourrait rapporter une grosse dizaine de milliards d'euros aux caisses de l'Etat : 12,3 milliards d'euros très précisément. Cette estimation, qui reposait sur l'hypothèse selon laquelle les prix de l'électricité allaient se maintenir à des niveaux extrêmement hauts, était largement erronée. Et pour cause, les prix sur les marchés de gros ont sensiblement chuté grâce à la combinaison de plusieurs facteurs : la plus grande disponibilité du parc atomique tricolore, le bon niveau des stocks de gaz et des réserves d'eau dans les barrages, mais aussi une demande énergétique des ménages et des entreprises en nette baisse. Le rendement de cette taxe avait donc été réévalué à seulement 3 milliards d'euros à l'occasion de la loi de finances de fin de gestion (LFG) 2023.