Iran : Le mouvement de protestation entre dans sa 3e semaine

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Des gens participent a une manifestation apres la mort de mahsa amini, a berlin[reuters.com]
(Crédits : Lisi Niesner)

DUBAI (Reuters) - Des étudiants ont défilé samedi dans plusieurs villes d'Iran et plusieurs mouvements de grèves ont été déclenchés dans la région du kurde du pays alors que le mouvement de protestation déclenché par la mort d'une femme arrêtée par la police entrait dans sa troisième semaine.

Les manifestations contre la mort de Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans décédée peu après son arrestation par la police des moeurs, constituent la plus importante expression de rejet des autorités religieuses iraniennes depuis 2019. La répression de ce mouvement a déjà fait plusieurs dizaines de morts dans tout le pays.

Des publications sur des médias sociaux montraient samedi des rassemblements dans de nombreuses universités, y compris dans la capitale, Téhéran, et certains étudiants aux défilés ont réclamé la libération de personnes arrêtées lors de précédentes manifestations.

Selon le compte Twitter Tavsir1500, très suivi depuis le début du mouvement, des dizaines d'étudiants ont été interpellés à Téhéran ce samedi.

L'agence de presse Fars a rapporté de son côté que des manifestants avaient été arrêtés sur une place proche de l'université.

Tavsir1500 a aussi diffusé une vidéo tournée selon lui aux portes de l'université d'Ispahan et pendant laquelle on entend des tirs d'armes à feu.

Reuters n'a pas pu vérifier l'authenticité de ces publications.

Un site internet officiel avait auparavant rapporté, en citant un porte-parole du ministère de l'Education que la majeure partie des étudiants interpellés avaient été libérés.

Mahsa Amini avait été arrêtée le 13 septembre à Téhéran pour "accoutrement inapproprié" par la police des moeurs, chargée d'appliquer le code vestimentaire très strict en vigueur dans la république islamique.

Les premières manifestations ont eu lieu lors de ses funérailles le 17 septembre et se sont propagées peu à peu aux 31 provinces d'Iran, mêlant toutes les catégories sociales, y compris des minorités ethniques et religieuses.

Amnesty International a fait état d'au moins 52 morts et de plusieurs centaines de blessés liés à la répression du mouvement.

Les autorités ont déclaré de leur côté que de nombreux membres des forces de sécurité avaient été tués et elles ont accusé les Etats-Unis d'exploiter les troubles sociaux pour tenter de déstabiliser l'Iran. Des médias officiels présentent régulièrement les manifestations comme des émeutiers et des insurgés.

(Rédigé par Tom Perry, version française Marc Angrand)

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