La Banque de France prévoit que le PIB français pourrait reculer de 10,3% en 2020 avant de rebondir à 6,9% en 2021. Les moteurs de l'économie française risquent d'être durablement affectés par la crise.
Les chiffres de la crise sont vertigineux. Selon les dernières prévisions de la Banque de France publiées ce mardi 9 juin, le produit intérieur brut (PIB) tricolore pourrait reculer de 10,3% en 2020, avant de rebondir à 6,9% en 2021 et 3,9% en 2022. La spirale récessive risque de faire des ravages sur le tissu productif français. La mise sous cloche de l'économie pendant deux mois a plongé un grand nombre de secteurs d'activité dans un épais brouillard. Depuis le 11 mai, beaucoup d'entreprises ont pu redémarrer dans des conditions parfois incertaines et d'autres sont restées paralysées comme dans la restauration ou l'hôtellerie.
Avec ces projections, même s'il reste de nombreux aléas, le scénario d'une reprise en V avec un rebond très rapide des moteurs de l'économie s'éloigne de plus en plus. "Il y a une assez nette reprise de l'activité au mois de mai. Le point bas de l'activité a sans doute été atteint au mois d'avril. La reprise va se poursuivre mais ce n'est qu'en 2022 que l'économie française devrait retrouver son niveau pré-crise de décembre 2019", a expliqué l'économiste et directeur général des études Olivier Garnier lors d'un point presse.
Au niveau mondial, les prévisions ne sont guère réjouissantes. Faute de traitements et moyens de protection suffisants, de multiples États ont mis en oeuvre des règles de restriction très drastiques. Après des semaines entières à l'arrêt, beaucoup de pays et secteurs ont pu redémarrer mais là encore, de nombreuses incertitudes subsistent.
La mise à l'arrêt de pans entiers de l'économie française et l'inscription de millions de personnes au chômage partiel a entraîné un plongeon historique de la demande intérieure alors qu'elle représente un moteur majeur de l'économie tricolore. Elle pourrait chuter de 9,8% cette année avant de repartir à 7,8% en 2021 et 4,3% en 2022. De son côté, la consommation des ménages, qui représente une contribution positive à la croissance, devrait fortement se replier à 9,3% en 2020. "La consommation pourrait être considérablement affaiblie par la crise", signale la Banque de France.
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