Impôts : « Une mesure particulière peut enflammer le baril de poudre »
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Pierre Boyer est professeur d'économie à l'école Polytechnique et directeur adjoint de l'institut des politiques publiques.
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Pierre Boyer est professeur d'économie à l'école Polytechnique et directeur adjoint de l'institut des politiques publiques.
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LA TRIBUNE- Le projet de loi de finances 2025 va faire son retour en séance plénière au Sénat le 25 novembre dans la version présentée par le gouvernement. Il prévoit une hausse de la fiscalité de 20 milliards d'euros. Faut-il y voir un virage fiscal majeur ?
PIERRE BOYER- L'arrivée du gouvernement Barnier a rapidement souligné la possibilité d'une hausse d'impôt contrairement aux précédents gouvernements qui avaient affiché une volonté de ne pas augmenter les prélèvements obligatoires. C'est une remise en cause de ce qui a été fait ces dernières années.
Une partie des hausses d'impôts devrait reposer sur les plus fortunés et les grandes entreprises pour environ 10 milliards d'euros. Certains ont exprimé des doutes sur les rendements attendus. Jugez-vous le gouvernement optimiste sur ses projections ?
On est en train d'assister à un changement de paradigme sur les projections de rentrées fiscales. Sur les écarts observés, je pense qu'il y a un raccourcissement des cycles économiques avec beaucoup de variances. Depuis la crise Covid, la situation ne s'est pas vraiment stabilisée. L'exercice de projections de recettes et dépenses est devenu beaucoup plus compliqué qu'avant.
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Les banques centrales ont le même problème avec la prévision de l'activité économique pour pouvoir réagir efficacement, en ajustant la politique monétaire. Les institutions risquent de se tourner de plus en plus vers des données en temps réel pour avoir des estimations plus fines. L'administration s'y prépare déjà.
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