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Économie : 3 points à retenir du grand entretien d'Emmanuel Macron avec la presse régionale

latribune.fr

Publié le 04 juin 2022 à 12:03 - Mis à jour le 04 juin 2022 à 18:09

France: macron veut un "conseil national de la refondation" apres les legislatives

Photo d'illustration

CHRISTIAN HARTMANN

Le Quotidien Numérique

13 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Dans un entretien fleuve accordé à la presse quotidienne régionale, Emmanuel Macron a annoncé la création du "conseil national de la refondation" pour discuter des réformes. Le président veut faire de cet outil un élément central de la "nouvelle méthode" de son second mandat. Mais l'entretien était aussi l'occasion d'aborder trois sujets économiques brûlants : la loi pouvoir d'achat, les chèques alimentaires, et la production d'électricité. Décryptage.

Emmanuel Macron a promis pendant sa campagne d'adopter une "nouvelle méthode" pendant son second mandat, basée sur la concertation et l'écoute. Vendredi, il a donc livré dans un entretien d'1h40 face à dix titres de presse quotidienne régionale, relu mais non modifié par les équipes du président, selon le quotidien Sud Ouest, présent sur place.

L'interview, retranscrite dans son intégralité par Ouest-France, aborde les sujets de tensions comme l'affaire du stade de France, les accusations portées contre le nouveau ministre Damien Abad, ou la crise des hôpitaux. Mais elle traite aussi des grands chantiers économiques du mandat : le pouvoir d'achat, la réforme des retraites ou encore la gestion du nucléaire. Retour sur le versant économique de l'entretien.

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Un "conseil national de la refondation" pour discuter des réformes

L'entretien a été l'occasion pour le président réélu de présenter le nouvel outil phare de son changement de méthode. Il a annoncé que dès la fin des élections législatives, il réunira lors de rendez-vous réguliers un "Conseil national de la refondation" (CNR). "Ce sera l'instance dans laquelle nous ferons vivre nos réformes", ambitionne-t-il. Si Macron s'implique à son lancement, il prévoit d'en laisser la gestion à son gouvernement.

Il souhaite ainsi convier autour de la table "les forces politiques, économiques, sociales, associatives, des élus des territoires et de citoyens tirés au sort". Autant dire que la composition du conseil reste floue, tant dans sa taille que dans la répartition des forces. Mais le président en attend qu'il ne fasse pas moins que "rassembler la Nation" sur les cinq priorités de son mandat : l'indépendance (industrielle, militaire, alimentaire...), le plein-emploi, la neutralité carbone, les services publics pour l'égalité des chances et la renaissance démocratique avec la réforme institutionnelle.

Le premier chantier du CNR sera la réforme sur le pouvoir d'achat, afin que le projet de loi puisse être voté dès cet été, comme prévu. Le conseil sera ensuite amené à se prononcer sur chaque réforme, et notamment sur celle dès retraites, jugée comme nécessaire par le gouvernement pour financer le déficit et des chantiers sociaux.

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Certaines discussions du CNR, notamment sur l'éducation et la santé, auront leurs déclinaisons dans "1.200 bassins de vie", avec une implication des principaux concernés par chaque sujet, promet Macron. "On va se donner plusieurs mois pour identifier les besoins et bâtir des projets. En sortira une feuille de route et des moyens chiffrés. (...) Nous mettrons les moyens correspondants. Les Français sont fatigués des réformes qui viennent d'en haut. Ils ont plus de bon sens que les circulaires. Paris doit être au service du terrain", avance-t-il.

En réaction à la création du conseil, Catherine Perret, secrétaire confédérale de la CGT chargée des retraites et de la protection sociale, s'agace déjà. "Emmanuel Macron veut décider tout seul et va créer une nouvelle usine à gaz avec ce Conseil national de la refondation", a-t-elle réagi vendredi 3 juin sur franceinfo. Il faut dire que Bercy n'a pas convié les syndicats lors des premières discussions sur le pouvoir d'achat, ce qui a été interprété comme un premier signe contraire aux promesses de la "nouvelle méthode".

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Le chèque alimentaire toujours dans le flou

Mesure phare des mesures sur le pouvoir d'achat, le chèque alimentaire censé venir en aide aux personnes en difficulté et discuté depuis des mois, peine à voir le jour. Pourtant les prix de l'alimentation progressent de 4,2% sur un an, avec une flambée des étiquettes particulièrement marquée pour les viandes, les pâtes, et les farines. De nombreux ménages sont obligés de faire des arbitrages et de réduire leurs achats de biens essentiels.

C'est pourquoi les journalistes de la presse régionale ont posé au président deux questions simples : quels sera son montant, et quand sera-t-il déployé. Macron s'est contenté de répondre que "le chèque alimentaire doit être simple", et que "l'idée est plutôt qu'il soit versé en une fois", avant d'embrayer sur d'autres sujets.

Inquiet que le chèque ne profite pas réellement aux bénéficiaires, mais plutôt à certains acteurs de l'alimentation, le gouvernement continue de tâtonner et de remettre cette mesure à plus tard. Il faudra encore attendre pour connaître les détails du dispositif.

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Macron promet une accélération des investissements dans le nucléaire

Interrogé sur l'arrêt d'une partie des réacteurs nucléaires français et sur les risques de coupure d'électricité, Macron a rappelé que "nous avons des standards de sécurité qui ont beaucoup monté depuis dix ans et grâce auxquels nous avons un nucléaire sûr dans notre pays. Dès qu'il y a le moindre défaut, tout de suite on suspend pour le comprendre et corriger".

Le président fait ainsi indirectement référence aux problèmes de corrosion dont sont victimes ou suspectées victimes 12 réacteurs nucléaires du parc français, par conséquent mis à l'arrêt. Ces défauts ont également poussé EDF à lancer une inspection générale de tout son parc nucléaire, non sans coût. Il est prévu que les réacteurs à l'arrêt redémarrent entre août et février 2023, mais des inquiétudes pèsent sur la production d'électricité française.

"On va accélérer nos investissements sur le parc existant, sur le nouveau parc et sur les innovations pour aller vers des réacteurs modulables et de petite taille, de même que sur les énergies renouvelables", a ajouté Emmanuel Macron. Un plan de 100 millions d'euros pour financer les fameux petits réacteurs nucléaires a été annoncé en décembre, et la construction de nouveaux réacteurs traditionnels est également envisagé. Mais dans le meilleur des cas, ces derniers ne sortiront pas de terre avant 2035.

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Parallèlement, Macron veut donc rassurer sur les potentiels problèmes de production d'électricité et les potentiels risques de coupure pendant l'hiver. "Il n'y a aucun risque de coupure parce que quand il y a des besoins, on s'approvisionne sur le marché européen (...) Aujourd'hui, il y a des semaines où on ne produit pas assez et EDF achète l'énergie chez les voisins. À l'inverse, il y a des semaines où l'on produit plus que ce dont on a besoin et on vend notre énergie aux voisins", argumente-t-il, sans manquer de tacler ses opposants politiques, "quand j'entends à l'extrême gauche ou à l'extrême droite des propositions consistant à dire qu'il faut sortir du marché énergétique européen, c'est une absurdité !" Pourtant, le gouvernement a lourdement critiqué ce système, le ministre de l'économie Bruno Le Maire le qualifiant même "d'aberrant" à l'automne dernier.

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