Alors que la question de la disponibilité de la biomasse au regard de ses nombreux usages fait toujours l'objet de vifs débats, l'Agence de la transition écologique (Ademe) entend moins subventionner cette ressource dans le cadre des projets de réseaux de chaleur, auxquels de plus en plus de collectivités se raccordent pour alimenter entreprises, particuliers et établissements publics en chaleur renouvelable.
« Nous allons proposer de baisser les niveaux d'aides de la biomasse sur les projets les moins vertueux », a indiqué Sylvain Waserman, le président de l'Ademe, lors d'un échange avec quelques journalistes ce lundi. L'agence espère que cette nouvelle politique entrera en vigueur dès janvier 2025.
« Il faut que l'aide soit maintenue à un niveau tel que les projets puissent émerger et que la spécificité des territoires soit bien prise en compte », a mis en garde Pascal Guillaume, le président de la Fedene, la fédération qui regroupe les acteurs de la chaleur renouvelable, contacté par La Tribune.
« L'idée n'est pas d'arrêter le soutien à la biomasse, sur laquelle repose 50% des réseaux de chaleur et qui reste nécessaire » dans certaines configurations, notamment dans « les bâtiments mal isolés où de l'eau chaude à 40 degrés n'est pas suffisante », a précisé le président de l'agence gouvernementale. « La biomasse a toute sa place dans la transition énergétique », a-t-il encore voulu rassurer. « La tension aujourd'hui se situe surtout au niveau des plaquettes forestières, l'enjeu est de diversifier les ressources en biomasse notamment vers les pailles et les plaquettes bocagères », a complété David Marchal, directeur exécutif expertises et programmes de l'Ademe.