Nucléaire : l'exécutif envisage encore davantage d'EPR... Contrairement aux prédictions de RTE
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ERIC GAILLARD
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Cela paraît contre-intuitif : alors que l'avant-projet de loi sur la « souveraineté énergétique » de la France, qui sera présenté en Conseil des ministres dans moins d'un mois, repose sur une relance du nucléaire et met de côté les objectifs de déploiement du solaire et de l'éolien, le parc atomique devrait bientôt décliner au profit des renouvelables. Et ce, même si 14 EPR2, ces réacteurs de troisième génération sur lesquels mise l'exécutif, voyaient le jour d'ici à 2050 comme le souhaite la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher.
À
moins que le gouvernement ne décide finalement d'en construire encore davantage, afin de remplacer le parc historique. Dans un entretien accordé ce week-end à La Tribune Dimanche, Agnès Pannier-Runacher n'a en tout cas pas fermé la porte à une telle option, en affirmant qu'aller au-delà de 14 EPR était « un bon objet de discussion avec les parlementaires ». En mars 2023 d'ailleurs, celle-ci indiquait déjà aux Echos avoir demandé aux industriels du secteur « s'ils savaient aller au-delà de 14 EPR ».À lire également
Cela signifie-t-il que l'exécutif remet en cause les conclusions de RTE, l'organisme chargé d'équilibrer à tout moment l'offre et la demande d'électricité en France ? Dans son étude de référence baptisée « Futurs énergétiques 2050 », commandée par le gouvernement et publiée fin 2021, l'organisme affirmait, en effet, que même en poussant « au maximum » le rythme de construction des EPR, on ne dépasserait pas 14 de ces installations dans l'Hexagone « à l'horizon 2050 et 2060 ». Un chiffre qui ne constitue « pas une hypothèse », puisqu'il « résulte » de « l'addition des contraintes industrielles portant sur la filière nucléaire » et « non d'une contrainte politique », pouvait-on lire dans l'épais document. Si bien que la puissance installée du parc ne dépasserait pas 50 gigawatts (GW) à cette échéance... contre 61,4 GW aujourd'hui.