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Coronavirus : Les quartiers pauvres de Madrid partiellement reconfinés

reuters.com  |   |  405  mots
Les quartiers pauvres de madrid partiellement reconfines[reuters.com]
(Crédits : Sergio Perez)

MADRID (Reuters) - Le gouvernement de la région de Madrid a ordonné vendredi un reconfinement partiel de certains des quartiers et faubourgs les plus pauvres de la capitale espagnole, en raison d'une flambée épidémique liée au nouveau coronavirus.

Cette mesure, qui concerne au total quelque 850.000 habitants, entrera en vigueur lundi.

La présidente de la communauté de Madrid, Isabel Diaz Ayuso, a annoncé que les déplacements entre les six zones concernées, et à l'intérieur de celles-ci, seraient limités mais que les résidents pourraient se rendre sur leur lieu de travail.

"Nous devons éviter un confinement, nous devons éviter un désastre économique", a déclaré Ayuso lors d'une conférence de presse. "Nous ne pensons pas que ce soit le moment d'imposer des restrictions à tous les citoyens, mais plutôt d'appliquer des mesures dans les zones que nous avons parfaitement identifiées."

Les quartiers ciblés, a-t-elle précisé, ont un taux de contagion supérieur à 1.000 pour 100.000 habitants.

L'accès aux parcs et à l'espace public y sera restreint, les rassemblements y seront limités à six personnes maximum et les établissements commerciaux devront fermer à 22h00.

Les habitants des quartiers les plus pauvres de Madrid s'estiment abandonnés et stigmatisés et craignent que ces nouvelles restrictions ne les privent de précieux revenus.

Ayuso s'est attiré des critiques cette semaine en déclarant que "le mode de vie des immigrés" était en partie responsable de la forte augmentation des cas de contamination dans ces districts.

Vallecas, l'un des quartiers concernés par les nouvelles mesures, dans le sud de la capitale, concentre un fort taux de pauvreté et d'immigration et affiche l'un des taux d'infection les plus élevés de Madrid, six fois plus que le quartier huppé de Chamberi, dans le nord.

Le système de santé de Vallecas est "paralysé", se plaint une retraitée, Mari Paz Gonzalez. "On est abandonnés. Ils nous ont laissés entre les mains de Dieu."

"Dès que vous traversez le pont, les choses changent. Dès que vous changez de quartier", renchérit une autre retraitée, Carmen Ibarra, rencontrée dans les rues de Vallecas.

L'Espagne, l'un des pays d'Europe les plus endeuillés par la pandémie de coronavirus, a recensé près de 30.500 décès dus au Covid-19.

(Silvio Castellanos et Clara-Laeila Laudette; version française Jean-Stéphane Brosse, édité par Henri-Pierre André)