Contribution exceptionnelle : Amazon alerte sur la perte d’attractivité de la France
latribune.fr
Le patron d'Amazon France a alerté ce lundi sur la perte d'attractivité fiscale de la France en cas d'instauration de la surtaxe sur les grandes entreprises.
Le directeur général d’Amazon France a déclaré ce lundi que l'entreprise « paierait » la contribution exceptionnelle visant les grandes entreprises si elle était votée. Il a alerté sur la perte d'attractivité fiscale que cela représenterait pour la France.
L'instauration d'une contribution exceptionnelle pour les grandes entreprises dans le budget 2025 n'enchante guère Amazon. Mais le patron de l'entreprise de e-commerce en France, Frédéric Duval, n'entend pas entrer en résistance.
« Oui, nous paierons - si elle est décidée -, la taxe, on est une entreprise légaliste, on applique la loi », a-t-il confirmé ce lundi sur RTL. Tout en ne sachant pas quel montant cela pourrait représenter n'ayant tout simplement« pas regardé ».
Aujourd'hui, l'entreprise américaine de la vente en ligne paie dans l'Hexagone « un peu plus de 500 millions d'euros de taxes » pour « 10 milliards à peu près de chiffre d'affaires », selon Frédéric Duval.
Le patron d'Amazon France n'a, en revanche, pas voulu commenter le bien-fondé d'un tel dispositif fiscal. « Je n'ai pas à dire si c'est normal ou si ce n'est pas normal, ce que je sais, c'est que quand on regarde l'attractivité d'un pays, on regarde aussi la fiscalité », a-t-il commenté, répétant qu'il fallait « que l'attractivité de la France (reste) importante ».
Si Frédéric Duval a refusé d'en dire plus, c'est que le patron d'Amazon France attend sans doute de voir comment les discussions budgétaires vont se dérouler. La semaine dernière, en commission des Finances, la contribution exceptionnelle a bien été votée. Mais pour être adoptée définitivement, elle doit à nouveau être examinée en séance publique au Palais Bourbon - puis au Sénat. Or, les débats parlementaires, qui promettent d'être houleux, débutent ce lundi soir à l'Assemblée nationale.
Pour Amazon, comme pour les autres grandes entreprises, une question se pose : si cette contribution est définitivement adoptée, quelle en sera la forme ? Sera-t-elle considérablement alourdie par rapport au texte initial ? Au contraire, collera-t-elle au projet du gouvernement Barnier ?
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Selon le projet de loi de finances présenté par l'exécutif, début octobre, la surtaxe s'appliquerait pendant deux ans sur les bénéfices réalisés en France en 2024 et 2025, et toucherait environ 400 entreprises. Et pas n'importe lesquelles ! Celles qui réalisent a minima 1 milliard d'euros de chiffres d'affaires. Techniquement, Bercy prévoit deux niveaux d'imposition : « 20,6 % de l'impôt sur les sociétés dû au titre de 2024 pour les entreprises dont le chiffre d'affaires est supérieur ou égal à 1 milliard d'euros et inférieur à 3 milliards d'euros et 41,2% pour celles qui atteignent au moins 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires », indique le texte. Bercy espère engranger ainsi 12 milliards d'euros en deux ans.
Mais faute de majorité parlementaire à l'Assemblée, la probabilité que le gouvernement de Michel Barnier engage sa responsabilité devant le Parlement, en utilisant l'article 49-3 de la Constitution, pour faire adopter le budget est grande. Dans ce cas, c'est la version initiale de la surtaxe, celle souhaitée par Matignon, qui s'appliquerait dès 2025. Sans doute un moindre mal pour le patron d'Amazon France.