Croissance : la France fait mieux que la zone euro en 2019

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La construction pourrait pâtir du ralentissement des travaux publics à l’approche des élections municipales explique l'Insee.
"La construction pourrait pâtir du ralentissement des travaux publics à l’approche des élections municipales" explique l'Insee. (Crédits : REUTERS/Gonzalo Fuentes)
Le PIB de l'économie tricolore a progressé de 1,3% en 2019 contre 1,1% en zone euro selon les derniers chiffres de l'Insee. Pour le premier trimestre 2020, l'institut de statistiques anticipe un léger coup de frein de l'activité en France à 0,2% contre 0,3% au dernier trimestre 2019. Pour l'instant, les mouvements sociaux en cette fin d'année aurait un impact macroéconomique limité.

La résistance de l'économie tricolore s'est confirmée en cette fin d'année. Selon les derniers chiffres de l'institut national de la statistique publiés ce mardi 17 décembre, la croissance trimestrielle du produit intérieur brut tricolore au cours de l'année 2019 serait légèrement supérieur à celle de la zone euro en moyenne. Le tableau dressé par les statisticiens montre que l'activité en France a progressé de 0,3% à chaque trimestre contre 0,2% dans l'union monétaire à l'exception du premier trimestre (0,4%). En ce qui concerne les projections, les économistes anticipent un rapprochement des rythmes de croissance pour le premier semestre 2020 (0,2% au T1 et 0,3% au T2 pour la zone euro et la France). Lors d'un point presse, le directeur du département de la conjoncture, Julien Pouget, s'est montré légèrement plus optimiste sur la situation internationale.

"L'année 2019  a été marquée par de nombreuses incertitudes politiques, incertitudes économiques. Tensions protectionnistes, Brexit, interrogation sur la croissance chinoise, les difficultés dans l'automobile...en cette fin d'année, il semble que le tableau ne soit pas complètement sombre. Certaines incertitudes se réduisent un peu. La perspective d'un Brexit dur semble s'éloigner compte tenu de l'accord négocié il y a deux mois et des résultats des élections générales. Les Etats-Unis soufflent le chaud et le froid sur les négociations commerciales mais ils semblent désireux de vouloir aboutir à un accord avec l'élection présidentielle à venir. Sur le plan économique, la crainte d'un retournement conjoncturel global semble s'atténuer. En même temps, on peine à discerner les facteurs qui seraient susceptibles de redonner du souffle à l'économie mondiale. Il faut se contenter d'un tableau en clair obscur avec des facteurs de soutien monétaire et budgétaire".

L'Allemagne et l'Italie à la peine

Augmentation des droits de douanes, Brexit, coup de frein en Chine, ...les économies dépendantes des exportations et du commerce extérieur comme l'Allemagne ont particulièrement souffert cette année. En outre, la montée des exigences environnementales, des normes antipollution ont contribué à accroître les difficultés de l'industrie automobile allemande. Après avoir connu une récession technique en fin d'année 2018, l'économie outre-Rhin a rebondi au premier trimestre (+0,5%) sans connaître de véritable embellie jusqu'à la fin de l'année. L'économie allemande a évité de peu une récession au troisième trimestre après avoir connu un second trimestre en repli (-0,2%).

En Italie, l'atonie de l'activité persiste. Selon les chiffres communiqués par l'institut basé à Montrouge, le PIB trimestriel a augmenté à chaque trimestre de seulement 0,1%. L'économie italienne reste plombée par des faibles gains de productivité et un chômage relativement supérieur à ses principaux voisins. Pour les six premiers mois de l'année 2020, les économistes de l'Insee anticipent une légère amélioration des clignotants économiques.

"En zone euro, les indicateur conjoncturels suggèrent qu'à l'horizon mi-2020, l'activité économique ne ralentirait pas davantage, elle pourrait même légèrement accélérer. Les grands pays de la zone euro ont mis en place des mesures de soutien aux ménages. Certes, une partie contribuerait à l'accroissement de l'épargne  mais la demande intérieure résisterait. La croissance de la zone euro pourrait passer de 0,2% par trimestre à 0,3% au printemps 2020. L'acquis de croissance, c'est à dire le taux de croissance qui serait atteint en 2020 si l'activité ne progressait pas au second semestre, s'élèverait à 0,7% en zone euro après 1,1% sur l'ensemble de l'année 2019" a ajouté Julien Pouget.

La grève n'a pas modifié les prévisions pour l'instant

Le produit intérieur brut de la France devrait connaître un rythme régulier cette année avec une hausse de 0,3% pour chacun des trimestres de l'année 2019 selon les dernières estimations de l'Insee. Les statisticiens n'ont pas révisé leurs prévisions depuis leur note de conjoncture du mois d'octobre malgré les mouvements sociaux en cette fin d'année.

"C'est un peu tôt pour avoir une estimation de l'impact macroéconomique de ces grèves. Pour l'instant notre prévision est robuste. Si la grève durait pendant toutes les vacances de Noël, elle serait susceptible d'être revue à la baisse. Dans quelle proportion ? Ce type de mouvement peut avoir un impact microéconomique assez marqué mais un impact macroéconomique modéré. Les transports ferroviaires, le commerce et le tourisme pourraient être affectés mais il peut y'avoir un effet de report d'un trimestre à l'autre et puis des effets plus diffus d'image ou d'attractivité par exemple sur le tourisme" a précisé l'économiste.

Une croissance portée par la demande domestique

Sans surprise, le principal moteur de l'économie tricolore reste la demande interne. En 2019, la contribution de ce facteur au produit intérieur brut est estimée à 1,8 point tandis que le commerce extérieur (-0,3 point) et les stocks (-0,2 point) ont plombé la croissance. Les mesures d'urgence économiques et sociales décidées à la suite du mouvement des "gilets jaunes" et quelques mesures de soutien budgétaires ont permis de regonfler le porte-monnaie des Français. En dépit de ces gains de pouvoir d'achat et un redressement de la confiance des ménages, la consommation est restée en deçà des prévisions.

"Au niveau global, ces gains de pouvoir d'achat ne semblent pas avoir été immédiatement consommés : les dépenses de consommation des ménages augmenteraient en effet moins rapidement, à +1,2 % en 2019, soit une évolution inférieure d'environ un point à celle du pouvoir d'achat. En général, après un choc positif de pouvoir d'achat, la consommation des ménages ne s'ajuste à la hausse qu'avec un certain délai, qui peut atteindre plusieurs trimestres selon le type de dépenses" expliquent les auteurs de la note de conjoncture.

Les élections municipales favorables à l'investissement

Si la consommation n'a pas toujours été au rendez-vous, le contexte électoral a pu joué un rôle favorable en faveur de la demande. En effet, les élections municipales peuvent doper l'investissement public. Selon des travaux réalisés par l'organisme de statistiques, "la production dans la construction augmente de 2 points de pourcentage de plus en rythme annuel tandis que l'emploi salarié augmente de 17.000 en moyenne de plus qu'habituellement". En revanche, l'activité dans la construction devrait marquer le pas au cours du premier trimestre 2020 à l'approche des élections municipales.

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Commentaires
a écrit le 18/12/2019 à 7:51 :
Amusant: un pays paralysé par les grèves devient la locomotive de l'Europe. Cela justifie un Frexit.
a écrit le 18/12/2019 à 7:44 :
Les gilets jaunes et les syndicats vont se charger de faire rentrer dans le rang la croissance de la France... On peut compter sur eux pour relancer le chômage !
a écrit le 17/12/2019 à 22:03 :
Et à quel prix cette croissance ?
La BCE imprime à tout va et ça ne prend pas en compte l’inflation. En gros, on est en décroissance mais si le gouvernement l’exige on fait dire ce qu’on veut aux chiffres...
a écrit le 17/12/2019 à 18:52 :
En général.. c'est lors d'une catastrophe ou d'un événement non prévue que le PIB augmente... peut être un petit merci au "Gilet Jaune" !
a écrit le 17/12/2019 à 18:47 :
Ce n'est pas une croissance saine elle est due en grande partie à la demande intérieure ce qui veut dire que l'on achète plus de produits étrangers que ce que l'on fabrique, ce qui aggrave le déficit de la balance commerciale, et qu'il faudra s'endetter en plus, qui va fragiliser nos entreprises par la concurrence extérieure, augmenter notre chômage et rajouter plus d'impôts ! Cercle vicieux de la désindustrialisation, des déficits et de la pression fiscale.
Réponse de le 17/12/2019 à 21:02 :
Oui, vous avez bien mis au point la spirale négative de l'économie française, dont les occasionels petits signaux positifs ne sont que les effets illusoires et de court terme de l'endettement toujours croissant.
a écrit le 17/12/2019 à 18:45 :
Belle performance au vu du contexte social et de toutes les heures perdues à manifester
a écrit le 17/12/2019 à 18:25 :
... c'est normal...les autres n'ont pas les Gilets Jaunes, ni la CGT, ni le caractère "Gaulois" des Français.
Vive la France.
a écrit le 17/12/2019 à 18:24 :
Cette croissance est uniquement due à l'immigration de masse en France.

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