Le ministère de la Transition écologique vient de mettre en consultation jusqu’au 23 septembre la stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte 2025-2030. Au volet financement de l’adaptation des littoraux, l’Association des maires de France (AMF) et l’Association nationale des élus des littoraux (Anel) n’y trouvent pas leurs comptes.Sur le papier, tout y est : « Anticiper les évolutions du littoral », « encourager les territoires à concevoir des trajectoires d'adaptation à plus long terme, tout en développant des stratégies locales d'adaptation opérationnelles » ou encore « inciter les décideurs à repenser leurs politiques d'aménagement et de préservation de la biodiversité ». La stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte (SNGITC) 2025-2030 vient d'être mise en consultation par le ministère de la Transition écologique jusqu'au 23 septembre.
Outre les sujets de partage de la connaissance, de mobilisation des outils ou de sensibilisation des acteurs, le nerf de la guerre reste le financement de l'adaptation des littoraux. À ce titre, la SNGITC évoque la finalisation du cadre du soutien public aux trajectoires d'adaptation, citant le « Fonds vert », la taxe pour la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations (Gemapi) - qui entre dans le calcul de la taxe foncière - ou les contrats de plan État-régions.
« Ces enveloppes sont déjà sous tension, rabotées, et notoirement insuffisantes pour répondre aux besoins massifs de relocalisation, de protection ou d'accompagnement des populations. Le Fonds vert, censé être l'un des piliers de cette politique, a été réduit de 1,4 milliard d'euros cette année. Et surtout, aucun de ces fonds ne prévoit la prise en charge de la relocalisation, pourtant indispensable face au recul du trait de côte », réagit Alain Blanchard, délégué général de l'Association nationale des élus des littoraux.
L'Arlésienne du fonds spécifique
La stratégie rappelle également la proposition du Comité national du trait de côte (CNTC) - composé de collectivités concernées, de scientifiques, d'associations environnementales et de services de l'État -, de créer un fonds spécifique au recul du trait de côte. « Une analyse approfondie des modalités de financement de l'adaptation des territoires littoraux au recul du trait de côte est menée par les ministères de la Transition écologique et de l'Aménagement du territoire, en lien avec le ministère de l'Économie et des Finances », est-il ainsi écrit.