Première ville française à avoir banni les voitures dans une partie de son centre historique il y a 50 ans, Rouen va presque doubler le nombre de ses rues piétonnes.L'histoire remonte à plus d'un quart de siècle. En 1972, Rouen est la première ville française à rendre aux promeneurs quelques-unes des artères commerçantes de son centre moyenâgeux. Repavées à l'ancienne sans trottoir, la rue du Gros Horloge et les ruelles adjacentes deviennent piétonnes, bannissant au passage les 15.000 véhicules qui les empruntent quotidiennement.
A l'époque, l'initiative est loin de faire l'unanimité chez les Rouennais, mais les grands médias saluent l'audace du maire, Jean Lecanuet, et de son adjoint à l'urbanisme Bernard Canu, principal artisan de la piétonnisation.
«Ils poursuivent une action que les responsables de la voirie parisienne tiennent encore pour chimérique : instaurer la paix entre les automobilistes et les piétons», relate le quotidienLe Mondedans son édition du 8 septembre 1973.
Quatre quartiers
Cinquante ans plus tard, Rouen appuie une nouvelle fois sur le bouton marche. Ou plutôt de la marche. D'ici la fin de l'année prochaine, quatre autres quartiers - pour 17 nouvelles rues - s'ajouteront à la dizaine d'artères déjà livrées aux promeneurs. Soit une augmentation d'un bon quart du linéaire piéton. En parallèle, certaines artères très fréquentées seront fermées de manière temporelle ou partielle. Le tout pour un montant d'investissement chiffré à 2 millions d'euros (hors réfection de la voirie). `
Cette fois, l'argument invoqué par les élus est moins la mise en valeur du patrimoine promu par leurs prédécesseurs que « l'amélioration du cadre de vie et de la santé publique ». Nicolas Mayer Rossignol, maire (PS) de Rouen en est persuadé : le sujet est politiquement moins éruptif que dans les décennies précédentes.