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ClimatEnergie & Environnement

Orano : arrêtée depuis le coup d’Etat, la production d’uranium redémarre timidement au Niger

latribune.fr

Publié le 16 février 2024 à 11:41 - Mis à jour le 30 septembre 2025 à 20:58

L'année dernière, du fait des perturbations, l'usine de la Somaïr a produit 1.100 tonnes de concentré d'uranium au lieu des 1.800 tonnes attendues.

L'année dernière, du fait des perturbations, l'usine de la Somaïr a produit 1.100 tonnes de concentré d'uranium au lieu des 1.800 tonnes attendues.

Cominak/Orano

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L'industriel français de la valorisation et la transformation des matières nucléaires a annoncé ce vendredi avoir mis la main sur « un certain nombre de réactifs » lui permettant de redémarrer son usine de la Somaïr. Cette dernière avait été arrêtée en septembre suite au coup d'Etat intervenu en juillet dans le pays. Orano a, dans le même temps, annoncé ses résultats pour l'année 2023.

Orano va pouvoir reprendre ses activités au Niger. Ce vendredi, le groupe français spécialiste du combustible nucléaire a indiqué avoir « réussi à récupérer un certain nombre de réactifs, en volume réduit pour le moment » pour permettre le redémarrage de la production, a indiqué Nicolas Maes, directeur général, cité dans un communiqué, en précisant que l'usine « a redémarré tout doucement depuis ce week-end ».

Pour rappel, après le coup d'Etat intervenu le 26 juillet au Niger, l'usine de traitement d'uranium de la Somaïr, filiale d'Orano, avait réduit sa production puis avait été placée en maintenance anticipée début septembre. Le site faisait alors face à l'épuisement des stocks de réactifs chimiques essentiels au maintien de sa production, du fait de la fermeture des frontières de pays voisins du Niger, avait indiqué à l'époque un porte-parole du site.

L'année dernière, du fait des perturbations, l'usine a produit 1.100 tonnes de concentré d'uranium au lieu des 1.800 tonnes attendues, dans un marché mondial de l'uranium estimé à 70.000 tonnes par an. Le Niger fournit 4,7% de la production mondiale d'uranium naturel selon des chiffres de 2021 de l'agence d'approvisionnement d'Euratom (ESA).

Les enjeux pour le groupe sont de continuer à « alimenter l'usine avec les réactifs dont elle a besoin (puis de) trouver des voies pour exporter l'uranium », ce qui représente un défi logistique en raison de frontières encore fermées, a-t-il admis. Ces routes devront être « à la fois sûres » et respecter « les différentes sanctions », a souligné le directeur général.

Orano est redevenu rentable en 2023

Malgré ses déboires au Niger, Orano a annoncé ce vendredi un résultat net part du groupe à 217 millions d'euros en 2023, contre une perte de 377 millions d'euros en 2022.

Le groupe qui emploie 17.000 salariés dans 17 pays, a aussi vu son chiffre d'affaires croître de 13,1% à 4,8 milliards d'euros, soutenu par des prix à la hausse et une augmentation de l'activité de transformation de l'uranium (amont) et de traitement des matières radioactives (aval). Il s'agit, pour cet indicateur, du « meilleur résultat » de l'entreprise depuis la restructuration de l'ex-Areva en 2018, a déclaré à l'AFP David Claverie, directeur financier. Il dépasse en outre les objectifs revus à la hausse au 1er semestre. Orano bénéficie de « la bonne dynamique des activités (et) un meilleur rendement des actifs de fin de cycle (démantèlement, NDLR) » sur les marchés financiers, a-t-il expliqué.

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Nucléaire : le sprint d'Orano pour remplacer l'uranium enrichi russe, notamment aux Etats-Unis

Des perspectives « bonnes et durablement porteuses »

À noter aussi que l'industriel a engrangé des prises de commandes pour 9 milliards d'euros, portant le carnet de commandes à 30,8 milliards (contre 26,1 milliards fin 2022).

«Nos perspectives de marché et de croissance sont bonnes et durablement porteuses», a commenté David Claverie, en citant «le marché des services d'enrichissement et de conversion de l'uranium».

« Grâce à ses bons résultats et notamment son désendettement continu depuis 6 ans, Orano s'est mis en ordre de marche pour accompagner les nouvelles perspectives de l'énergie nucléaire et répondre aux enjeux climatiques et de souveraineté », a déclaré Nicolas Maes.

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Uranium : Au Niger, Orano poursuit ses activités d'extraction... et doit aussi sécuriser une mine fermée pour éviter tout risque radioactif

L'entreprise contrôlée par l'Etat français est spécialisée dans le cycle du combustible nucléaire: mines, enrichissement de l'uranium, recyclage des combustibles usés, mais aussi logistique, démantèlement et ingénierie. Mais le groupe a aussi entamé une diversification depuis plusieurs années. Dans le domaine médical, il travaille au développement d'un traitement anti-cancéreux par alpha-thérapies, qui est actuellement en phase II d'essai clinique. Orano teste aussi un procédé de recyclage des matières issues des batteries de voitures électriques usagées.

Un marché international de l'uranium chahuté

Surtout, Orano tire son épingle du jeu dans un marché mondial de la production d'uranium qui a connu de nombreuses péripéties ces dernières années.

Outre la crise au Niger, les activités d'Orano sont influencées par l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe. Depuis le début de la guerre, l'Europe et les Etats-Unis cherchent notamment à se passer de la Russie pour l'approvisionnement de leurs centrales. Mais ce dernier pays est leur premier fournisseur d'uranium enrichi. Un trou d'air dont tente de profiter Orano. Le groupe français a notamment validé un investissement colossal de 1,7 milliard d'euros pour augmenter de 30% la capacité d'enrichissement d'uranium de son usine au Tricastin.

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Pour satisfaire la demande, Orano a, en outre, signé, le 12 octobre, un accord avec la Mongolie en vue d'exploiter une mine d'uranium d'envergure dans ce vaste pays enclavé entre la Russie et la Chine, a annoncé l'Elysée à l'occasion de la visite d'Etat du président mongol en France, en octobre dernier. Cette mine étant potentiellement l'une des plus importantes au monde, le projet, développé par Badrakh Energy, la co-entreprise entre Orano et l'entreprise publique mongole MonAtomest, est estimé à « plus d'un milliard d'euros », avait indiqué en juin l'AFP, citant une source diplomatique. Ce projet fait suite au pilote industriel déployé «avec succès » par Orano entre 2021 et 2022, selon le groupe français.

(Avec AFP)

latribune.fr

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