À l'Afep, le blues des grands patrons

Fanny Guinochet
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Comme L'Oréal, Dassault, Air liquide et BNP, LVMH fait partie de l'Afep qui regroupe tous les poids lourds de notre économie.
Charles Platiau

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Comme L'Oréal, Dassault, Air liquide et BNP, LVMH fait partie de l'Afep qui regroupe tous les poids lourds de notre économie.
Charles Platiau
L'Afep est un cercle fermé, discret, qui ne s'exprime pas, mais qui est connu pour son lobbying puissant. L'association regroupe tous les poids lourds de notre économie, les grandes familles de dirigeants : L'Oréal, LVMH, Dassault, Air liquide, BNP...Des membres qui se réunissent régulièrement comme mercredi dernier. La plupart des dirigeants étaient, en effet, présents lors d'un petit-déjeuner, excepté Patrick Pouyanné, le patron de Total en déplacement à l'étranger.
Comme toujours, à l'occasion de ces échanges, un tour de table est organisé. Chacun donne la tendance, son sentiment vis à vis de la situation économique, sociale, politique. Mais, contrairement à d'habitude, c'est une vision très noire, très pessimiste qui est ressortie de ces échanges, voire « presque apocalyptique », selon un participant. « Il n'y a que l'Oréal qui était plus mesuré, plus confiant, étant donné que les ventes de cosmétiques se développent », précise un autre. Pour le reste, c'est une vraie douche froide.
Ces derniers mois, les grands dirigeants avaient pourtant affiché un certain optimisme. Bien que la guerre en Ukraine complique le business, ils s'attendaient quand même à une dynamique de reprise.
Face à la grève qui dure depuis plus de trois semaines au sein des raffineries et dépôts français, tous craignent désormais une contagion sociale avec des dérapages. Sans compter que, depuis, la CGT a annoncé une journée de grève nationale mardi 18 octobre. Tous restent traumatisés par les Gilets jaunes, les violences, les destructions de commerces, des banques, les Champs-Elysées pris d'assaut...Les images désastreuses de la France à l'étranger, l'activité à l'arrêt, les touristes qui n'osent plus venir ne leur ont laissé que des mauvais souvenirs.
Sans compter, que ces mobilisations les obligent à se pencher sur la question de la revalorisation salariale dans leurs propres entreprises.
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Au-delà de l'ambiance sociale, tous anticipent une année 2023 très difficile marquée par des prix toujours à la hausse dans l'énergie, des difficultés persistantes d'approvisionnement des matières premières ainsi que par une grande incertitude quant à la croissance chinoise qui ne dépassera pas les 2%. Le pays ne pourra donc pas être la locomotive de la reprise, rôle qu'il a joué en 2008. De son côté, l'Europe apparaît très fragile.
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Fanny Guinochet