Emploi : la situation des non-diplômés s'aggrave

 |  | 318 mots
Lecture 2 min.
(Crédits : Philippe Wojazer)
La situation des non-diplômés, qui sont de moins en moins nombreux sur le marché du travail en France, s'est dégradée ces quarante dernières années et ils ont tendance à en être évincés, selon une récente enquête de l'Insee.

Entre 1982 et 2018, la part des non-diplômés (brevet des collèges au maximum) a été divisée par trois, passant de 54% à 16% des participants au marché du travail, selon une étude présentée dans le cadre de la publication du dossier 2020 "étude, emploi, chômage, revenus du travail" par l'Institut national de la statistique (Insee). Malgré cette évolution favorable, la situation des jeunes sans diplômes pourrait encore empirer dans les mois à venir si la reprise tarde à venir. La pandémie a sérieusement assombri les perspectives des jeunes qui rentrent ou s'apprêtent à rentrer sur le marché du travail.

Des diplômes moins protecteurs

"Chaque diplôme protège de moins en moins du non-emploi contraint: la situation, relativement à la moyenne, du bachelier médian est, en 2018, équivalente à celle du titulaire médian du brevet en 1982", relève son auteur Claude Picard. "Autrefois protecteur, le CAP-BEP ne l'est plus depuis le début des années 2010", ajoute-t-il.

"Le niveau de diplôme des participants au marché du travail augmente rapidement, mais la demande de qualification du système productif n'évolue pas à la même vitesse", constate cette étude.

Déclassement des diplômes

"Le déclassement des plus diplômés s'est souvent traduit par une éviction des moins diplômés", explique-t-elle encore. Ainsi, entre 2003 et 2018, "les diplômés de niveau bac ou plus occupent désormais des emplois dans des métiers auparavant occupés par des moins diplômés qu'eux".

Par exemple, les assistantes maternelles ou les agents de police, qui présentaient une forte proportion de peu ou pas diplômés au début des années 80, ont vu cette part baisser (de 58% à 12% pour les agents de police, de 73% à 24% pour les assistantes maternelles). En 2018, une personne sur deux sans diplôme est sans emploi contre un ratio d'un sur sept pour un diplômé de l'enseignement supérieur.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 06/07/2020 à 17:18 :
'est dégradée ces quarante dernières années"


Donc ,on retrouvera cet article l'année prochaine.
a écrit le 06/07/2020 à 15:22 :
J'ai connu plusieurs personnes d'une promotion de DESS bio informatique à Toulouse.

Toutes m'ont dit qu'elles s'étaient rendu compte qu'il n'y avait aucun débouché; on parle de centaines de personnes qui ont dû trouver autre chose.

Croyez-vous qu'ils ont supprimé le diplôme?

Il faut trouver des débouchés pour les profs d'université... le reste on s'en moque non?

Comme je l'ai entendu souvent dire: ce n'est pas à l'université de s'adapter au monde du travail mais l'inverse. Voilà tout est dit.

Vous avez à l'université du mirail des promotions de plusieurs centaines de personne en maîtrise d'histoire: j'ai trouvé un ancien caramade de collègue qui travaillait au péage comme guichetier; il n'avait pu être prof d'histoire.


1% trouveront un emploi qui valorisera leur diplôme, une grosse partie se recasera dans les administrations locales ou publiques dont on connaît de plus en plus le poids; le reste errera de contrats précaires en contrats précaires.

Continuons.
a écrit le 06/07/2020 à 11:37 :
Logique vu qu'emplois directement agressés par le dumping social européen, heu pardon le "travail détaché" et ses moldaves et autres roumains venant chez nous travailler pour 300 euros par mois.
Réponse de le 06/07/2020 à 14:21 :
Sans compter les milliers de clandestins qui arrivent chaque année et occupent les postes sans formation (construction, agriculture, travaux manuels...).
Réponse de le 06/07/2020 à 17:11 :
@ Viking
...et c'est pour cela que dans le bâtiment, la construction et surtout le second œuvre sont un "désastre". Tous les métiers manuels nécessitent une formation, un apprentissage pour apprendre, les bons gestes, les bons usages de la profession.
Maçon, plombier, carreleur, électricien, charpentier....nécessitent au moins 3 ans de formation sur le terrain pour en faire de bons compagnons.
Réponse de le 06/07/2020 à 18:53 :
Générant une stagnation voir baisse des salaires motivant toujours moins les salariés français parce que tout est cher et qu'à un moment il faut peser le pour et le contre, motivant encore plus les propriétaires de capitaux et d'outils de production à employer des crèves la faim. Il faut voir le cauchemar des abattoirs allemands, dont nous ne sommes pas si loin que ça.
Réponse de le 07/07/2020 à 3:45 :
Comme tous les Européens sont à la même enseigne pour ce qui est de ce que vous appelez "le dumping social européen", il ne peut pas expliquer que le chômage en France soit le double de celui de l'Allemage et d'autres pays comparables, et son industrie la moitié de la leur.

Si nous avions juste le même taux de chomâge, ce sont des millions de personnes de plus, diplômées ou non, qui auraient un travail dans ce pays...

Il semble qu'avoir fait science po et l'ENA ne soit simplement pas suffisant pour le comprendre.
Réponse de le 07/07/2020 à 13:00 :
@valbel89

Il faut encore quelques années de plus pour accéder au titre de Compagnon. Une durée de 4 à 6 ans, est une moyenne couramment constatée.3 ans c'est un CAP.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :