Inondations : à Paris, la Seine redescend légèrement

 |   |  935  mots
Samedi matin à 9h, la Seine atteignait 6,05 m selon le service de prévention Vigicrues, après un maximum de 6,10 m enregistré à 2h.
Samedi matin à 9h, la Seine atteignait 6,05 m selon le service de prévention Vigicrues, après un "maximum" de 6,10 m enregistré à 2h. (Crédits : CHARLES PLATIAU)
Si le risque de débordement semble s'être éloigné dans la capitale, la situation pourrait toutefois se compliquer en aval et dans les départements du nord-est. D'après Manuel Valls, quatre décès et 24 blessés sont pour l'heure à déplorer. En outre, 17.000 foyers sont encore privés d'électricité dans le Loiret, le Loir-et-Cher et l'Ile-de-France.

La Seine est en légère décrue. Samedi, celle-ci a commencé samedi à descendre légèrement après avoir atteint 6,10 m, son plus haut niveau depuis 30 ans. Si le risque de débordement semble s'être éloigné à Paris, la situation pourrait devenir compliquée en aval et dans des départements du nord-est. Samedi matin à 9h, la Seine atteignait 6,05 m selon le service de prévention Vigicrues, après un "maximum" de 6,10 m enregistré à 2h.

"Nous sommes dans une stabilisation, même si nous pouvons avoir encore un ou deux cm de plus", a expliqué Bruno Janet, chef du pôle de modélisation de Vigicrues. Après huit jours de hausse continue, la Seine est ainsi revenue à son niveau de vendredi après-midi à Paris. Il s'agit, souligne Vigicrues, d'une crue "très inférieure" à celle de 1910 (8,62 m), mais "comparable à celle de 1982" (6,18 m). La ministre de l'Environnement Ségolène Royal avait jugé vendredi "probable que le niveau se stabilise entre 6,10 m et 6,40 m durant la nuit".

Quatre décès

Comme 12 autres départements, Paris reste en tout cas en vigilance orange, et le célèbre zouave du pont de l'Alma, repère symbolique des Parisiens, a de l'eau jusqu'au bassin depuis vendredi midi. De plus, cinq départements du nord-est sont en vigilance orange pour orages, ce qui pourrait entraîner des débordements des affluents de l'Orne dans la région: la Marne, la Meuse, les Ardennes, la Meurthe-et-Moselle et la Moselle.

Quatre décès et 24 blessés sont à déplorer depuis le début des inondations, a annoncé samedi Manuel Valls. "Nous avons quatre décès à déplorer (...) nous pensons aux familles concernées (...) et 24 blessés à ce stade", a déclaré le Premier ministre à la presse à l'issue d'une visite à la cellule de crise au ministère de l'Intérieur Place Beauvau. "Il y a eu 20.000 évacuations depuis le début de l'épisode, dont 17.500 en Ile-de-France".

17.000 foyers sans électricité

Plus de 17.000 foyers restaient privés de courant samedi matin dans le Loiret, le Loir-et-Cher et l'Ile-de-France en raison des inondations, a indiqué le gestionnaire du réseau français de distribution d'électricité Enedis (ex-ERDF).

Samedi matin, les eaux brunâtres de la Seine charriaient bouts de bois, sacs en plastique et détritus, et une navette de la brigade fluviale patrouillait devant les péniches, interdites de circulation depuis mardi. Les voies sur berge restaient complètement recouvertes par les flots, les escaliers qui mènent aux quais engloutis par l'eau. "Ca fait peur, j'imagine la Seine déborder, c'est ma hantise...", confiait à l'AFP Sonia, 39 ans, qui travaille à deux pas du Louvre.

Des musées fermés

La RATP, qui a fermé à titre préventif deux stations de métro et une gare RER proches du fleuve, avait déclenché vendredi son plan de prévention, qui prévoit d'acheminer du matériel pour murer des entrées de métro dans l'hypothèse où l'eau atteindrait le seuil d'alerte de 6,60 m. Le musée du Louvre, où François Hollande s'est rendu dans la nuit de vendredi à samedi pour encourager les équipes chargées d'évacuer les œuvres d'art, le musée d'Orsay, deux sites de la Bibliothèque nationale de France ainsi que le Grand Palais restent fermés.

La mairie de Paris a annoncé l'ouverture de deux gymnases "pour mettre à l'abri les personnes sans domicile fixe", même si aucune évacuation, coupure de gaz ou d'électricité n'est prévue dans la capitale. Cette crue aura "des impacts en aval de Paris, sur le camping du Bois de Boulogne qui a été évacué vendredi, l'Ile de la Jatte, l'Ile Saint-Germain, ainsi qu'à Rueil-Malmaison avec de possibles évacuations", a averti vendredi le ministère de l'Environnement. La Seine pourrait également déborder samedi dans l'Eure et en Seine-Maritime.

Amélioration pour le Loing

Il y a une "très grande amélioration pour le Loing où la décrue est bien amorcée, une baisse très marquée pour le Cher mais la crue se propage vers Tours", a souligné Bruno Janet de Vigicrues. A Montargis (Loiret), une femme âgée d'une soixantaine d'années a été découverte morte, apparemment par noyade, a-t-on appris de source policière. La veille, un cavalier de 74 ans a été retrouvé mort noyé en Seine-et-Marne.

En Meurthe-et-Moselle, 100 personnes ont dû être évacuées et relogées vendredi soir à la suite de violents orages qui ont occasionné une montée rapide des eaux dans plusieurs communes. Face aux importants dégâts matériels en amont de Paris, "l'état de catastrophe naturelle sera reconnu" mercredi, a promis le président François Hollande.

600 millions d'euros de dégâts

A Nemours (Seine-et-Marne), où une lente décrue s'est amorcée, les habitants et commerçants ont commencé à constater les dégâts et attendent la venue des experts des assurances. Les dommages devraient s'élever à au moins 600 millions d'euros, selon le président de l'Association française de l'assurance (AFA) Bernard Spitz, qui participera lundi à une réunion entre assureurs et gouvernement pour coordonner l'indemnisation des victimes.

Depuis le week-end dernier, 20.000 personnes ont été évacuées et mises à l'abri par les services de secours, au cours de 16.000 interventions sur l'ensemble du territoire. Le président de la SNCF Guillaume Pepy a évoqué des "conséquences catastrophiques" sur le réseau ferroviaire, particulièrement en Ile-de-France, qui se chiffreront en dizaines de millions d'euros. Des inondations touchent d'autres pays européens, notamment l'Allemagne où elles ont fait au moins dix morts cette semaine.

(avec AFP)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 05/06/2016 à 19:50 :
Et pendant ce temps là, Hidalgo et Ségo s'occupent toujours d'empêcher les voitures "anciennes" de rentrer dans Paris et laissent passer des flots autrement plus dévastateurs sans réagir ! Aucune anticipation, que de la communication...
a écrit le 04/06/2016 à 23:53 :
Ne rien faire et attendre que la providence accorde aux problèmes le temps nécessaire à leur résolution, sans aucune intervention, à part des discours.Telle est fondamentalement la démarche politique française. De la pure fumisterie.Si les agriculteurs ou les industriels raisonnaient ainsi, on crèverait de faim en France. Ils serait temps que les sangsues politico - administratives se bougent un peu le fondement, pour faire enfin ce pour quoi on les paye.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :