Coronavirus : combien l'épidémie coûte-t-elle à l'Etat ?

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(Crédits : POOL New)
Dotation exceptionnelle pour acheter du matériel médical, soutien aux entreprises: chaque jour, l'Etat débloque de nouveaux moyens pour lutter contre la crise engendrée par l'épidémie de Covid-19. Dépense immédiate, différée ou incertaine, voici un décryptage des milliards d'euros d'aides annoncés.

Face à l'afflux de patients contaminés et hospitalisés en réanimation, le gouvernement fait face à des dépenses inévitables pour le système de santé. Mi-mars, le ministre des Comptes publics avait indiqué que la France allait consacrer deux milliards d'euros à la crise sanitaire à l'hôpital, via le financement des arrêts maladie, l'achat de masques et la rémunération des personnels soignants. Mardi, le président de la République a annoncé une dotation "exceptionnelle" de 4 milliards d'euros à Santé publique France pour financer des commandes "en médicaments, respirateurs et marques", qui viennent s'ajouter aux 2 milliards déjà budgetés.

La mesure la plus coûteuse dans l'immédiat reste toutefois le dispositif de chômage partiel mis en place pour les salariés des entreprises à l'arrêt ou au ralenti du fait du confinement. Le gouvernement avait prévu d'engager 8,5 milliards d'euros sur deux mois (dont 3 milliards pour l'Unedic), via la prise en charge d'une partie du salaire des salariés concernés, mais avec plus de 2 millions de personnes déjà entrées dans le dispositif, ce montant va être dépassé, selon le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

Autre dépense directe : le fonds de solidarité pour les petites entreprises et les indépendants, initialement évalué à 1,2 milliard d'euros pour le seul mois de mars, via le versement de jusqu'à 1.500 euros aux entreprises concernées. Mardi, Bruno Le Maire a indiqué qu'il coûterait finalement 1,7 milliard d'euros, le gouvernement ayant abaissé le seuil d'éligibilité à une perte de 50% de chiffre d'affaires sur le mois, contre 70% initialement. Et il sera prolongé au-delà du seul mois de mars.

Des reports de recettes

Certaines aides mobilisées par le gouvernement n'entraînent pas de dépenses immédiates mais un simple décalage dans le temps de la perception de certaines recettes. Le report du paiement des charges sociales et fiscales pour les entreprises en difficulté représente ainsi un manque à gagner d'environ 32 milliards d'euros sur le seul mois de mars, selon la prévision du gouvernement.

507.000 entreprises de moins de 50 salariés ont déjà demandé à en bénéficier, représentant 3,8 milliards d'euros, a indiqué lundi le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin. Les demandes des entreprises de plus de 50 salariés seront connues début avril. Le gouvernement a aussi enregistré à ce jour environ 3 milliards d'euros de décalage d'impôts.

Lire aussi : Coronavirus : des pertes faramineuses pour l'économie française

Si l'Etat devrait pouvoir engranger ces différents impôts et charges une fois la crise finie, des annulations pures et simples ne sont pas à écarter pour les entreprises dont la survie en dépendrait, a toutefois reconnu le gouvernement.

Des dépenses incertaines

L'Etat s'est engagé à garantir jusqu'à 300 milliards d'euros de prêts accordés par les banques aux entreprises pour soutenir leur trésorerie. A ce jour, 3,8 milliards d'euros de crédits garantis ont été demandés aux banques, a indiqué mardi Bruno Le Maire.

Lire aussi : Sous pression, les banques bénéficient d'assouplissements réglementaires inédits

De même, le gouvernement a activé une réassurance publique sur les encours d'assurance-crédit à hauteur de 10 milliards d'euros et une réassurance des crédits-exports de court terme à hauteur de 2 milliards d'euros. Ces montants ne sont pas des dépenses certaines, puisque l'Etat n'aura à débourser le moindre euro que si les entreprises ne peuvent rembourser les crédits souscrits.

Impact de la récession

La France sera en récession cette année, a prévenu le gouvernement, ce qui va entraîner de moindres rentrées fiscales (d'impôt sur le revenu, de TVA, d'impôt sur les sociétés, etc), évaluées dans le budget rectifié adopté mi-mars à 10,7 milliards d'euros. Mais ce montant et les dépenses prévues pourraient être bien supérieurs si la crise se prolonge, ou si le gouvernement est amené à nationaliser ou recapitaliser des entreprises stratégiques en difficulté.

D'ores et déjà, les prévisions de l'impact de l'épidémie sur les finances publiques apparaissent dépassées, avec un déficit qui atteindrait les 3,9% du PIB et une dette qui dépasserait les 100% du PIB cette année. Mais l'enjeu n'est pas vraiment là, Bruxelles ayant mis en suspens les règles budgétaires habituellement en vigueur pour permettre aux pays de débloquer le maximum de moyens contre l'épidémie.

Lire aussi : Le Maire appelle les entreprises activant le chômage partiel à ne pas verser de dividendes

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Commentaires
a écrit le 01/04/2020 à 23:37 :
Après le virus chinois un autres vas arriver le virus code Europe elle et mortes ?
a écrit le 01/04/2020 à 16:42 :
Je pense que le pays a besoin de nouvelles élections à la sortie de la crise , remettre en cause la présidentielle . Ceux qui ont crée cette situation catastrophique pour le pays ne doivent pas persister au pouvoir . Ils ne sont pas la réponse aux problèmes que le pays doit affronter dans ce futur proche . C'est une situation exceptionnelle et requière des gens nouveaux à la tête du pays , on ne pourra pas attendre .
a écrit le 01/04/2020 à 15:17 :
Quand on parle d'état, cela crée dans la tête de certains qu'ils n'y sont pas concernés. Or l'état c'est nous. Donc la note sera payée par les générations présentes et à venir. L'argent n'est pas créé ex-nihilo, ce n'est qu'une créance à rembourser donc une dette supplémentaire. S'il est clair que nous devons nous endetter pour sauver les gens malades et ensuite les entreprises qui nous font vivre, nous devons néanmoins nous poser la question de la prévoyance. Est-ce que la France est prévoyante quand elle dépense plus que ce qu'elle gagne en période normale ? Non, car toute famille prévoyante met de côté une partie de ce qu'elle gagne en épargne pour se prémunir de coups durs. Or la France dépense plus que ce qu'elle gagne depuis 40 ans et au lieu d'un matelas d'épargne elle a une dette abyssale de 2400 Milliards tout en l'augmentant de 100 milliards tous les ans. Ce n'est pas la peine de crier que l'on a trop d'impôts, ils ne pourront qu'augmenter. Ceux qui vous disent le contraire vous mentent.Mettre plus d'argent dans le système de santé oui, mais cela veut dire en mettre moins ailleurs.
a écrit le 01/04/2020 à 13:44 :
mauvais titre l'état c'est nous donc combien ca va couter aux contribuables… beaucoup mais ca ne fait que commencer il va falloir payer donc impot nouveaux hausse de la csg mais aussi rapt sur nos assurances vies et aussi le livret A 250 M a pirater...on va taxer les dépots supérieur a XXX on verra, on mettre une taxe nouvelle sur les carburants… l'état nous fait croire que c'est lui qui paye non et non arretons de jouer a ce jeu idiot liquider ses assurances vie, mettre ses économies sur plusieurs comptes...ne pas oublier que les retraites de la cnav sont payées le 9 du mois suivants parce que les entreprises payent le 5...
a écrit le 01/04/2020 à 10:28 :
Et effectivement je suis en droit de demander des comptes, sans que le président m'insulte en me traitant d'irresponsable.

Quand on fait la balance entre ce qui nous manque pour faire face honorablement à la crise (masques, gel, lits de réa, personnel...) et le coût des mesures palliatives (confinement, achat en catastrophe de matériel étranger, coût des vies perdues , notamment du personnel de santé, mise à l'arrêt brutale de l'économie, perte de récoltes...), on arrive rapidement à un facteur 50,et ce n'est qu'un bilan provisoire.
a écrit le 01/04/2020 à 9:35 :
Quand on voit tout ces dizaine de milliers de milliards stockés et continuant de s'entasser sans que cela ne serve à qui que ce soit on sait que l'argent n'a plus de valeur et plus ses propriétaires le stockent moins eux-mêmes en ont de la valeur.

Un véritable cercle vicieux menaçant directement l'humanité ce manque total de lucidité de nos dirigeants politiques et économiques, cette pathologique cupidité venant de leur profonde peur et ennuie.
a écrit le 01/04/2020 à 9:22 :
ignoble personnage lorsque qu'un pays traverse ces difficulté le chiffrage se fait une fois tout rentrer dans l'ordre et il sera a comparer avec les pays voisin
et sans spéculations
et que vos votre petite vie
a écrit le 01/04/2020 à 9:21 :
ignoble personnage lorsque qu'un pays traverse ces difficulté le chiffrage se fait une fois tout rentrer dans l'ordre et il sera a comparer avec les pays voisin
et sans spéculations
a écrit le 01/04/2020 à 9:12 :
Coronavirus : combien l'épidémie coûte-t-elle à l'Etat ?

reformulons :

Mensonges du président et du gouvernement, mépris et brutalités des gouvernements envers les services de santé publique, quel pognon de dinguer vont-ils couter aux citoyens honnêtes ?
a écrit le 01/04/2020 à 8:56 :
Comme on est dans le calcul :
-population mondiale 7,5 milliards (en 2017)
- grippe saisonnière (source OMS estimation) 1 milliards de cas dont 3 à 5 millions de cas grave entrainant 290 000 à 650 000 décès respiratoires
- Cocid-19 au 1/04/2020 (source Systems Science and Engineering (CSSE) 42341 décès déclarés ,Incompétence dans la gestion d'une épidémie, ....xxxxxx...décès, dommages collatéraux (crise économique, sociale et sanitaire) ...xxxxxxxxxxxxxx...décès.

Définition de fourvoyer : égarer , détourner , mettre dans l'erreur
a écrit le 01/04/2020 à 8:51 :
L'exercice est évidemment méritoire, -merci-, mais il manque de gros postes de pertes: pourriez vous nous chiffrer les sommes colossales perdues en deux mois par la BPI, la Caisse des dépôts, et à travers de tous les dispositifs lancés par les gouvernements successifs depuis 10 ans (Grand Emprunt et autres fariboles). Il suffit pour la BPI de prendre les montants engagés et d'appliquer un minimum de 30% de pertes (on va exploser le coût du chômage partiel, puisque l'on parle de plusieurs dizaines de milliards à l'évidence). Et évidemment, le dispositif de garantie de 300 milliards va aussi couter un max: plus de 10%? La démocratie, c'est effectivement la transparence des chiffres, inconnus même de l'Assemblée Nationale, et seule la Presse peut encore servir de rempart à la dérive des pratiques guerrières actuelles: pour une fois, M.Mélanchon a raison!
a écrit le 01/04/2020 à 8:39 :
Laissons Mère Nature prendre son tribut.... L'Homme s'est cru invulnérable et immortel. Il faut pourtant continuer à vivre. Se confiner n'est pas la solution.
a écrit le 31/03/2020 à 23:02 :
Ce n’est pas les sans-dents, ni les TPE, ni les libéraux ni le système sanitaire qui vont coûter à l’Etat !
Ce sont les sommes qui sont mises pour sauver les CAC40 et autres nationalisables qui vont coûter. Et l’écart entre les premiers et les seconds est phénoménal.
Lors de ses promesses, Macron n’a avancé aucun montant pour soutenir le système hospitalier. Il a juste dit que ça viendrait après...
Bref, les promesses n’engagent que ceux qui y croient... l’austérité européiste n’a que trop duré.
a écrit le 31/03/2020 à 20:09 :
Mettons en sommeil notre défense nucléaire, et achetons des masques!
C'est plus la peine d'investir dans les bombinettes, alors que nous n'avons ni masque ni gel hydroalcoolique, ah gouverner c'est prévoir!!!
a écrit le 31/03/2020 à 20:08 :
Mettons en sommeil notre défense nucléaire, et achetons des masques!
C'est plus la peine d'investir dans les bombinettes, alors que nous n'avons ni masque ni gel hydroalcoolique, à gouverner c'est prévoir!!!
a écrit le 31/03/2020 à 19:59 :
Allemagne, excédent budgétaire, mais 2 fois plus de lits en réanimation, capacités de tests beaucoup plus grande, France déficit budgétaire de 93 milliards d'euros, 2 fois de lits en réa, beaucoup moins de tests.
Chercher à comprendre serait déjà désobéir à notre cher gouvernement.
a écrit le 31/03/2020 à 18:57 :
La bon titre déjà c'est combien coûtera l'épidémie aux Français? Si on se met dans un contexte, règles économiques inchangées, ce sont des impôts pour ceux qui ont la chance d'en payer, mais de grosses difficultés financières pour les plus fragiles, chômage, fermetures d'entreprises, troubles sociaux majeurs , des années pour refaire surface dans un paysage économiques méconnaissable.
Mais on peut espérer qu'à situation exceptionnelles, adaptation des règles économiques. La France n'est pas le seul pays impacté, beaucoup de pays le sont.
La guerre civile pourrait être le scénario noir, mais la politique au sens originel, fera preuve d'imagination,

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