Inondations : le gouvernement veut aller vite sur les indemnisations

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Les sinistrés des inondations pourraient percevoir très rapidement une première somme forfaitaire de 2.000 euros de la part des assureurs
Les sinistrés des inondations pourraient percevoir très rapidement une première somme forfaitaire de 2.000 euros de la part des assureurs (Crédits : MICHAELA REHLE)
Création d'un "fonds d’extrême urgence" pour venir en aide aux sinistrés, indemnisation forfaitaire versée par les assurances sans recours à une expertise... Le gouvernement cherche par tous les moyens à fournir rapidement une réparation aux victimes des inondations.

A l'issue d'une réunion ce 6 juin au ministère de l'Intérieur pour faire le point sur les inondations, le premier ministre s'est interdit, pour l'instant, de chiffrer exactement le montant des dégâts, évoquant seulement « plusieurs centaines de millions d'euros de dégâts ». Mais, surtout, ce qui préoccupe le gouvernement, c'est la vitesse à laquelle les sinistrés vont être indemnisés.

Alors que l'état de catastrophe naturelle sera décrété mercredi 8 juin en Conseil des ministres, pour gagner du temps, l'Etat va mettre en place un fonds "d'extrême urgence" de "plusieurs millions d'euros" destiné aux sinistrés "sans ressources et ayant tout perdu" a annoncé le Premier ministre Manuel Valls. L'objectif de ce fonds est de fournir des ressources aux victimes en attendant les indemnisations des assureurs. Ce fonds sera géré par les préfets de département, en lien avec les centres communaux d'action sociale.

Vers une indemnisation forfaitaire?

Mais, au-delà de ce fonds, l'état de catastrophe naturelle, qui fera donc l'objet d'un arrêté en conseil des ministres mercredi 8 juin, devrait permettre d'accélérer l'indemnisation, comme l'a expliqué Juliette Méadel, secrétaire d'Etat à l'Aide aux victimes :

À partir de mercredi, chaque victime aura dix jours pour réaliser sa déclaration de sinistre. À partir de cette déclaration, les assureurs devront remplir leurs obligations (...). Il faut que ça aille vite, que les victimes reçoivent de premières avances dans les jours qui suivent la publication de l'arrêté de catastrophe naturelle".

Dans son esprit, pour accélérer les choses, il serait utile que les assureurs « travaillent à une indemnisation forfaitaire », c'est-à-dire, une indemnisation ne nécessitant pas une expertise pour des dommages "inférieurs à un certain montant", ce qui devrait permettre une première indemnisation rapide, comme cela avait été fait dans le cadre de Xynthia. Pour Juliette Méadel, ce montant pourrait être fixé à  « par exemple à 2.000 euros ». Et de préciser sur RMC après une rencontre avec les représentants des assureurs:

"Les assurances accepteront une photo ou tous moyens qui permettront aux sinistrés de faire la preuve de ce qu'elles ont perdu",

Le montant des dégâts en cours d'évaluation

De son côté, Bernard Spitz, président de l'Association française de l'assurance (AFA), a estimé que les dégâts seront au moins équivalent à 600 millions d'euros.

Pourquoi le Premier ministre, lui, n'a-t-il pas voulu estimer le montant des dégâts ? Tout simplement parce qu'il est actuellement impossible de connaître leur étendue, notamment dans le secteur de l'agriculture. "L'expertise est en train aussi d'être effectuée concernant les calamités agricoles" a indiqué Manuel Valls, précisant qu'en termes de récoltes les dommages étaient "particulièrement lourds".

D'ailleurs, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll devait réunir ce lundi représentants du monde agricole et élus de Seine-et-Marne. Pour les commerces de proximité, le ministre de l'Economie Emmanuel Macron doit convoquer mardi 7 juin une "cellule de continuité économique" qui "va arrêter des mesures d'aide exceptionnelles pour permettre le démarrage des activités le plus vite possible".

Manifestement, le gouvernement veut démonter qu'il aura été exemplaire sur la question des réparations liées aux dégâts causées par les inondations...

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a écrit le 08/06/2016 à 14:59 :
De quoi se mêle-t-il Manu? De verser une indemnité forfaitaire en mettant en place un fonds "d'extrême urgence" de "plusieurs millions d'euros" destiné aux sinistrés "sans ressources et ayant tout perdu" . Comment choisit-il ces allocataires? Où dégage-t-il l'argent nécessaire à ces fonds? encore de la paperasse à rédiger (en plusieurs exemplaires-sans doute) , à envoyer à qui : c'est encore de la communication qui sera sans suite, mais sera sujette à polémiques. il serait surtout nécessaire que les assurances remboursent dans les meilleurs délais ( qu'est ce qu'un meilleur délai, lorsque l'on a tout perdu? ), ce qu'elles ont récupéré de nos cotisations, les douloureuses victimes de ces inondations.

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