Grand débat : Edouard Philippe veut lutter contre l'assistanat

 |   |  651  mots
(Crédits : Benoit Tessier)
Le Premier ministre Édouard Philippe a de nouveau défendu mardi soir sa proposition controversée de renforcer les "contreparties" aux aides sociales, malgré des remous dans la majorité LREM et des attaques à gauche. S'attaquer à "l'assistanat", une piste de sortie pour calmer les "Gilets jaunes" ?

Le Premier ministre Édouard Philippe a défendu ce mardi 20 février sa proposition controversée de renforcer les "contreparties" aux aides sociales, malgré des remous dans la majorité LREM et des attaques à gauche. Accusé d'aller dans le sens des attaques de son ancien parti des Républicains contre "l'assistanat", le chef du gouvernement a élargi sa proposition formulée vendredi dans le Finistère, en soulignant qu'elle pouvait aussi valoir pour les aides "aux acteurs économiques".

"Se poser la question des contreparties aux versements - soit liés à l'aide sociale, soit liés à la solidarité, soit liés à des politiques publiques qui permettent d'accompagner le développement de tel ou tel acteur, y compris économique - est une bonne question", a affirmé le Premier ministre devant les députés. "Il n'est pas scandaleux, je le dis comme je le pense, de poser la question des droits et des devoirs", s'est-il défendu.

L'idée de débattre de "contreparties" aux aides sociales, sujet qu'il a lui-même qualifié d'"explosif" lors d'une déclinaison du "grand débat" vendredi dans le Finistère, a fait vivement réagir mardi à l'Assemblée nationale.

"Avec constance, vous allez piocher toujours dans le même panier, celui de la droite", a fustigé le député communiste Pierre Dharréville dans l'hémicycle, déplorant une idée qui "rend les victimes coupables". "Comptez vous rétablir l'esclavage?", a lancé le député LFI de La Réunion Jean-Hugues Ratenon, lui-même ancien bénéficiaire du RSA.

"Nous voulons savoir si le Premier ministre parle en son nom ou si c'est une question que le gouvernement se pose, notamment dans la réforme de l'assurance chômage ou de l'allocation universelle d'activité qu'il envisage", a demandé lors d'un point presse Boris Vallaud, porte-parole du groupe PS. Et d'ajouter: "Pour nous, les minima sociaux sont déjà une contrepartie aux injustices de la vie".

Il faut "arrêter de stigmatiser nos concitoyens les plus fragiles"

Les propos d'Édouard Philippe ont suscité des réticences jusque dans les rangs de la majorité, notamment au sein de son aile gauche.

La présidente de la commission des Affaires sociales, Brigitte Bourguignon (LREM), a ce week-end appelé à "arrêt(er)de stigmatiser nos concitoyens les plus fragiles en reprenant les propositions de Laurent Wauquiez et des tenants du cancer de l'assistanat", ce qui "ajoute de la division inutile entre les Français".

La députée "marcheuse" Olga Givernet s'était dite dès vendredi "certaine qu'il s'agit là d'une maladresse" de la part du chef du gouvernement.

Porte-parole des députés MoDem, Isabelle Florennes a jugé mardi que "sur tous ces sujets qui font débat, il faut toujours faire attention à ne pas stigmatiser". "Une partie de la population au RSA n'a pas choisi cette situation", a-t-elle souligné.

Soutien à droite

Le Premier ministre a en revanche reçu des soutiens à droite. "Aurez-vous l'audace, le courage d'aller au bout de votre proposition?", a lancé le député LR du Haut-Rhin Éric Straumann. Le département alsacien avait suscité la polémique en 2016 en réclamant de faire sept heures de bénévolat par semaine au risque de se voir priver de l'allocation du RSA.

Pour Jean-Christophe Lagarde (UDI-Agir), "contrairement à ce que l'on dit, l'obligation d'avoir une activité du fait qu'on est indemnisé, ce n'est pas une punition ou une compensation, mais un instrument de réinsertion".

La ministre des Solidarités Agnès Buzyn avait jugé dimanche que "tout le monde ne pouvait pas retourner vers l'emploi". La question posée par Édouard Philippe est "une question que tout le monde peut se poser et qui figure dans le grand débat national", a-t-elle pointé mardi à l'Assemblée, tout en rappelant les efforts pour augmenter le nombre de bénéficiaires effectifs du RSA, dont 30% des ayants droits ne font pas la demande.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 31/08/2019 à 20:42 :
Mais arrêtez avec le baratin, toujours pareil on veut lutter contre l'assistanat, Macron disait déjà ça il y a 3 ans, mais au final RIEN n'est jamais fait. Résultat : 0/20.

L'assistanat, c'est 165milliards d'euros par an donnés à des personnes en capacité de travailler. Et les pauvres petits travailleurs sont au SMIC à 1180 euros par mois.. QUELLE HONTE.

Autant l'assumer, la France veut être la vache à lait de toute la pègre, une vache sur laquelle on crache impunément et qui finira par se faire égorger quand elle n'aura plus de lait.

Jusqu'où va-t-on tomber? Il nous faudrait un homme à poigne, comme Poutine, pour remettre de l'ordre dans ce bordel, car ce n'est plus une démocratie, mais bien un gros bordel dans lequel on vit.
a écrit le 22/02/2019 à 9:25 :
En effet on est à droite à 100% sponsorisé par l'électeur social démocrate vous savez celui qui se croit supérieur ?

Et on note encore une fois la déconnexion totale de nos LREM qui ayant vécu une cuillère en argent dans la bouche, entre eux, n'ont jamais connu ce qui est devenu banal, à savoir des humains traumatisés par une enfance défaillante venant de parents ou entourages demeurés ne leur laissant aucune chance.

Si en plus on pouvait leur éviter de mourir en tant qu'esclave cela permettrait de donner encore un semblant de sens à la pérennisation de la race humaine car si nous n'avons même plus ça, en effet il est temps de laisser la main aux robots.

ET ce que ne voit pas nos stupides LREM c'est que la droite sans être au pouvoir en profite pour faire passer son programme des riches en même temps que le programme des mégas riches de laquais des marchés financiers.

DU coup les LREM vont une fois de plus de part leur stupidité hériter des problèmes des politiciens de droite qui eux par contre vont pouvoir se présenter blancs comme neige.

ET pourtant notre droite est vraiment pas bien irriguée cérébralement hein, c'est pour dire l'état désastreux dans lequel se trouve le pouvoir français. Avec des politiciens aussi dramatiquement faibles il y a une OPA à faire sur la FRance en ce moment c'est évident.
a écrit le 21/02/2019 à 3:14 :
A les pauvre après l augmentation des centre commercial de 20 pour-cent pour tous les produits on va leur demander de travail pour 1 euro symbolique comme en Allemagne mes pour les riche pas impôt et aucune contrepartie pour les subventions octroiyer allègrement par milliard aucune contrepartie merci Macron nous on est sur terre vous sur jupiter
a écrit le 20/02/2019 à 22:01 :
si quelqu'un reste inactif trop longtemps ,il se déconnecte de l'entreprise et du travail.Une activité réduite permettrait à ces personnes de se sentir utile et de leur maintenir une activité (quelques heures par semaine) ,ce qui ne serait que bénéfique pour elles.Une aide pour nos communes serait peut être intéressante pour le bien de tout le monde
Réponse de le 26/02/2019 à 8:49 :
Ce que va penser cette personne: "Même mon travail ne vaut rien. Même la collectivité publique qui a besoin de moi ne me rétribue pas. Je ne vaux rien aux yeux de tout le monde."

"Un travail, un salaire c'est tout ce que je demande, pas d'être exploité."

L'enfer est pavé de bonnes intentions "bénéfiques".
Réponse de le 27/02/2019 à 8:23 :
Dans un organisme dit de formation très proche d'un exécutif local, une consultante "expérimentée" après quelques questions sur votre parcours professionnelle vous explique en entretient que si :

- Votre lacet est défait cela signifie que vous êtes lassée de vivre. C'est logique: lacet / lassée. Qu'il faut y voir un trouble de la personnalité associée à un trouble bipolaire.
- À la question de savoir si vous savez compter jusqu'à 20 (vous prétendez être titulaire d'un master en science éco) et que cela semble vous irriter, c'est que vous êtes atteinte de problèmes psychiques d'un degré certain, voire vous mentez sur la possession de ce diplôme.

Par voie de conséquence, POUR VOUS AIDER, POUR VOTRE BIEN, afin de bénéficier des minima sociaux, il ne faut plus voir votre médecin traitant que vous voyez depuis 20 ans ( "radiez le !" ) pour aller voir celui du <> ( nominativement désigné) d'un service public.
Le plus vite possible, il faut voir le psy du <> ( remise d'un document papier) d'un service public. "Je peux prendre rendez-vous pour vous, si vous ne savez pas vous servir d'un téléphone".

"C'est bénéfique pour vous et pour le bien de la collectivité qu'on fait ça."
a écrit le 20/02/2019 à 18:20 :
Tout simplement un aller-retour, la France ne veut plus des privilèges accordées à la classe politique, alors la classe politique répond et demande à ce que les plus atteints doivent mériter notre aumône. C'est pas beau tout ça !
a écrit le 20/02/2019 à 18:03 :
"S'attaquer à "l'assistanat", une piste de sortie pour calmer les "Gilets jaunes" ? "

Euh, c'est quoi cette phrase , ils ont demandé cela pour se calmer les GJ ?
a écrit le 20/02/2019 à 17:35 :
Ou comment éviter que les gens aient le temps de pouvoir se plaindre; de pouvoir chercher un job plus rémunérateur; de permettre a l'État de louer une force de travail!
a écrit le 20/02/2019 à 17:29 :
LeS gilets jaunes ont fait progresse la société des pauvres mais la fin des g j est déplorable les partis politique ont profité de la situation un risque peut êtres pire leS g j tant des bruit pour riant 12 morts pour riant la verite in jours sortiras des victimes gratuites macron a gagné pour combien des tant LeS gilets jaune ont une part de lâcheté les g j ils doivent pas abandonné
a écrit le 20/02/2019 à 17:16 :
Edouard Philippe ferait mieux de diviser par deux son salaire au lieu de regarder a chaque fois les plus pauvres. Oui il faut proposer du bénévolat pour ceux qui le souhaitent, mais pas question de le généraliser.
C'est quand même incroyable d'être jaloux des pauvres, le gouvernement ferait mieux de responsabiliser les grands patrons et de proposer une loi qui interdit de licencier un salarié si l'entreprise fait un grand bénéfice en plusieurs millions d'euros.
a écrit le 20/02/2019 à 16:57 :
Ce n'est sûrement pas la bonne solution. La solidarité ne se négocie pas. On l'accorde...ou pas, mais si on l'accorde c'est sans contre partie, sinon ce n'est plus de la solidarité. Ensuite, si les bénéficiaires veulent de leur plein gré participer à des activités, des actions, des travaux d'intérêt général, ce sera leur choix.
Imposer une contrepartie sous la forme d'une activité, d'un travail non choisi c'est le pendant moderne du STO, une nouvelle forme d'esclavage...qui ne rebute en rien les partis de droite, libéraux dont la figure de proue est le sieur Wauquiez.
Réponse de le 20/02/2019 à 17:33 :
Bien sur que la solidarité ce négocie ; un revenu sans contrepartie c'est du vol, l'état n'a pas de poche c'est pris dans les poches des contribuables ou cotisants
Réponse de le 20/02/2019 à 17:34 :
Bien sur que la solidarité ce négocie ; un revenu sans contrepartie c'est du vol, l'état n'a pas de poche c'est pris dans les poches des contribuables ou cotisants
Réponse de le 21/02/2019 à 14:30 :
Comparer contrepartie et STO, un peu exagéré. On peut être intelligent, avec un revenus de solidarité minimal mais sans contrepartie, et un "bonus" pour ceux qui jouent le jeu.
a écrit le 20/02/2019 à 16:44 :
Alors que nos entreprises ont massivement délocalisées, on reproche à ceux qui ont été laissés sur le bas-coté de la route de ne pas retrouver un job. Sans parler des travailleurs détachés qui font du dumping salarial sur des métiers qui sont devenu inaccessibles aux autochtones, faute d'un niveau de revenu suffisant. Quel cynisme ! Vous ne trouvez pas de travail, devenez patron...
a écrit le 20/02/2019 à 14:05 :
il faut effectivement élargir le débat à l'assistanat des entreprises. la collectivité a fait beaucoup pour les entreprises en 2008. Hollande/Macron ont aussi fait des cadeaux aux entreprises. le Conseil des Prélèvements Obligatoires rapportait en octobre 2010 que les entreprises bénéficient de plus de 175 milliards d'Euros de dispositifs dérogatoires fiscaux/sociaux. on doit être autour de 200 milliards aujourd'hui. d'ou un taux de mortalité des sociétés parmi les plus faibles en Europe (Eurostat).
comme disait Geoffroy Roux de Bézieux (Medef) en octobre 2011 dans Enjeux Les Echos :
"Les patrons français sont un peu schizophrènes, là-dessus. Ils critiquent l'Etat toute la journée mais l'appellent à la rescousse dès que ça va mal".
les entreprises bénéficient aussi des paradis fiscaux.
a écrit le 20/02/2019 à 13:43 :
On a du mal à comprendre qui pourrait encadrer tous les assistés, au surplus sans perdre de leurs (médiocres) efficacité dans leurs postes. Il y a beaucoup trop de bénéficiaires d'aides en France; il faudrait se cantonner aux minima sociaux pour 10% maxi de la population, simplifier le système en diminuant le nombre d'aides, et avec des limites de temps (aides données pour six mois, ou un an, à charge pour les bénéfiaires de démontrer qu'ils essaient d'être actifs dans leur retour à l'emploi - avec évidemment une catégorie de personnes pour lesquelles il est déjà acté que c'est difficile voire impossible.. Rien que le mammouth Pôle emploi coûte plus de 17 milliards...
Réponse de le 20/02/2019 à 14:47 :
On peut plafonner les aides sociales a un smic.Edouard ne visait pas seulement les allocataires de la CAF,mais aussi les assistés de l'état Toubon et Juppé!
a écrit le 20/02/2019 à 13:35 :
dure lutte que celle-ci.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :