Covid-19 : le gouvernement français veut un week-end de confinement strict

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Le gouvernement veut faire respecter le confinement imposé pour freiner l'épidémie de coronavirus.
Le gouvernement veut faire respecter le confinement imposé pour freiner l'épidémie de coronavirus. (Crédits : Benoit Tessier)
Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a annoncé vendredi que le dispositif de l'opération Sentinelle de lutte contre le terrorisme va "monter en puissance" dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Vendredi, le bilan en France s'est alourdi à 450 morts et 5.226 hospitalisations liées au Covid-19.

Premier week-end printanier sous tension : les autorités françaises sont déterminées samedi à faire respecter le confinement imposé pour freiner une épidémie de coronavirus qui a déjà tué 450 personnes dans le pays, le jugeant insuffisamment respecté.

Les restrictions décrétées pour endiguer la propagation du nouveau coronavirus seront appliquées "de façon plus stricte encore", a prévenu le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, avec des contrôles dans les gares (seulement 15% des trains grandes lignes circuleront) et les aéroports. Des amendes forfaitaires de 135 euros seront dressées en cas de "violation des interdictions de se déplacer hors de son domicile". Des personnes déjà verbalisées pour sorties non justifiées ont ainsi été placées en garde à vue pour "mise en danger de la vie d'autrui".

Le dispositif de l'opération Sentinelle de lutte contre le terrorisme va "monter en puissance" dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, a également déclaré vendredi Christophe Castaner.

Hors de question de revoir les scènes du week-end précédent, avec l'affluence dans les rues piétonnes, les parcs, les forêts. Déjà, les fermetures de lieux emblématiques se sont multipliées, des quais de Seine à Paris à la promenade des Anglais à Nice, où un couvre-feu sera imposé dans les tout prochains jours, selon l'entourage du maire.

"Ne partez pas en week-end", insistait vendredi le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon. Alors que l'épidémie pèse lourdement sur les services de santé, "vous risquez de transporter sans le savoir le virus des grandes villes vers les campagnes" ou d'arriver "dans une zone où il n'y a pas forcément d'infrastructures sanitaires capables de prendre en charge beaucoup de malades".

Lire aussi : La France n'a que trois lits en soins intensifs pour 1.000 habitants pour mener la guerre contre le Covid-19

450 morts et 5.226 hospitalisations en France

La prolongation du confinement, décrété jusqu'à fin mars, "n'a pas été actée", selon Christophe Castaner. Mais tout laisse penser qu'elle le sera tôt ou tard, comme en Italie, qui enregistre le plus de décès au monde (plus de 4.000, devant la Chine). Le confinement pourra cesser "quand le virus ne circulera plus", a jugé Olivier Véran, le ministre de la Santé, estimant le nombre de malades en France à 20.000. La majorité d'entre eux ne sont pas testés, donc pas détectés.

L'épidémie avait causé vendredi la mort de 450 patients (78 supplémentaires en 24 heures) et entraîné l'hospitalisation de 5.226 malades, dont près de 1.300 en réanimation, selon le ministère de la Santé. Près de 1.600 patients ont quitté les hôpitaux, guéris.

"La moitié des patients en réanimation ont moins de 60 ans", a rappelé Jérôme Salomon, qui a prévenu, en écho à l'Organisation mondiale de la santé, que l'épidémie touche aussi des "adultes jeunes".

La région Nouvelle-Aquitaine devient la septième région la plus touchée - après le Grand Est, la Corse, l'Ile-de-France, les Hauts-de-France, la Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône Alpes. "Face à l'urgence et à l'ampleur de l'épidémie", notamment en Ile-de-France, les hôpitaux de Paris (AP-HP) lancent un appel pressant aux "professionnels médicaux et paramédicaux disponibles dans les semaines à venir pour renforcer les équipes de ses 39 hôpitaux."

"On attend la vague de patients graves en espérant que ce ne sera pas un tsunami", écrit le Dr Laurent Thines, neurologue du CHU de Besançon dans Mediapart.

Des "difficultés logistiques" pour les masques

Outre la mise en place imminente d'un hôpital militaire près de Mulhouse (Haut-Rhin), la marine nationale va évacuer ce week-end des patients de Corse vers le continent. Le Pr Salomon a pour sa part évoqué "une recrudescence des cas d'anosmie", signalée par les ORL en lien avec le virus. Il s'agit d'une "disparition brutale de l'odorat sans obstruction nasale et qui peut survenir de façon isolée", qui nécessite d'appeler son médecin traitant pour éviter toute automédication.

Sur le sujet sensible des masques, alloués en priorité aux soignants mais que de nombreuses professions au contact du public réclament, le gouvernement a reconnu des "difficultés logistiques". Un collectif de personnalités, dont l'épidémiologiste Catherine Hill, appelle le gouvernement à "organiser la production de masques" et à "tester et isoler les personnes contaminées".

L'état d'urgence sanitaire examiné samedi à l'Assemblée

Le Parlement a adopté définitivement vendredi le volet financier des mesures d'urgence face au coronavirus, mais les débats se sont éternisés à l'Assemblée sur l'autre texte permettant d'instaurer un état d'urgence sanitaire, repoussant son adoption au week-end.

Combiné au projet de loi d'urgence voté en première lecture au Sénat et qui sera examiné samedi par l'Assemblée nationale, le texte prévoit 45 milliards d'euros pour aider les entreprises en difficulté et de financer le chômage partiel des salariés.

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a appelé les entreprises à verser une prime défiscalisée à leurs salariés, notamment à ceux qui "ont eu le courage de se rendre sur leur lieu de travail" dans les secteurs essentiels. La France s'emploie par ailleurs à organiser le retour d'environ 130.000 ressortissants bloqués à l'étranger, en général pour des vacances.

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a écrit le 23/03/2020 à 9:40 :
"Mais la concurrence s'intensifie déjà avec celles des pays d'Europe et du bassin méditerranéen, du Maroc notamment..."

Ben oui faut déjà éviter les contrôles de Police... c'est bien ça si j'ai bien compris non ?

Vous êtes incompréhensibles les gars et le pire c'est que l'on voit que cela ne vous gène pas, faites attention on ne vous entend plus, vous parlez de bien trop loin.
Réponse de le 23/03/2020 à 10:12 :
P.S.:

"Mais la concurrence s'intensifie déjà avec celles des pays d'Europe et du bassin méditerranéen, du Maroc notamment..."

A remplacer par

" à ceux qui "ont eu le courage de se rendre sur leur lieu de travail"

Sinon c'est difficilement compréhensible. Merci.
a écrit le 22/03/2020 à 19:09 :
Effectivement, on ne part pas en week-end quand on est confiné. Et on ne participe pas à des "teufs" cachées la nuit pour tromper le confinement. Mais fermer les parcs et jardins est une forme de surenchère pudibonde anti-hygiéniste. Bientôt on nous demandera aussi de faire pénitence et de pleurer en public, sans doute ? Il faut maîtriser ses nerfs. Y compris quand on est un élu de la République et qu'on n'a pas fait ce qu'il fallait avant pour préparer la France à faire face à une telle situation appelée pourtant à se répéter souvent : on a vaincu les maladies bactériennes au 20ème siècle avec les antibiotiques, et la mondialisation favorise la propagation des virus qui deviennent donc le mode naturel de régulation de la population. Surtout quand cette population refuse tant la vaccination par ailleurs...
a écrit le 22/03/2020 à 13:27 :
Plus que d'accord pour le respect des textes ministériels. Mais les gendarmes chargés des contrôles se prennent pour la bac et et agressent les personnes âgées-en règle sur tous les points mais accusés de faits qui n'existent pas: "la marche n'est pas une activité sportive, on n'a pas le droit de cocher plusieurs motifs par autorisation, etc. " cela -par abus de pouvoir ! Attention à ce que cela ne dégénère et que la population ne réagisse. Cette triste représentation de la Justice ne s'attaque d'ailleurs pas aux groupes de voyous émanant, dans notre cas, de Marseille...
a écrit le 21/03/2020 à 12:02 :
Résumons: se dégourdir les jambes pendant 10 minutes à moins de 200m de chez soi, dans une rue totalement déserte, sans parler à personne et en changeant de trottoir avant de croiser quelqu’un de manière à garder au minimum 10m de distance, est un acte dangereux, insensé, anti-citoyen puni de 135€ d'amende. Soit.
Par contre, prendre les transports en commun pour aller travailler lundi dans un secteur marchand non essentiel (c'est à dire hors santé/soins, sécurité publique et chaîne logistique alimentaire), avoir des interaction inéluctables avec des dizaines de collègues sans masque ni gants, partager des infrastructures (poignées de porte, lavabos, réfectoire...), des matériels (machine, outillage, transpalette, conditionnement, PC, volant de véhicule etc) totalement impossibles à désinfecter après chaque utilisation, ça ne pose aucun risque particulier...
Euh... il n'y aurait pas un léger problème de cohérence quelque part ?
Réponse de le 21/03/2020 à 23:31 :
Ca ne date pas d'hier les stupidités et incohérences des gouvernements français,surtout celui actuellement avec le Covid19,suffit de voir Agnès Buzzin.
Un jolie groupe de clown.

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