Dialogue social : Borne fait valoir des échanges « très constructifs », « une réunion utile » pour la CFDT
latribune.fr

La Première ministre Elisabeth Borne.
Reuters
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La Première ministre Elisabeth Borne.
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[Article publié le mercredi 12 juillet 2023 à 13h30 et mis à jour à 15h06] Les discussions entre le gouvernement, les syndicats et le patronat vont-elles permettre de réinitier le dialogue social ? Elisabeth Borne a reçu les organisations patronales et syndicales et patronales ce mercredi 12 juillet à Matignon, afin d'esquisser les contours du nouveau « pacte de la vie au travail » voulu par Emmanuel Macron. Pour rappel, la dernière réunion multilatérale à Matignon avec les huit partenaires sociaux remontent à mars 2021. Début avril, en pleine crise de retraites, les syndicats avaient été reçus ensemble par Elisabeth Borne, écourtant la réunion après avoir demandé le retrait de la réforme.
Ce mercredi, les représentants des cinq organisations syndicales représentatives (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC) et des trois organisations patronales (Medef, CPME, U2P) sont ainsi arrivés séparément peu avant 10 heures. La locataire de Matignon a introduit la réunion en félicitant la nouvelle secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, élue le 21 juin, et Patrick Martin, qui remplacera Geoffroy Roux de Bézieux à la tête du Medef le 17 juillet.
« Nous avons eu des échanges très constructifs », a fait valoir Elisabeth Borne, à l'issue de cette rencontre, à Matignon, accompagnée du ministre du Travail, Olivier Dussopt.
« Le principe même de cette réunion était essentiel, que nous nous affichions ensemble est important pour l'opinion publique », a indiqué le patron du Medef, Patrick Martin.
Le patron de la CPME François Asselin a évoqué un « agenda ambitieux » sur lequel il devrait être possible d'aboutir au « printemps ».
Côté syndicats, Marylise Léon (CFDT) a évoqué « une réunion utile qui permet d'avoir quelques actes posés »: « il y aura bien l'ouverture d'une négociation - ou de plusieurs négociations ça reste à définir a la rentrée -, sur les enjeux du travail », dont l'emploi des seniors.
La secrétaire générale de la CGT, elle, a estimé que les premières réponses apportées par la Première ministre « sont en décalage avec les besoins ». « Nous avons refusé ce festival de langue de bois et réclamé des actes concrets », a asséné Sophie Binet.
Le patron de FO, Frédéric Souillot, a évoqué une « journée normale dans le cadre de la négociation collective », et celui de la CFE-CGC, François Hommeril, une « réunion fort utile » qui « va dans le sens de renouer les fils du dialogue social ».
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La réunion, qui intervient au moment où la perspective d'un remaniement occupe les esprits, devait permettre à Elisabeth Borne de se projeter au moins jusqu'à l'automne, enjambant l'échéance des « cent jours » décrétés par Emmanuel Macron pour relancer son quinquennat après la crise des retraites.
Les participants ne sont pas partis d'une page blanche. Ils ont pu s'appuyer sur la feuille de route issue des discussions menées en juin par les syndicats et le patronat. Emploi des seniors, parcours professionnels, prévention de l'usure professionnelle, accompagnement des reconversions professionnelles, compte épargne temps universel, sur lesquels les partenaires sociaux sont convenus de négocier, étaient au menu des échanges.
A charge pour le gouvernement de préciser exactement quelle place il entend prendre dans ces discussions, et notamment s'il veut s'inscrire dans le cadre de l'article L1 du code du travail. Celui-ci prévoit que le gouvernement encadre les négociations par un document d'orientation.
Les syndicats veulent que le gouvernement participe à ces négociations alors que le patronat rechigne, par peur de se voir imposer par l'exécutif des mesures dont il ne veut pas, comme la création d'un index senior, qui vise à mesurer l'emploi des salariés âgés par les entreprises. Autre sujet pressant, l'assurance chômage, dont les règles expirent le 31 décembre, Matignon prévoyant d'envoyer le document de cadrage aux partenaires sociaux « pour la fin juillet ». Mais, comme pour les précédentes négociations sur ce thème, il est probable que la discussion entre les partenaires sociaux tourne court, et que le gouvernement reprenne in fine la main.
Les syndicats avaient également à cœur de mettre sur la table les sujets sur lesquels le dialogue est fermé avec le patronat, qu'il s'agisse de la révision des ordonnances réformant le code du travail de 2017, de la conditionnalité des aides publiques aux entreprises ou des salaires.
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« Il y a un enjeu à la rentrée de travailler sur la question des salaires », a-t-elle ajouté, précisant avoir aussi renouvelé la demande « de conditionner un certain nombre d'exonération de cotisation pour les entreprises qui ne jouent pas le jeu de la négociation sur les salaires ».
(Avec AFP)
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