Démographie : à la traîne, Paris continue de voir sa population décliner

Paris arrive deuxième au classement des dix communes de plus de 100.000 habitants ayant la population la moins dynamique.
Philippe Wojazer

Paris arrive deuxième au classement des dix communes de plus de 100.000 habitants ayant la population la moins dynamique.
Philippe Wojazer
Sur le front démographique, la capitale française n'est plus aussi dynamique qu'auparavant. Paris obtient la deuxième place au classement des dix communes de plus de 100.000 habitants ayant la population la moins dynamique. Juste après Mulhouse (Grand-Est) et devant Argenteuil (Île-de-France). Selon les derniers chiffres de l'Insee publiés fin décembre, la population de la capitale a baissé en moyenne de 0,59% par an entre 2016 et 2022. Entre 2011 et 2016, cette moyenne était de -0,54%.
Un triste constat attribué, en partie, au solde naturel. Pour rappel, ce dernier représente la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès. Or, en moyenne, par année, sa contribution a été moindre. Le solde naturel est ainsi passé de 0,69% entre 2011 et 2016 à 0,58% entre 2016 et 2022.
Malgré tout, avec une population de plus de 2,1 millions d'habitants, Paris contribue à faire de l'Île-de-France la région la plus peuplée, « avec 12,4 millions d'habitants, soit 18% de la population française », précise l'institut. Force est de constater que la dynamique s'est, là aussi, tassée. La région-capitale a vu sa population augmenter de 0,36% entre 2016 et 2022, soit 0,8 point de moins qu'entre 2011 et 2016.
Plus largement, les régions les plus dynamiques sont à chercher du côté des littoraux atlantique et méditerranéen. La région Provence-Alpes-Côte d'Azur a vu sa population augmenter de 0,49% par en moyenne entre 2016 et 2022 et l'Occitanie de 0,77%. Dans l'Ouest et le Sud-Ouest, la population de Bretagne est passée à 0,58% et celle de Nouvelle-Aquitaine a pris 0,49%.
Du côté des grandes villes, Montpellier arrive en tête du classement des communes de plus de 100.000 habitants avec la population la plus dynamique. Elle a augmenté de 1,45% par an en moyenne. Toulouse se place troisième avec 1,23% et Bordeaux 9e avec 0,86%. Dans l'Ouest, Nantes arrive 5e (0,97%) et Rennes (0,87%) est 8e. Dans le Sud-Est, Toulon est quatrième (1,07%). Dans ces régions, le solde migratoire contribue à ce résultat, le solde naturel étant très bas, voire négatif pour certaines comme la Bretagne (-0,11%) ou encore la Nouvelle-Aquitaine (-0,19%).
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

À l'inverse, les régions à la traîne - avec une population qui stagne - sont les Hauts-de-France (-0,02%), le Grand Est (0,01%), la Normandie (0,02%), la Bourgogne-Franche-Comté (-0,09%) et le Centre-Val de Loire (0,02%). Outre Mulhouse, Paris et Argenteuil, Reims est l'une des communes avec la population la moins dynamique, en baisse de 0,43%, ainsi que Le Havre (-0,38%) et Limoges (-0,37%).
Dans les départements d'outre-mer, la population est globalement en hausse en Guyane et à La Réunion. En revanche, elle baisse en Martinique et en Guadeloupe. « La plupart des départements du quart nord-est, la Martinique et la Guadeloupe perdent des habitants en raison d'un déficit migratoire », précise l'Insee. Et complète :
À lire également
Enfin, à l'échelle nationale, la croissance de la population française est en baisse. D'après l'Insee, « la baisse du solde naturel entraîne une moindre croissance de la population française ». En moyenne par année, elle est passée de 0,44% entre 2011 et 2016 à 0,35% entre 2016 et 2022.