Grand débat : Le Maire exhorte les chefs d'entreprise à participer

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire veut inciter les chefs d'entreprise à venir échanger sur la fiscalité et les dépenses publiques dans le cadre du grand débat national.
Grégoire Normand

6 mn

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. (Crédits : Gonzalo Fuentes)

Alors que les réunions se multiplient dans l'ensemble de l'Hexagone, Bruno Le Maire veut mobiliser les chefs d'entreprise aux différentes concertations tenues dans le cadre du grand débat national. Lors de ses voeux aux acteurs de l'économie ce lundi 28 janvier, le ministre de l'Economie leur "a demandé de prendre la parole et de participer au grand débat. Les entrepreneurs sont légitimes. Ils ont un point de vue à défendre. Faites-le." Empêtré dans la crise des "gilets jaunes"Emmanuel Macron avait annoncé, le 10 décembre dernier, une série de mesures destinées à doper le pouvoir d'achat des salariés autour du SMIC  et des retraités touchant des pensions modestes.

Lire aussi : La popularité de Macron rebondit

Mais cet arsenal n'a pas suffi à éteindre la gronde des manifestants. Samedi dernier, dans toute la France, 74.000 personnes ont encore défilé dans les rues selon des chiffres communiqués par le ministère de l'Intérieur.  Si le chef de l'Etat et le Premier ministre ont récolté quelques points de popularité ces dernières semaines, le pari est loin d'être gagné pour le gouvernement. Il faut dire que l'ambiance a bien changé en un an. Dans la salle de conférence Pierre Mendès France située dans l'enceinte du "paquebot" de Bercy, l'ancien député rappelait en janvier 2018 que"la croissance est solide. Elle devrait approcher les 2% en 2017, une première depuis 2011 [...] En 2018, nous devrions faire mieux que notre prévision".

La fiscalité au centre du grand débat

Parmi les quatre thèmes sélectionnés pour le grand débat figurent la fiscalité et la dépense publique. Sur cette question hautement inflammable, le locataire de Bercy a déclaré que "la France a un problème de dépense publique. La potion de la dépense publique et de la dette est une potion amère, pas une potion magique. Elle a échoué. Il faut donc ouvrir une autre voie." Cette autre voie reposerait sur la promesse de campagne d'Emmanuel Macron. "Nous voulons baisser la dépense publique de 3 points, les impôts de 1 point et la dette de 5 points : voilà la voie que le président de la République a proposé dans sa campagne et que nous tiendrons, avec Gérald Darmanin."

Lire aussi : Grand débat : le casse-tête de la fiscalité « plus juste et plus efficace »

Le ras-le-bol fiscal et le recul sur la taxe carbone ont particulièrement marqué les esprits lors des premières semaines de mobilisations. Sur la question de la poursuite de la baisse de la fiscalité, M.Le Maire est resté ouvert. "Le grand débat apportera la réponse à cette question fondamentale, qui entraîne de vrais choix de société. Pour ma part, je suis prêt à accélérer une baisse sur les dépenses publiques que nos compatriotes ne jugeront pas prioritaires pour accélérer la baisse des impôts."

Optimiste sur la croissance

Lors de son allocution, Bruno Le Maire est apparu optimiste sur les chiffres de l'économie tricolore. "Nous maintenons notre prévision de croissance à 1,7% pour 2019, qui est proche des évaluations du Fonds monétaire international (FMI) et qui est soutenue par les mesures récentes du gouvernement en faveur des salariés." Si les mesures présentées par le chef de l'Etat devraient permettre de booster le pouvoir d'achat des actifs comme le suggèrent l'Insee et l'institut des politiques publiques, l'essoufflement de la croissance mondiale pourrait avoir des répercussions sur l'activité française.

Lire aussi : La croissance mondiale ralentit plus vite que prévu selon le FMI

En effet, la plupart des prévisionnistes ont révisé à la baisse leurs prévisions de croissance avec entre autres, la montée des tensions commerciales et le coup de frein marqué de la Chine et de la zone euro. De son côté, le FMI anticipe une croissance du PIB à 1,5% en 2018 et 2019 (- 0,1 point par rapport  aux prévisions d'octobre dernier) et 1,6% en 2020.

Services à la personne : la transformation du crédit d'impôt à l'étude

Le gouvernement envisage de transformer en aide directe le crédit d'impôt dont bénéficient les employeurs de salariés à domicile. "Nous allons étudier la possibilité de transformer le crédit d'impôt sur les services à la personne en aide directe pour les ménages. Ce sera à la fois plus simple et plus pratique pour tous", a déclaré M. Le Maire. "Les services à la personne représentent 1,3 million de salariés en France, nous devons améliorer leur formation, valoriser leur métier", a ajouté le ministre.

Sont notamment éligibles au crédit pour l'emploi d'un salarié à domicile les activités suivantes : garde d'enfant, soutien scolaire, assistance aux personnes âgées ou handicapées, travaux ménagers, prestations de petit bricolage ou de petits travaux de jardinage. Selon une étude du service de statistiques du ministère du Travail (Dares) publiée à l'été 2018, les conditions de travail et d'emploi se sont dégradées par rapport à la population en emploi salarié. Les salariés des services à la personne sont souvent plus nombreux à déclarer des problèmes de santé que les autre autres salariés.

Un capitalisme nouveau

Enfin, devant un parterre de dirigeants, Bruno Le Maire a plaidé pour la mise en place d'un "capitalisme nouveau" dans lequel l'Etat aurait un rôle majeur dans la "reconquête industrielle" du pays et assurerait une plus grande justice fiscale.

Lire aussi : Industrie du futur : l'heure de la mobilisation a sonné

"Si nous avons aujourd'hui un problème de chômage qui persiste (...), si nous avons eu une telle désindustrialisation dans notre pays - un million d'emplois sacrifiés, une centaine d'usines fermées chaque année - c'est pour une raison simple : on n'a pas assez innové, on n'a pas assez investi, on a des produits qui ne sont pas assez compétitifs par rapport à nos voisins européens et par rapport à nos partenaires mondiaux", a déploré le ministre. Deux secteurs seront privilégiés par l'Etat : la robotisation et la numérisation, "qui seront la croissance de nos entreprises et les emplois de demain", a signalé M Le.Maire.

Grégoire Normand

6 mn

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Commentaires 23
à écrit le 29/01/2019 à 18:14
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Il faut tout prendre au delà de 4000eur/mois avec deux enfants mineurs, exproprier toute l'épargne au delà de 10000eur, 24H de durée de travail pour tous, tous fonctios. Obligation d'ad'hésion à deux Syndicats au choix : C.G.T ou S.U.D na...

à écrit le 29/01/2019 à 18:05
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A quoi bon ! Macron Sarkozy Wauquiez et le Medef ne font rien contre la fraude fiscale. Ils préfèrent depuis plus de 30 ans a favoriser les entreprises du cac40 au lieu de baisser les impôts pour les TPE Pourquoi participer au grand débat qua...

le 30/01/2019 à 0:47
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Détestées en FR, Vivement que les entreprises du CAC 40 et du SBF 120, déplacent leur Siège à Dublin, Luxembourg, Bruxelles, Amsterdam.

à écrit le 29/01/2019 à 17:18
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Quoi ? Cà c'est la meilleure ! Ils et elles détesté(es) par les gilets.J c'est pas leur place, et pas de temps à gaspiller, EN VAIN D AILLEURS.

à écrit le 29/01/2019 à 17:07
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A quoi bon ! surmenés ! accablés de normes et réglementations s'empilant. Leur place n'est pas au " Café du Rond Point " et coupables de revenus plus élevés Mélenchon-Martinez-Besancenot-Poutou-Quatennens- et P.S veulent leur destruction. ...

à écrit le 29/01/2019 à 16:22
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Ils/Elles n'y ont pas du tout leur place dans ce truc; le point central étant : " mort à qui gagne plus "

à écrit le 29/01/2019 à 15:12
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Participer signifie se rendre complice des actions de ce gouvernement : aucun signe de desserrement de l'emprise de Bercy et pas le moindre début de commencement de réduction des effectifs que dis-je de la pléthore de fonctionnaires inutiles voire nu...

à écrit le 29/01/2019 à 15:07
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Les Chefs d'Entreprise 70 à 100H Hebdo, n'ont pas leur place dans ce machin-là. Diabolisés et stigmatisés en raison de l'investissement absolu de tout de leur etre et capital, qui les conduit à l'I.F.I ( l'ISF Nouveau) et à etre chaque jour l'objet...

à écrit le 29/01/2019 à 15:06
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Les Chefs d'Entreprise 70 à 100H Hebdo, n'ont pas leur place dans ce machin-là. Diabolisés et stigmatisés en raison de l'investissement absolu de tout de leur etre et capital, qui les conduit à l'I.F.I ( l'ISF Nouveau) et à etre chaque jour l'objet...

à écrit le 29/01/2019 à 14:51
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Magnifique,Bruno a tout compris!L'état prélève trop,et il faut en discuter pendant deux mois pour voir si l'année prochaine l'état peut améliorer les choses.Le Maire a toujours été un très bon,celui qui m'inquiète c'est Darmanin,le sournois qui va t...

à écrit le 29/01/2019 à 13:39
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les entreprises industrielles sont le pilier principal du développement économique ; alors pour en favoriser la capacité de progrès , il faut d'abord alléger leurs charges sociales sur salaires et fiscales . supprimer les charges patronales : "fami...

à écrit le 29/01/2019 à 13:10
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en temps que chef d'entreprise je suis pour la suppression des sévices publics, des aides quelqu'elles soient et donc des impôts. On soigne très bien dans les cliniques, on enseigne très bien dans les écoles privées ou les plus riches paient pour le...

à écrit le 29/01/2019 à 12:15
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"Bruno Le Maire a plaidé pour la mise en place d'un "capitalisme nouveau" dans lequel l’État aurait un rôle majeur dans la "reconquête industrielle" du pays". C'est exactement le contraire qu'il faut faire! L'état étouffe les entreprises et prend des...

le 29/01/2019 à 13:11
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Laissez tomber, ces énarques et autres sciences-po iront jusqu'au bout pour se créer encore plus de jobs pour eux-mêmes et leurs amis. Quand vous voyez le casting du gouvernement, vous comprenez qu'ils se créent en fait des jobs pour eux (deux ingéni...

à écrit le 29/01/2019 à 11:27
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On peut souhaiter, exhorter, menacer, supplier, il est impossible de forcer à boire un âne qui n'a soif.

à écrit le 29/01/2019 à 10:35
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Je ne crois pas qu'investissements et innovations soient en cause dans la désindustrialisation de la France. Ils sont eux aussi la conséquence d'un trend bien plus profond lié a la croyance que la France allait devenir un pays de services. Les cabine...

le 29/01/2019 à 13:12
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l'industrie est partie car le gavage des ponctionnaires étaient insupportable réellement. Si des cabinets ont prévu que les services marcheraient mieux, les services crèvent aussi aujourd'hui !!

à écrit le 29/01/2019 à 10:05
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https://www.latribune.fr/economie/international/a-davos-bruno-le-maire-plaide-pour-un-impot-minimum-sur-les-societes-dans-le-monde-805029.html Si déjà il mettait en pratique ses grandes idées en place chez lui !!!!!!!!!!!!

à écrit le 29/01/2019 à 9:50
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Ca devient du n'importe quoi... Et ca ne m'étonne pas. Soit ca fait flop et le gouvernement essaye désespérément de gonfler le nombre de contributions. Soit ce qui revient des consultations est un désaveu cinglant de l'action du président et du...

à écrit le 29/01/2019 à 9:34
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Les chefs d'entreprises ont autre chose à faire que de parlotter bavasser verbiager de vrai faux grand débat pour de petites combines politocardes ... le quinquennat Macron est en sursis, la France s'effondre, se délite le gouvernement s'est en...

à écrit le 29/01/2019 à 9:19
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Sa future loi pour contraindre les pdg de groupes dits "français" (kezako qu'un groupe français ?), est n'importe quoi. Aussi, cela semble contraire aux droits fondamentaux d'une personne physique de choisir son lieu de résidence (cf droits de l'homm...

à écrit le 29/01/2019 à 8:20
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Ils nous fatiguent avec leur propagande, déjà qu'ils nous empêchent de vivre avec leur feuille de route des marchés financiers qu'ils nous imposent.

le 29/01/2019 à 9:10
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Déjà debout Citoyen blasé? C'est bien, l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tot.

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