Malgré la maladie, les salariés français passent une bonne partie de leurs jours d'arrêt de travail à poursuivre leur activité. Selon une enquête du ministère du Travail, un jour de maladie sur quatre est passé au travail. Les employés qui cumulent seulement 1 à 2 jours de maladie dans l’année passent en moyenne 83 % de ces jours au travail. Lorsque les salariés cumulent 3 à 5 jours de maladie dans l’année, ils passent plus de 60 % de ces jours au travail en moyenne. Dans ce contexte de pandémie mondiale, un tel phénomène pourrait faciliter la circulation du virus alors que les entreprises...... été identifiées comme des clusters importants.
Fièvre, maux de gorge, toux, difficultés respiratoires, grippe... Venir au travail tout en étant malade est loin d'être un phénomène isolé en France. Selon une enquête du ministère du Travail rendue publique ce mercredi 5 août, plus d'un jour d'arrêt maladie sur 4 s'est traduit par du présentéisme au travail (27%), un comportement qui consiste à se rendre sur son lieu de travail dans un état affaibli. Ce qui signifie que sur les 11 jours d'arrêt maladie déclarés en moyenne en 2017, les salariés affirment être allés au travail pendant trois jours malgré un arrêt de travail prescrit par un médecin. Avec la crise du coronavirus, ce présentéisme, qui peut être accentué par des pressions hiérarchiques, des mauvaises conditions de travail, pourrait avoir des conséquences sanitaires désastreuses si la circulation du virus s'amplifie. Récemment, l'agence Santé publique France a révélé dans un bulletin que les entreprises privées et publiques représentaient une forte proportion (20%) de clusters sur le territoire français.
La France, championne d'Europe du présentéisme
Les travailleurs français sont en tête des pays européens en matière de présentéisme. Selon les données communiquées par la direction statistique du ministère du Travail (Dares), 62% des salariés français ont déjà fait du présentéisme au cours de l'année 2015 contre 42% des salariés à l'échelle de l'Union européenne. Cette culture du présentéisme à la française peut pourtant avoir des conséquences économiques délétères en termes de productivité et de coût pour la collectivité. "Cette pratique a en moyenne pour effet d'aggraver les problèmes de santé des salariés et d'augmenter à moyen et long terme, le nombre des absences pour raisons de santé", explique l'étude.
Les cadres et seniors en première ligne
Parmi les catégories socioprofessionnelles étudiées, les cadres (non encadrants) sont ceux qui ont la plus forte propension au présentéisme. Sur 6 jours d'arrêt maladie par an en moyenne, ils sont absents 4 jours et présents deux autres jours. Ce qui représente environ un tiers de jours de présence. Viennent ensuite les professions intermédiaires (31%), les cadres encadrants (30%), et enfin les employés et ouvriers (25%). Il existe également des divergences selon les secteurs. Ainsi, les salariés travaillant dans l'agriculture (42%) ont une plus forte propension au présentéisme que dans les services (28%), l'industrie (26%) ou la construction (22%).