Dépense publique : quand le Medef fait la leçon au gouvernement

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Pour réduire la dépense publique, le Medef s'est surtout contenté de sortir sa calculatrice
Pour réduire la dépense publique, le Medef s'est surtout contenté de sortir sa calculatrice (Crédits : Flickr/Kārlis Dambrāns. CC License by.)
L'organisation patronale souhaite une réduction de la dépense publique pour financer une réforme fiscale d'envergure susceptible de redresser la compétitivité des entreprises.

Que le gouvernement se rassure. S'il cherche des solutions pour réduire la dépense publique, le MEDEF est prêt à l'aider.

Lors d'une conférence de presse organisée ce lundi, Geoffroy Roux de Bézieux, le vice-président délégué de l'organisation patronale et Anne-Marie Couderc, la présidente du pôle Sphère publique du Mouvement ont égrené les solutions. " Il faut rappeler que la France ne parvient toujours pas à respecter ses engagements en matière de réduction des dépenses publiques. Depuis 2011, elle a obtenu trois sursis de la part de la Commission européenne ", a rappelé Anne-Marie Couderc.

Que retenir des propositions du MEDEF ? La plupart des suggestions étaient déjà connues, l'organisation patronale ne perdant que rarement l'occasion de les énumérer. " Redéfinir clairement les missions de la sphère publique ", demander " plus de rigueur dans la gestion des effectifs des trois fonctions publiques pour stabiliser la masse salariale dans le secteur public ", appeler à "une révolution managériale pour accompagner les carrières des femmes et des hommes ", sont des propositions qui relèvent plutôt de l'incantation que d'un programme d'actions, même si les déclarations d'Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, sur le statut des fonctionnaires incitent le MEDEF à battre le fer déjà rougi.

La réforme des retraites, toujours sur la table

Dans le domaine social également, les solutions du Mouvement ne sont pas nouvelles. " Rétablir les comptes de la protection sociale en 2020 », réformer les retraites et reculer l'âge du départ à la retraite, relever la durée de cotisation " sont, par exemple, des recommandations anciennes, et répétées, du MEDEF.

Bien évidemment, cette prodigalité de conseils n'est pas désintéressée. Selon l'organisation patronale, réduire la dépense publique permettrait enfin d'envisager la réforme fiscale jugée nécessaire pour redresser la compétitivité des entreprises. " Il faut rappeler que la charge fiscale pesant sur les entreprises a augmenté de 41 milliards d'euros depuis 2011. Le CICE et les allègements fiscaux contenus dans le Pacte de responsabilité, qui représentent une économie de 35 milliards d'euros, ne compensent absolument pas ce choc fiscal ", déclare Geoffroy Roux de Bézieux.

Sur ce point, le Medef est bien plus précis. Pour réduire l'écart de 134 milliards d'euros par rapport à l'Allemagne en termes de prélèvements obligatoires sur les entreprises (impôts et charges), l'organisation patronale estime que le Pacte de responsabilité devait être complété. Précisément, elle estime " nécessaire et possible " d'abaisser de 50 milliards d'euros supplémentaires la fiscalité des entreprises, et de 30 milliards d'euros le coût du travail.

Refonder la fiscalité des « parties prenantes »

Comment ? En supprimant des impôts sur les facteurs de production, comme par exemple la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), en plafonnant les impôts locaux des entreprises et en abaissant le taux de l'impôt sur les sociétés.

Après avoir une nouvelle fois émis le souhait de voir l'Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) supprimé, Geoffroy Roux de Bézieux a également appelé à revoir la " fiscalité des parties prenantes ", c'est-à-dire des investisseurs. En clair, il veut que la fiscalité pesant sur les plus-values, les dividendes et les intérêts soit abaissée, de préférence au niveau européen, via une flat tax à 25%. " Le système actuel souffre de deux dysfonctionnements. D'une part, l'investisseur est pénalisé en France car il est davantage imposé que chez nos voisins. D'autre part, les entreprises tricolores doivent être beaucoup plus performantes que leurs concurrentes étrangères si elles veulent verser des revenus équivalents à leurs investisseurs ", a-t-il expliqué.

Un message pour le gouvernement actuel et pour les prochains

A quelques jours de la présentation du projet de loi de finances 2016, le Mouvement a peu de chances d'avoir l'oreille du gouvernement qui, dans le domaine de la fiscalité des entreprises, ne semble pas prêt à faire plus que ce qui est prévu dans le Pacte de responsabilité. Néanmoins, en maintenant la pression, en martelant les mêmes messages - ou presque - l'organisation patronale prépare les prochains candidats aux élections présidentielles, et leurs futurs gouvernements, à ses idées de réforme.

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Commentaires
a écrit le 22/09/2015 à 15:50 :
Que le principal financier de la sphère publique souhaite donner des leçons à ladite sphère ponctionneuse de richesses , est de bon aloi et cela devrait être le cas tout le temps .
Le problème du medef c'est qu'il sont juge et partie et défendent uniquement les grosses structures responsables du capitalisme de connivence , autrement dit "les copains" ...
Il faut en fait tout réformer même le medef mais que le privé dirige tout ce barnum n'a rien d'illogique au contraire !
a écrit le 22/09/2015 à 8:14 :
Le MEDEF doit être favorable au fait de basculer la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique.
a écrit le 22/09/2015 à 8:05 :
Les entreprises déduiraient le montant de la taxe sur l'énergie de leur contribution aux charges sociales.
a écrit le 22/09/2015 à 7:58 :
Il faut appliquer le pacte de responsabilité avec l'augmentation du prix de l'énergie comme contrepartie.
a écrit le 22/09/2015 à 7:54 :
Pour être dans les mêmes condition que l'Allemagne, il faudrait augmenter le prix de l'énergie et utiliser ce montant pour financer les retraites. Lisez la note n°6 du CAE.
a écrit le 21/09/2015 à 21:42 :
Jaloux de quoi?
De se tourner les pouces en attendant la pause café toutes les 30 minutes pour enfin finir en dépression et en arrêt maladie comme vous?
Signé: un pauvre type taxé et jaloux de la place privilégiée de la plupart des fonctionnaires...
Avec votre mentalité, le redressement c'est maintenant!
a écrit le 21/09/2015 à 18:44 :
Ouvrons l'oeil...!
Combien de grandes entreprises privées se gavent et vivent sur le dos des collectivités publiques.... ! ;)
Réponse de le 21/09/2015 à 20:34 :
"Combien de grandes entreprises privées se gavent et vivent sur le dos des collectivités publiques" Toutes. Car cela leur permet de faire de larges remises à leurs clients privés. Il FAUT bien comprendre que le but du capitalisme est la concentration de richesse, soit, vivre sur l'état, soit, vivre sur le peuple. Un certain Marx avait parfaitement analysé le phénomène. Donc, TOUT "bon" libéral va vouloir tuer l'état alors que c'est ce dernier qui le nourrit... Cracher en l'air est comme dans la soupe...
Réponse de le 22/09/2015 à 11:13 :
Non seulement elles vivent avec les commandes publics mais cela coute beaucoup plus cher que lorsque la commande vient du privé.
Comment réduire les dépenses publics sans remettre en cause ces pratiques? Le MEDEF a t-il pensé à cela.
a écrit le 21/09/2015 à 17:23 :
Message au MEDEF : où en sont les entreprises quant aux engagements pris dans le cadre du contrat de compétitivité (et des cadeaux qui leur ont été faits) ? La plus certaines des économies est de ne pas faire de cadeaux en échange d'engagements non contractuels ...
a écrit le 21/09/2015 à 16:51 :
D'abord comparer la dépense publique entre pays n'a aucun sens. En effet la sphère publique et ce qui en découle n'est pas forcement identique dans chaque pays.Par exemple, la France a un système de retraite et de protection sociale publique. D'autres pays ont des systèmes de retraite en partie ou totalement privé, idem pour la protection sociale.
Il y a trois possibilité pour baisser la dépense publique:
1) Au niveau de l'état. Problème, à ce niveau on est déjà pratiquement au taquet. Le fonctionnement de l'état représente en France 19% du PIB ce qui est largement dans la moyenne européenne et pas du tout extravagant. vous me direz on peut toujours supprimer des fonctionnaires. Mais il y a une question qui n'est jamais posée: Qui assurera leurs tache à leurs places? des entreprises privées naturellement mais est-ce que ce sera vraiment moins cher pour les contribuables? Rien n'est moins sur.
2) Au niveau des collectivités locales qui représente environ 10% du PIB. Actuellement, c'est ce que tente de faire le gouvernement en diminuant les dotations de fonctionnement aux communes. On voit le tollé que cela provoque dans les communes Françaises.
3) Au niveau de la protection sociale: Ce qu'en fin de compte demande le medef c'est, une baisse des retraites, une baisse de la protection sociale maladie et d'autres aides auquel peuvent avoir droit les particuliers. il s'agit donc de procéder à un transfert massif d'argent des particuliers vers les entreprises avec comme résultat un appauvrissement de certains français des classes les plus faibles (voir les classes moyennes). En effet si ces personnes veulent compenser la diminution de la protection sociale et des retraites elles devront cotiser à des assurances, des mutuelles ou des fonds de pension privés. Donc double gain pour les entreprises qui s'accapare plus de 130Millards d'Euro et qui vont collecter une grande part des revenus des français au travers de ce surcroît d'argent dirigé vers les assurances privées. Et les frais de gestion de ces organismes sont rarement gratuits. Mais naturellement le medef comme tout ceux qui préconisent cette politique évite d'expliquer les conséquences que de telles mesures pourrait avoir sur le quotidien des Français et le risque d'appauvrissement qu'ils encourraient. Car la dépense publique, ce n'est pas de l'argent qui s'évapore, c'est de l'argent qui est redistribué et qui circule dans l'économie française.
a écrit le 21/09/2015 à 16:01 :
Il est vrai qu'après avoir vue l'émission capitale sur les prestations sociales de la CAF, on est en droit de s'interroger sur l'utilisation "intelligente" de ces prestations. Quant au fraudeurs, seulement traité de vilains garnement qui ont oubliés de déclarer!! Là, on se tape sur le ventre, on ressort sa feuille de paie, on lit le montant des charges sociales, on sort le mouchoir, on va se coucher et on rêve de faire un grand ménage dans toute cette pétaudière !!!!
Réponse de le 21/09/2015 à 22:22 :
Rassurez vous,le Medef se sert aussi sur le gateau des charges sociales pour se payer le restau ou partir en vacances(voir le scandale de l'iumm)
a écrit le 21/09/2015 à 15:50 :
Jamais la France ne baissera sa dépenses publique car les fonctionnaires et assistés dépendants bloqueraient le pays. La manne publique c'est la gauche, c'est l'état. Il faut attendre sa faillite. Elle arrivera. Question de temps. En attendant, les jeunes peuvent émigrer.
Réponse de le 21/09/2015 à 20:09 :
Dans assistés vous comptabilisez les aides diverses aux entreprises privées, aux agriculteurs, les financiers etc.... ou alors les enseignants, les forces de l'ordre, les hopitaux etc.... Mouais, encore un jaloux qui ne veut pas passer les concours de la fonction publique.
Réponse de le 22/09/2015 à 11:19 :
Vous dites que la manne publique c'est la gauche mais c'est aussi la droite qui au gouvernement a fait moins que la gauche.
L'émigration est une formule magique mais etes vous sur que cela soit aussi simple que cela? On parle de quelques réussites américaines mais cela représente une minorité. Et pour les autres c'est loin d'etre aussi réjouissant.

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