Nucléaire : EDF fait fonctionner une centrale française avec de l'uranium enrichi en Russie
Juliette Raynal
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Les quatre réacteurs de la centrale nucléaire de Cruas, en Ardèche.
Wikimedia Commons
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Les quatre réacteurs de la centrale nucléaire de Cruas, en Ardèche.
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L'information est presque passée inaperçue, mais le 5 février dernier, le réacteur numéro 2 de la centrale nucléaire de Cruas, située en Ardèche, a redémarré avec un combustible pour le moins inhabituel. Et pour cause, fin 2023, le réacteur a été partiellement chargé d'uranium de retraitement enrichi en Russie dans l'usine de Tenex, une filiale de l'entreprise publique Rosatom. Une première depuis 2013. Le réacteur fonctionne donc actuellement avec quelque 40 assemblages combustibles de la sorte, en complément d'assemblages combustibles classiques, élaborés, eux, à partir d'uranium naturel enrichi.
Ici, l'uranium de retraitement désigne l'uranium issu des combustibles nucléaires utilisés une première fois dans le parc atomique français, après retraitement dans l'usine de La Hague d'Orano. Il s'agit d'une matière valorisable, et non d'un déchet, qui peut être convertie et enrichie, comme l'uranium naturel extrait des mines, afin d'être utilisée une seconde fois dans les réacteurs du parc nucléaire. C'est ce qu'on appelle, dans le jargon, le mono-recyclage.
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L'électricien avait réceptionné une livraison d'uranium de retraitement enrichi (URE) en provenance de Russie, le 29 novembre 2022, soit neuf mois après l'invasion russe de l'Ukraine. « Il s'agit du retour de la matière envoyée en 2021 qui servira pour la fabrication en France d'assemblages combustibles », avait alors expliqué le groupe tricolore à La Tribune.
Juliette Raynal