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Déficit public : devant l'Assemblée, Gabriel Attal acte le tournant de « rigueur » de la France

latribune.fr

Publié le 26 mars 2024 à 16:41 - Mis à jour le 26 mars 2024 à 23:00

« Le déficit public pour 2023 s'établit à 154,0 milliards d'euros, soit 5,5 % du produit intérieur brut (PIB), après 4,8 % en 2022 et 6,6 % en 2021 », a indiqué ce mardi matin l'Insee.

« Le déficit public pour 2023 s'établit à 154,0 milliards d'euros, soit 5,5 % du produit intérieur brut (PIB), après 4,8 % en 2022 et 6,6 % en 2021 », a indiqué ce mardi matin l'Insee.

Reuters

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Lors de la séance des questions au gouvernement ce mardi après-midi, le Premier ministre a confirmé la trajectoire de « rigueur » prise par son gouvernement pour combler le déficit public. Selon les chiffres publiés ce matin par l'Insee, celui-ci s'est creusé à 5,5% du PIB en 2023.

Tournant de rigueur. Lors de la séance des questions au gouvernement ce mardi, le Premier ministre Gabriel Attal a donné le ton de la politique budgétaire de son gouvernement durant les prochains mois. En toile de fond, un déficit budgétaire qui s'est creusé à 5,5% du PIB en 2023, selon les derniers chiffres de l'Insee publiés ce mardi matin.

« Nous allons poursuivre sur cette voie de rigueur et de responsabilité avec toujours un fil rouge (...) celui du travail » parce que « plus nous aurons de Français qui travaillent, plus nous aurons de possibilités d'équilibrer nos finances », a ainsi déclaré le Premier ministre en citant « la réforme de l'assurance-chômage », lors de la séance des questions au gouvernement.

Le chef du gouvernement - qui doit animer un séminaire gouvernemental sur le thème du travail mercredi matin à Matignon, avant d'être interrogé par TF1 au journal de 20h - répondait au chef de file des députés Les Républicains Olivier Marleix. Ce dernier a qualifié de « grave » la situation des finances publiques.

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« La réalité c'est qu'il y a eu un ralentissement économique, que face à ça, il faut évidemment une très grande rigueur dans les choix que nous faisons. C'est ce qu'a fait mon gouvernement en assumant un décret d'annulation de 10 milliards d'euros de crédits », s'est justifié le Premier ministre.

Avant d'ajouter :  « Nous avons assumé de prendre ces mesures face à un ralentissement économique et à des recettes moins importantes », en mettant en cause l'épidémie de Covid « qui a frappé le monde entier et qui a évidemment eu un impact sur nos finances ».

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Un déficit en hausse qui menace

Ce mardi matin, l'Insee a dévoilé l'ampleur du déficit public en 2023. « [Il] s'établit à 154,0 milliards d'euros, soit 5,5 % du produit intérieur brut (PIB), après 4,8 % en 2022 et 6,6 % en 2021 », a ainsi indiqué l'institut. Pour rappel, ce n'est pas la première fois qu'il excède les 5% : le déficit avait en effet grimpé à 6,4% en 1993, 7,2% en 2009 et même 9% en 2020.

« Ce chiffre marque une dégradation de 15,8 milliards d'euros par rapport aux dernières prévisions », a indiqué sur le réseau X le ministre délégué aux Comptes publics, Thomas Cazenave.

«Les finances publiques de l'Etat doivent être rétablies. Ma détermination (...) est intacte : je maintiens l'objectif de 3%. Cela demandera beaucoup de détermination et de méthode», a par ailleurs souligné ce matin Bruno Le Maire au micro de RTL, dans la foulée de la publication des chiffres de l'Insee.

En revanche, le ministre de l'Economie a fermé la porte à de nouvelles augmentations d'impôts. « On peut parfaitement faire des économies sur la dépense publique sans aller piocher dans les poches des Français et je reste totalement opposé à toute augmentation d'impôts sur nos compatriotes », a ainsi expliqué le ministre, en relevant que les entreprises aussi « payent des impôts ».

Bruno Le Maire s'est uniquement montré ouvert à une hausse de la contribution sur la rente inframarginale des énergéticiens, gonflée ces dernières années par la hausse des prix de l'énergie.

Des dépenses malgré tout en baisse

Selon l'Insee, les dépenses françaises ont « un peu » ralenti en 2023 : « Elles augmentent de 3,7%, après +4,0% en 2022 », indique l'institut. « En proportion du PIB, les dépenses continuent de reculer et s'établissent à 57,3% du PIB après 58,8% en 2022 », précise-t-il, mais elles restent cependant « sensiblement supérieures à l'avant Covid (55,2% du PIB en 2019) ».

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Les dépenses de fonctionnement (+6,0%) et les prestations sociales « accélèrent » (+3,3%, après +1,2% en 2022), portées « par la revalorisation des prestations indexées sur l'inflation », indique l'institution.

La dette publique française atteint, elle, 110,6% du PIB fin 2023, a précisé l'Institut national de la statistique et des études économiques. C'est moins qu'en 2022, où elle s'affichait à 111,9%, mais presque un point de pourcentage au-dessus de la prévision du gouvernement (109,7%).

L'opposition tire à boulets rouges sur l'exécutif

Ce mardi matin, le premier président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, a regretté mardi le dérapage « important » et « très, très rare » du déficit de la France. « Je ne suis plus surpris, on supputait ce chiffre depuis quelques jours, mais c'est tout de même un dérapage dans l'exécution qui est important, pas tout à fait inédit mais très, très rare », a-t-il estimé lors d'une interview accordée à France Inter.

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« Monsieur Macron est comptable de ce bilan désastreux ! », a réagi de son côté sur X le patron des Républicains Eric Ciotti, évoquant un « chant du cygne » des finances publiques. « La politique du gouvernement est en situation d'échec », a renchéri sur la chaîne Public Sénat le rapporteur du Budget au Sénat, Jean-François Husson (LR), pour qui le ministre de l'Economie et des Finances « Bruno Le Maire est discrédité et décrédibilisé, sa responsabilité est engagée ». « C'est un effondrement de l'autorité de la France en Europe », a-t-il jugé.

Cela présage d'une « saignée sans précédent sur les finances publiques », a regretté sur France 2 Manuel Bompard (LFI), voyant dans le chiffre de l'Insee un « désaveu cinglant », qui serait « d'abord le bilan d'Emmanuel Macron ».

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La pression des agences de notation

La publication de l'Insee intervient à un mois du prochain verdict des agences de notation. Le 26 avril, Fitch et Moody's donneront une nouvelle appréciation de la capacité de la France à rembourser sa dette. La décision de l'agence S&P, la plus redoutée, est, elle, annoncée pour le 31 mai. Une dégradation de la note française pourrait renchérir le coût de ses emprunts et grever encore un peu plus les finances publiques.

Déjà, la semaine passée, l'exécutif avait préparé les esprits. Le déficit public français « sera au-dessus des 5% » du Produit intérieur brut (PIB) en 2023, avait ainsi réaffirmé lundi le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, au micro de RMC. Il avait précédemment prévenu que ce chiffre serait « significativement » plus élevé que les 4,9% initialement prévus.

(Avec AFP)

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