A quoi va ressembler la future "police du quotidien" de Macron ?

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Emmanuel Macron a présenté mercredi sa police de sécurité du quotidien, destinée à restaurer la confiance entre les forces de sécurité et la population, fragilisée par des accusations de violences policières et une série d'agressions de policiers, dans un contexte de forte menace terroriste. (Photo prise le 18 octobre 2017. Philippe Wojazer / Reuters)
Emmanuel Macron a présenté mercredi sa police "de sécurité du quotidien", destinée à restaurer la confiance entre les forces de sécurité et la population, fragilisée par des accusations de violences policières et une série d'agressions de policiers, dans un contexte de forte menace terroriste. (Photo prise le 18 octobre 2017. Philippe Wojazer / Reuters) (Crédits : © Eric Gaillard / Reuters)
L'objectif est de restaurer la confiance entre les forces de sécurité et la population, fragilisée par des accusations de violences policières et une série d'agressions de policiers, le tout dans un contexte de forte menace terroriste. Mais cela aura un coût : 10.000 postes supplémentaires de policiers et gendarmes sur le quinquennat, et un budget consacré à la sécurité en hausse de 1,5% en 2018.

Il avait passé un bon moment à l'expliquer dimanche dernier à la télé lors de son premier "grand entretien" télévisé en cinq mois de présidence. Hier mercredi 18 octobre, Emmanuel Macron a présenté en détail ce que sera sa police "de sécurité du quotidien", déclinant sa feuille de route pour le quinquennat devant un parterre de 500 invités - chefs des services territoriaux de la police et de la gendarmerie, directeurs généraux du ministère de l'Intérieur et préfets...

L'objectif est de restaurer la confiance entre les forces de sécurité et la population, fragilisée par des accusations de violences policières et une série d'agressions de policiers, le tout dans un contexte de forte menace terroriste.

Quatorze ans après la suppression de la police de proximité par Sarkozy...

"L'exigence de nos concitoyens est devenue croissante", a-t-il déclaré, rappelant d'emblée l'existence d'une "menace terroriste durablement élevée" avec treize attentats déjoués depuis le début de l'année.

"Je vous demande donc d'être forts et justes", a-t-il ajouté, au moment où était adoptée définitivement la loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme qui doit mettre fin à l'état d'urgence en vigueur depuis les attentats de novembre 2015.

Mesure phare de cette feuille de route, la création d'une police de sécurité du quotidien (PSQ), quatorze ans après la suppression par Nicolas Sarkozy de la "police de proximité" mise en place par Lionel Jospin en 1998.

Une trentaine de villes volontaires pour expérimenter le dispositif

Promesse de campagne d'Emmanuel Macron, ce dispositif fera l'objet d'une concertation jusqu'à la fin de l'année avant d'être expérimenté au premier trimestre 2018 dans une quinzaine de zones, urbaines comme rurales. Une trentaine de villes sont d'ores et déjà candidates.

De la proximité mais avec du lien et de l'agilité

Il ne s'agit pas "de remettre une police de proximité avec des postes de police statiques dans les quartiers, ce n'est pas, comme on l'a parfois dénoncé, aller jouer au foot avec les jeunes, c'est exercer votre métier de policier", a-t-il dit.

Il s'agit de "retisser avec les associations, les élus locaux des formes d'actions rénovées", a-t-il ajouté, après une année marquée par des accusations de violences policières, dont "l'affaire Théo" en février à Aulnay-Sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et d'attaques de membres des forces de l'ordre.

"Réponse ferme" face aux agressions de gendarmes et de policiers

Depuis le début de l'année, dix gendarmes et policiers ont été tués en accomplissant leur mission et plusieurs autres ont été blessés, des actes "inqualifiables" selon Emmanuel Macron qui a réclamé une "réponse ferme et exemplaire".

De la même manière, chaque manquement à la déontologie d'un membre des forces de l'ordre "doit faire l'objet d'une sanction", une mesure "essentielle pour contribuer à améliorer les relations avec la population", a-t-il dit.

10.000 embauches pour calmer la grogne

Face au "malaise" et à la grogne des forces de l'ordre, il a réaffirmé son engagement de créer 10.000 postes supplémentaires de policiers et gendarmes sur le quinquennat, dont 7.000 entre 2018 et 2020. Le budget consacré à la sécurité augmentera de 1,5% en 2018.

Nous n'accepterons jamais que les policiers et les gendarmes soient ainsi menacés. #UnÉtatquiprotège pic.twitter.com/8YgALvT4Ky

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) 18 octobre 2017

Réclamée de longue date par les syndicats policiers, la réforme de la procédure pénale permettra de "libérer" du temps en allégeant la "lourdeur de tâches inutiles et totalement obsolètes" voire "ridicules", a dit Emmanuel Macron. Il a confirmé une "forfaitisation" de certains délits sans explicitement citer les infractions liées au cannabis qui pourraient être concernées.

Un plan quinquennal de numérisation contribuera à alléger la charge de travail des forces de l'ordre, via notamment la possibilité de porter plainte sur internet.

"Tout ne se fera pas en un jour" mais "progressivement vos conditions de travail vont changer, vos moyens vont être renforcés. Le mouvement est engagé, nous veillerons à ce qu'il soit le plus rapide possible", a assuré Emmanuel Macron.

Les syndicats en attente de détails sur les moyens alloués

Présents à l'Elysée, les syndicats de policiers ont globalement bien accueilli les propos du président, en attendant la concrétisation des annonces faites. "Nous lui faisons confiance mais nous restons vigilants", a déclaré Jean-Claude Delage, secrétaire général d'Alliance-Police nationale. "Nous sommes aujourd'hui dans l'attente de ce qui va être proposé pour savoir si oui ou non ce sera acceptable."

Daniel Chomette, de Force ouvrière, aurait souhaité pour sa part "un peu plus de détails quant aux moyens alloués, avec un calendrier un peu plus précis".

 (Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 21/10/2017 à 10:33 :
quelles sont les villes candidates à l'expérimentation ? Marseille pour ses quartiers Nord ? Saint Denis ? Sarcelles ? ....
a écrit le 20/10/2017 à 16:18 :
charli 10 a raison d abors eradique les fillieresde droges et de prostitutions ensuite reprendre contact avec les acteurs du terrain , remettre des animateurs pour s occuper des jeunes, cela a un cout le cout de la fin de la peur dans les quartiers???
a écrit le 20/10/2017 à 16:16 :
charli 10 a raison dabors eradique les filliere de droges et de prostitutions en suite reprendre contact avec les acteurs du terrain , remettre des animateurs pour s occuper des jeunes, cala a un cout le cout de la fin de la peur dans les quartiers???
a écrit le 20/10/2017 à 9:49 :
La suppression de la police de proximité était une des mesures les plus stupides de sarkozy, qui pourtant en a pris quelques unes. Cela a engendré une rupture totale entre les forces de l'ordre et les citoyens alors que l'état d'urgence était instauré il est évident que des comportements exacerbés de tous les côtés ne pouvait qu'être générés.

Et comme ce qui était intelligent car ancré dans le long terme ne reviendra pas en un claquement de doigts.
a écrit le 19/10/2017 à 18:25 :
pourquoi occulter les zones de non droit ! elles sont bien répertoriées comme racine du mal
a écrit le 19/10/2017 à 18:12 :
Tout le monde a intérêt à ce que cela réussisse.
"restaurer la confiance entre les forces de sécurité et la population" cela a du sens si l’on veut maintenir la cohérence d’une société de droit.

Des effectifs supplémentaires sont indispensables, surtout des enquêteurs et des préventeurs. Leur travail risque d’être difficile étant donné le contexte de fracture et de non droit atteint dans certaines zones.

Reste aussi à augmenter les moyens de la justice.
a écrit le 19/10/2017 à 17:42 :
Une police de proximité pardon,….du quotidien, ça ne servira pas à grand-chose.il est trop tard ; le ver est dans le fruit. Ce qui pose problème, la délinquance quotidienne, les zones de non droit, les trafics de drogue, essentiellement dans les ensembles des grandes banlieues, tout cela est en place depuis trop longtemps. L’économie souterraine mise en place depuis quelques décennies arrange beaucoup de monde. Avant d’entreprendre il faut écouter ceux qui sont sur le terrain. Les responsables de l’inefficacité sont désignés : préfets, maires, commissaires, surtout pas de vagues !
Comme dans les prisons, on laisse faire. Il faudra déjà changer les mentalités et les comportements carriéristes de haute hiérarchie.
Et il n’y a pas que la police à transformer et renforcer, La justice et le pénitentiaire sont prioritaires.
Dès le plus jeune âge il faut absolument enfermer en lieu clos les délinquants mineurs. Pas de prison, mais plus de centres spécialisés complètement fermés, avec encadrement et scolarisation adéquats. Il en existe déjà, mais en nombre insuffisant. A la justice d’être moins laxiste. Aux dirigeants d’avoir le courage d’aller contre la bien bien-pensance.
a écrit le 19/10/2017 à 13:49 :
On interprète visiblement, en inversant les causes et les conséquences, c'est une des meilleures manières de maquiller la vérité des faits!

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